‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 62 sur 312 · Cf. même planche · texte numérisé non relu

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PREMIÈRES SCULPTURES EN MARBRE 115

A la même période appartient aussi une statuette ( fxcj . 5), trouvée à Eleusis en 1882 L Petite, grossièrement travaillée, privée de la tête, des pieds et des avant-bras, banale quant à l’attitude représentée, elle n’attire les regards guère plus que la précédente ; mais elle mérite autant que celle-ci, et pour les mêmes raisons, que nous lui fassions place dans notre étude. On pourrait s’étonner cependant que nous ne nous contentions pas, après avoir noté l’intérêt général de cette sorte de sculptures, de les énumérer sans plus de détails, puisque, du reste, leur valeur artistique est des plus minces. Mais, outre que les transitions qu’il s’agit de faire voir n’apparaîtront jamais plus clairement qu’après une analyse détaillée, chacune de ces figures féminines que j’étudie ici constitue un des maillons d’une chaîne solide et sans lacune, qu’ilimporte de suivre jusqu’au bout, parce qu’il doit en ressortir des conclusions du plus sérieux intérêt.

Le costume de la sta- Fig. g. — Statuette de corê

tuette d’Éleusis parait, à (Athènes, Musée national],

première vue, s’éloigner

beaucoup de celui de la statuette en marbre de l'Acropole et de Y Hydrophore. En y regardant de plus près, on s’aper-

I. Mus. nat. d'Athènes , 5. Cf. ’Eçrqj.. àp/., 1884, pl. VIII, 1-1", p. 179-182 (Philios). — Marbre pentélique : cf. Lepsius, op. L, p. 82, n° 162.

çoit que c’est le même, sans l'himation. Il se réduit au péplos serré à la taille par une ceinture dont les deux bouts retombent par devant; l’étoffe, justement parce qu’elle est serrée, fait de chaque côté un gros pli qui descend tout le long des jambes, puis elle se renfle au dessus de la ceinture en formant bourrelet1; la partie supérieure est rabattue ( apop tygma ) de façon à recouvrir en double le haut du corps. Les diverses parties du vêtement et la ceinture se distinguaient primitivement mieux qu’aujourd’hui, grâce à la couleur qui avertissait et guidait l’œil du spectateur. Mais aujourd’hui encore, malgré l'anéantissement du coloris2, la nature exacte du costume est parfaitement reconnaissable à tout regard attentif. Or, si l’on se reporte à la statuette de l’Acropole, on y retrouvera le même péplos à apoptygma , avec la même ceinture, sauf que les bouts retombants de celle-ci ne sont pas visibles. Je souligne l’existence de Yapoptygma , car les mutilations du marbre et la disparition de la couleur le rendent quasi invisible ; mais c’est assez, pour le reconnaître, de ce reste de bordure qui a subsisté à gauche, au dessus de la ceinture et du bourrelet (co//m.s), et la comparaison avec la statuette d’Éleusis achève de fixer notre conviction. Et maintenant, il suffit d’un coup d’œil en arrière sur la petite Hydrophore , sur le personnage féminin du fronton de l'olivier 3, sur Y Athéna de l’ Hécatompédon, pour constater que ces cinq figures, les trois en calcaire et les deux en marbre, portent essentiellement le même costume, puisqu’elles portent toutes le péplos à apoptygma , avec ceinture; seulement, la dernière, la statuette d’Éleusis, n'y a pas ajouté l’himation, qu’on voit sur les épaules des quatre autres.

Joignons à cette ressemblance dans le costume celle qu’on observe dans l’arrangement et le découpage des cheveux, par devant comme par derrière, et surtout dans le travail de ces grandes surfaces lisses et uniformes, dans les lignes nettes et sèches qui limitent les parties en relief et semblent avoir été tracées avec un tranchet plutôt qu’avec un ciseau. Il nous parait superflu d’insister sur des caractères qui sont, par eux-

1. Ce bourrelet est l’origine môme de ce qu’on appelle le colpos, dans le costume féminin du v° siècle.

2. Il n’en subsiste plus qu’un peu de rouge sur la chevelure et quelques traces peu distinctes sur la bordure brodée de l ' apophjyma.

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