Cf. ci-dessus, p
réfléchir sur l’art nouveau qui se révèle à leurs yeux et d’en tirer profit pour leurs oeuvres à venir. Il nous faudra examiner, quand nous en serons là, en quelle mesure l’art attique a profité lui-même de ces leçons d'un art étranger.
D’un autre côté, j’ai déjà dit1 qu’il ne me paraissait pas possible d’expliquer les premières productions de la sculpture attique par celles de la sculpture « mycénienne », selon l’hypothèse qu’a faite à ce sujet M. Belger2. Quoi qu’on pense des « mille liens et mille traditions »3 4 qui rattachent l'époque hellénique à l’époque « mycénienne », on ne saurait oublier qu’entre l’une et l’autre s’interpose la longue et obscure période des xoana, laquelle témoigne d’un renouvellement quasi total de l'art en Grèce ; et c'est de cette plastique en bois que la plastique en pierre tendre est véritablement l’héritière et la continuatrice, non point de la plastique « mycénienne », défunte plusieurs siècles auparavant. Certes, l’époque hellénique et l’époque préhellénique en Grèce sont rattachées l’une à l'autre par bien des traditions et liens divers, mais elles ne se suivent pas d'une façon simple et régulière ; entre elles deux il y eut une éclipse, un « moyen âge », durant lequel maintes choses anciennes se sont éteintes et maintes choses nouvelles se sont lentement élaborées. Il serait inexact de prétendre qu’on ait fait alors table rase du passé ; mais, qu’il y ait eu recommencement, nouveau départ, cela est incontestable.
Dans le même temps que la sculpture commençait à se développer en Attique, elle se développait aussi en d’autres régions de la Grèce, et sa marche y était, au moins en certains endroits, plus rapide et plus allègre. La sculpture ionienne existait déjà, ainsi que la dorienne h Ni l’une ni l'autre n’a pu