‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 76 sur 312 · Au British Muséum : Calai, greek seulpt., 1, S · texte numérisé non relu

Au British Muséum : Calai, greek seulpt., 1, S

même » 1 ; et il y notait l’affaissement des attitudes, l’extrême mollesse des contours, l’incertitude du dessin, la rondeur de la facture. Ces paroles-là s’appliquent également à tel cheval et à tel personnage assis en char, dans le Cortège funéraire de Xanthos2. Elles s’appliquent aussi bien aux statues de Charès et compagnie; et, de ces grandes statues comme de la petite Aphrodite de Clazomènes, on peut dire ce que Rayet3 disait encore de certaines figures drapées du « Monument des Harpyes à savoir que les draperies y sont pour l’artiste un moyen de tricher, et qu’elles ne reposent pas sur un contour exact et ne font qu’empâter la forme qu’elles recouvrent. Or, toutes les brillantes qualités de ce Trésor des Cnidiens , qui est pour nous jusqu’à ce jour l’œuvre capitale de l’archaïsme ionien et qui en est d’ailleurs l’une des plus récentes : l’adresse dans la composition, la vie partout répandue, la charmante élégance et la grâce de maints détails, ne doivent pas fermer nos yeux au défaut national reparaissant çà et là avec une sorte de naïve impudence; voyez, par exemple, les jambes des guerriers dans le morceau du Combat pour lecorps de Patrocle (ou Sarpédon ?) 4 5, le bras gauche et les jambes à' Arès dans la file des Dieux assis et, dans le morceau de Y Apothéose d'Héraclès 6, les formes des chevaux ailés, lesjambes & Héraclès et surtout celles d 'Hermès. Ce n’est pas assez de dire que ces formes sont trop épaisses et d’une lourdeur excessive; il importe bien davantage de remarquer combien cette épaisseur manque de solidité interne , et que toute l’apparence de vigueur de ces muscles tient seulement aux renflements de leurs contours ; ces gros membres de guerriers et de héros sont sans os ni nerfs, ils sont tout en chair, et en chair bouffie.

Il me semble que tel n’est pas l’aspect des sculptures, tout aussi lourdes et épaisses cependant, que nous rencontrons dans la Grèce occidentale. Celles-là sont fermes et raides ; elles sont construites par dessous ; leurs muscles débordent, oui, mais dans cette épaisseur charnue il y a des nerfs et des os. Comme on raconte de certains peintres des temps modernes, que,

1. Cf. Monuments de l'art antique , II, notice des pl. XII1-XVI, p. 10.

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