‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 79 sur 312 · Cf. Bull. corr. hell. , XXIV, 1900, p. 444 (Homolle · texte numérisé non relu

Cf. Bull. corr. hell. , XXIV, 1900, p. 444 (Homolle

4. Un des traits les plus connus des têtes « polyclétéennes » est l’aplatissement du crâne à la partie supérieure. Ce trait existe déjà, on ne peut mieux marqué, dans la tête de femme d’Éleuthernes et dans les statues d’homme signées de l'Argien Polymédès (cf. la mieux conservée de ces deux statues,

CARACTÈRES DE l’aRT ATT1QUE PRIMITIF 153

influences a été passablement inégal, selon les époques ; et il me semble qu’on a parfois confondu un peu les époques. 11 y a eu, dans la seconde moitié duvie siècle, au moment de la plus belle floraison de l’archaïsme ionien, une forte poussée ionienne jusqu’en plein domaine dorien : nous en avons le témoignage direct par les textes qui attribuent à Théodoros de Samos et à Bathyclès de Magnésie l'exécution d’importants travaux à Sparte et Amyclées, et plus encore par les frappantes analogies qui se découvrent entre le grand travail de Bathyclès et le Trésor des Cnidiens 1 . Mais je ne vois nulle raison sérieuse de faire remonter jusque dans la première moitié du vie siècle, voire jusqu’au vif siècle, cette période d’influence, pour laquelle la seule date certaine est celle de 540-530'.. A ce dessein, M. Furtwængler3 a dû enfler d'une façon arbitraire le rôle d’un artiste sur le compte de qui nous ne savons presque rien; il a dû faire de Smilis une sorte de précurseur de Bathyclès, plus exactement faire de lui, pour Iapremière époque de l’archaïsme, ce qu’est Bathyclès pour la seconde époque : une personnification

vue de profil: Bull. corr. hell. , XXIV, 1900, pl. XX ; Ilomolle, Fouilles cle Delphes , IV, pl. II, 1); et on en appréciera la valeur en comparant ces têteslà avec les têtes au crâne fuyant et très arrondi des figures produites par l’art de la Grèce orientale (même observation faite par M. De Ridder, Bull. corr. hell., XV11I, 1894, p. 48, note 4). — Dans un assez grand nombre de têtes en bronze, qui sont de la première moitié du v* siècle, on observe que les sourcils sont travaillés en saillie. M Arndt, ayant groupé ensemble les figures où ce détail se rencontre (cf. Brunn Bruckmann’s Denkmæler, notice de lapl. 506), estime qu’un tel trait doit avoir été propre à une école du Péloponnèse, et il donne les raisons pourquoi il y aurait lieu de situer celle-ci, provisoirement, à Corinthe ou Sicyone : il s’agit, en tout cas, d’une école « dorienne ». Or, ce même détail existe aussi dans la petite tête en marbre trouvée à Méligou (cf. Collignon, Hist. sculpt. gr., I, p. 249, fig. 120), et il existe déjà dans les deux statues de Polymédès (cf. Homolle, Bull. corr. hell., XXIV, 1900, p. 459 et note 7). Voilà donc encore un notable trait de facture, que nous constatons dans des œuvres péloponnésiennes de la première moitié du vi° siècle, et que nous retrouvons, soixante ou quatre-vingts ans plus tard, dans d’autres œuvres péloponnésiennes. — Aussi, lorsque M. De Ridder répète qu’il n’y a pas de style argien et, plus généralement, pas d’art dorien avant Polyclète (cf. ci-dessus, p. 146, note 2), c’est à dire qu’on ne distingue pas certains caractères qui aient appartenu aux seules sculptures doriennes à l’exclusion des sculptures ioniennes, et qui aient passé traditionnellement des plus anciens artistes jusqu’à ceux du v* siècle, on peut craindre que M. De Ridder ne soit pas dans le vrai ; et on ne voit même pas comment concilier celte affirmation avec certaine observation très justement faite par lui et que je viens de rappeler ci-dessus.

Page 1