‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 71 sur 312 · Cf. ci-dessus, p. 16 sqq · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 16 sqq

2. M. Belger n’a d’ailleurs pas, à ma connaissance, développé ses idées là dessus.

3. «... Le moyen âge hellénique, dont la brillante floraison du vi* siècle marque la fin, se rattache par mille liens et mille traditions à l’époque mycénienne ou héroïque qui le précède. » (S. Beinach, dans Rev. arch., 1903, 1. p. 199.) M. Reinach, par ces paroles, a corrigé ce qu'il y avait d’excessif dans une autre phrase de lui, écrite quelques années plus tôt (La svulpt. en Europe avant les influences gréco-romaines, p. 101) : « Quand la Grèce, après l invasion dorienne. donna naissance à un art nouveau, sans liens avec celui de son passé... »

4. J’emploie ici, par commodité, ces désignations abrégées. Mais elles ont besoin d’être expliquées, et le seront quelques pages plus loin.

CARACTÈRES DE l’aRT ATTIQUE PRIMITIF lil

rester ignorée des sculpteurs attiques. Dès lors, ceux-ci ne se rattacheraient-ils pas soit à l’une ou à l’autre, ou aux deux à la fois ? Congénères des Ioniens et proches voisins des Doriens, les Attiques ont-ils eu dès le début un art propre et bien à eux? Ce n’est pas assez, en effet, que les œuvres en calcaire de l'Acropole soient nées sur le sol athénien, par la main d’artistes indigènes : offrent-elles un caractère différent de celui des productions ioniennes et doriennes, et y voit-on poindre quelque chose de ce qui sera un jour l’esprit attique ? En un mot, peut-on dire qu’il y a déjà, à cette époque, une école attique ?

La réponse la plus directe et la plus précise à cette question résultera de la comparaison que nous allons faire entre les plus vieux reliefs de l’Acropole, d’une part, et, d’autre part, les sculptures de l’architrave d’Assos, puis les métopes du temple C de Sélinonte. Ces trois groupes d’œuvres sont contemporains, à quelques années près1 ; et, si les deux derniers sont considérés respectivement comme des produits caractéristiques des anciennes écoles ionienne et dorienne, le premier a plus de titres encore à représenter les tendances des ateliers attiques aux environs de l’an 575.

La comparaison des sculptures d’Athènes avec celles d’Assos est d’autant plus aisée que nous retrouvons ici et là des sujets pareils : combats d’animaux, lutte d’Héraclès et Triton, et il n’est pas jusqu’au triple Typhon qu’on n’ait pu, avec raison2, rapprocher des personnages banquetant d’Assos. — - Sans parler de défauts ou plutôt d’ignorances qui sont le fait de l’archaïsme en général, l’exécution, àAssos, a pour caractère particulier d’être superficielle et très molle. Si les silhouettes

1. Je suis d’avis, avec Murray (• Hist . greek sculpt . 2, p. 105), Friederichs-Wolters ( Gipsabgüsse , p. 8) et M. Perrot (Hist. de l'art , VIII, p. 208), que les sculptures d’Assos ne sont pas beaucoup postérieures à 600. Overbeck ( Gesch.gr . Plastik 4, I, p. 109) et M. Gollignon (Hist. sculpt. gr., I, p. 184) les ont datées, au contraire, de 540 environ. — Pour les métopes du temple C de Sélinonte, Murray (op. /., I, p. 98) et Friederichs-Wolters ( op . L, p. 83) les datent de la fin du vn° siècle, ce qui s’accorde à peu près avec l’opinion depuis longtemps exprimée par M. Benndorf (Metopen von Selinunt, p. 69). Mais, d’après MM. Koldexvey et Puchstein (Die griech. Tempel in Unteritalien and Sicilien, p. 231 et 233), le temple aurait été construit seulement dans le premier quart du vi” siècle, vers 580. Overbeck (op. /., I, p. 131) et M. Collignon (op. L, l, p. 241) attribuent ces métopes aux années 580-560. Je crois que, dans tous les cas, on ne doit pas les faire descendre beaucoup plus bas que 580.

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