‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 56 sur 312 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LES PREMIÈRES SCULPTURES EN MARBRE

Enfla le marbre vint. Il vint, comme le simple calcaire était venu après le bois; comme, après les pierres très tendres, étaient venues les pierres plus dures. Sa venue marque un nouveau progrès de la plastique : progrès capital, car désormais la matière définitive était acquise.

Pourquoi les sculpteurs athéniens n’en avaient-ils pas usé plus tôt? Ce n’est pas qu’il leur fit défaut : dans cette Grèce aux montagnes de marbre, aux îles de marbre, l’Attique est la région qui, sous ce rapport, se trouvait la mieux partagée1. Ce n’est pas non plus qu’ils en ignorassent l’usage : dès la fin du vu6 siècle, les ateliers de Chios, de Naxos, et peut-être du Péloponnèse, l’avaient mis en œuvre2; et leurs productions, qui se voyaient à Délos et dans d’autres sanctuaires, ne pouvaient être ignorées toutes des Athéniens. Puis, la beauté et la noblesse du marbre contrastaient trop vivement avec la vulgarité du calcaire poreux pour ne pas fixer tout de suite les préférences. Dans la première moitié du vie siècle, on l’employait déjà dans les constructions athéniennes comme une matière de luxe3. Si donc les artistes de l’Attique s’en sont pendant quelque temps tenus à la pierre commune, alors que d’autres statuaires travaillaient déjà le marbre, c’est qu’ils ne se jugeaient point capables, eux, de le travailler d’une façon satisfaisante. Certes, les auteurs des grands frontons de V Hécatompédon auraient su tirer d’un bloc de marbre une statue plus achevée que la Nicandra de Délos, par exemple ; mais auraientils pu en faire sortir le Typhon et le groupe d’ Héraclès et Tri-

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