Cf. Pottier, Calai, des vases du Louvre, II, p
3. Les termes « ordre dorique », « colonne ionique », peuvent ne se rencon-
opposer l’une à l’autre certaines modes générales de leur costume1, personne ne croira qu’ils avaient pris ces désignations au hasard, ni davantage qu’ils y attachaient le sens d’une irréductible division de leur race en deux blocs séparés ; mais ils reconnaissaient, d’une vue plus ou moins claire, à l’occasion de tel ou tel fait, l’existence dans l’unité de leur race d’une double tendance d’esprit, de deux formes et de deux directions de pensée, de deux principaux courants enfin, qui devaient leur origine au fond de nature et aux habitudes différentes de vie des cités ioniennes massées surtout du côté de l’Orient, et des populations qui étaient établies principalement dans « la grande île dorienne de Pélops »
On sait de reste qu’entre ces deux courants il y a eu des communications fréquentes. Les sculpteurs grecs ont été la plupart fort nomades. Les cités grecques ne paraissent point, en général, avoir eu l’idée d’un protectionnisme local en faveur de leurs artistes. Enfin, les grands sanctuaires disséminés partout, Olympie, Délos, Delphes, l’Héræon de Samos, etc., ont de bonne heure constitué, par les sculptures décoratives de leurs édifices et par les statues dressées à l’entour, autant de musées comparés où les productions des ateliers les plus éloignés se trouvaient rapprochées ; et ces musées, sans cesse grossissants et de plus en plus variés, n’ont pas dû être la cause la moins efficace d’une réciproque pénétration des diverses méthodes et des divers styles. — 11 ne faut pas aller jusqu’à dire, cependant, que cette pénétration réciproque ait vite abouti à l’unification de l’art, à l’établissement d’ « une espèce de y.oivVj artistique»3. Il existait, dans les deux courants opposés, des caractères très difficilement conciliables; la sculpture du Péloponnèse, à côté de certains traits qu’elle a pu modifier sans grande résistance, en a conservé d’autres avec une ténacité qu’on ne doit pas méconnaître4. Puis, le jeu alternatif des
trer d’une façon courante que chez des écrivains de basse époque; mais ils étaient assurément beaucoup plus anciens : une expression comme « les triglyphes doriques », que l’on trouve dans Euripide ( Oresle , 1372), suffit à le montrer.