‹ La sculpture attique avant PhidiasChapitre 94 sur 312 · Cf. München. Sitzungsb., 1884, p. 524 sqq · texte numérisé non relu

Cf. München. Sitzungsb., 1884, p. 524 sqq

2. Il n'est pas besoin d’insister sur l’erreur de Brunn ; elle a été parfaitement réfutée par M. Winter ( Athen . Mittheil., XHI,1888, p. 124 sqq.).

3. Je fais, bien entendu, abstraction du type même, et je ne considère que la qualité de l’exécution et du style.

LES SCULPTEURS IONIENS AU VIe SIÈCLE 181

si les caractères que nous venons tout à l’heure d’analyser devaient être considérés comme n’étant que l’expression du tempérament de d’auteur et non pas le signe des tendances générales de l’école. Mais il faut se rappeler qu’aux époques primitives la personnalité de l’artiste existe à peine ; elle est étouffée par la discipline traditionnelle1. Par dessus cette règle commune, il faut ajouter que, à Chios particulièrement, les traditions du métier durent être d’autant mieux suivies qu’elles étaient, pour les chefs de l’école, un véritable héritage de famille : iéyjr^ î’.Bôtîç kv. yovstov (non pas seulement Ï7. irpîtépcov), eussent-ils pu dire d’eux-mêmes. Enfin, les traits que nous avons pu entrevoir dans les deux anciennes sculptures précédemment examinées n’étaient-ils pas déjà un clair indice de cet esprit d’aimable élégance et de coquette décoration que nous retrouvons maintenant, plus développé, dans une œuvre plus récente? Il n’y a sans doute qu'une chose, dans cette œuvre, qui soit véritablement personnelle à Archermos : c’est l’invention du type de la Niké ailée. Mais, si l’on considère seulement la qualité du travail, la figure redevient, pour ainsi parler, moins individuelle; elle marque le degré d’avancement de la statuaire chiote à une certaine date plutôt qu’elle ne représente le talent propre d’un homme; elle n’est qu’un des numéros d’une série, un des maillons d’une chaîne se déroulant avec un mouvement régulier et un incessant progrès.

Nous voyons les effets de ce progrès dans le groupe des statues de Délos qui appartiennent à la deuxième moitié du vie siècle2. On les a très justement attribuées à la plus jeune génération des sculpteurs chiotes 3. Car elles sont de l’époque même où Boupalos et Athénis travaillaient pour le sanctuaire délien4; elles ne sont pas en désaccord avec les détails que des écrivains anciens nous fournissent sur les ouvrages de ces sculpteurs, et surtout on retrouve en elles, plus sortis, mais non modifiés, les caractères essentiels que nous avons relevés dans la Niké : ces statues plus jeunes, exécutées par les fils

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