‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 72 sur 312 · Cf. ’Apy. AsVrtov, 1888, p. 203 (Cavvadias · texte numérisé non relu

Cf. ’Apy. AsVrtov, 1888, p. 203 (Cavvadias

sont d’ordinaire fixées avec justesse, les détails intérieurs sont presque toujours négligés, et les corps d’animaux ou d’hommes n’ont pas assez d’accent. L’auteur1 semble avoir cherché la souplesse et l’élégance au lieu de la vigueur; ou plutôt, il n’a rien cherché du tout, mais les formes grêles de ses Centaures et de ses lions, les lignes allongées et flottantes du corps de son Héraclès expriment son éloignement naturel des qualités de précision et de force et trahissent en lui un certain manque de ressort. Ses animaux combattant sont, à ce point de vue, significatifs : taureaux front contre front, biches terrassées et râlant, lions déchirant leur proie, tous paraissent non pas agir en réalité, mais seulement faire le simulacre de l’action représentée, faire semblant de se battre, d’être vainqueurs ou d’être vaincus; ils ont bien les attitudes prescrites par leur rôle, mais c’est d’une main trop lâche et quasi indifférente que le sculpteur les a posés, sans leur communiquer l’emportement de vie et de mouvement que réclamait le sujet. Quel contraste avec l’énergie et la brutalité, très incorrectes, il est vrai, mais saisissantes, que le sculpteur attique a su mettre dans son groupe Lions et taureau ! Comme on sent là un esprit plus vigoureux, moins économe de son effort, plus attentif à rendre le vrai caractère de la scène! Et comme, à travers les inexpériences et les erreurs, éclate mieux la vitalité de cet art à ses débuts! L’opposition n’est pas moindre entre les groupes d 'Héraclès et Triton , à Assos et à Athènes : si ce sont les mêmes lutteurs, l’aspect de la lutte, ainsi que nous l’avons déjà observé2, est pourtant loin d’être le même. Il y a, d'un côté, je ne sais quelle indécision et quelle indolence qui exposent le spectateur à se méprendre sur le degré de sérieux du combat engagé; de l’autre, au contraire, un déploiement de force sauvage parfaitement adéquat à l’esprit du sujet. — En résumé, le trait le plus apparent, dans l’œuvre du sculpteur d’Assos, est bien la mollesse, ce défaut national de l’Ionie, qui, plus ou moins caché sous des dehors élégants

1. Il serait sans doute plus exact de dire : les auteurs. Car le travail a dû être partagé entre plusieurs artistes. Cependant on ne remarque pas de différences notables dans la facture des divers morceaux, et cela ne doit pas surprendre : nous savons (cf. ci-dessus, p. 136) que les artistes, dans la période de début d’un art, n’ont pour ainsi dire point de personnalité; et c’est pourquoi chacun d’eux représente d’ordinaire, aussi complètement que tous réunis, l'esprit de l’école à laquelle il appartient.

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