Cf. ci-dessus, p
2. Quelques pages d’Athénée (XII, 26, 28-30), consacrées à la dégénérescence morale des Ioniens, sont remplies de curieuses citations d'écrivains plus anciens. Les mots r,8ovr( et vpucp r, y reviennent souvent : v) Tp-jçepà -/.ai xaXXiTpanreÇo; ’lwvia, — ’Iwvmv Tp-J9£pap.7rs/ôvu)v àêpôç Ÿ)8-J7taS"iiç o/Xoç, — etc. Cf. une jolie analyse du caractère ionien par M. Boulmy, Philosophie de l'arcli. en Grèce, p. 19 sqq.
aux mœurs peu recommandables, qui va de ville en ville, harmonieux à entendre, séduisant à voir, paré avec une fastueuse recherche, le corps vêtu de pourpre, la chevelure cerclée d’or1. Mais plutôt — car Magnes aurait pu n’être qu’une exception en son temps — voyez, . au vi° siècle, le spectacle quotidien de l’agora de Colophon, tel que nous l’otfre un petit croquis d’un Colophonien, le poète Xénophane : tous les oisifs de la ville, et il y en a beaucoup, sont là, se pavanant dans leurs robes de pourpre, frottés d’huiles odorantes, ruisselants de parfums, la chevelure parée, calamistrée, un chef-d’œuvre de coquetterie féminine2! Et rapprochez encore des vers de Xénophane ceux d’Asios nous montrant les Samiens en fête, leurs blanches tuniques traînantes et les bracelets de leurs bras et les corymbes d’or sur leur tête, leur chevelure longuement peignée, roulée en boucles qu'enserrent des liens d’or3.
1. Nicolas de Damas ( Fragm . liist. græc., éd. Didot, III, p. 395, fr. 62). Sur ce Magnés, cf. Radet, La Lydie , p. 279. — Pour l’explication des termes relatifs à la coiffure, dans Nicolas de Damas, cf. Arch. Jahrbuch, XI, 1896, p. 250 (Studniczka).
2. Xénophane {Fragm. philos, græc., I, fr.20, éd. Didot = Bergk, Poêla s lyr. gr. 3, II, p. 479) :
'Appoc ycvaç 8s p.a 5-dvTs; àvtoçsXÉa; iraoà Auôwv, oçoa Tupavvtv); r^av avsu aruyspri;, rav si; àyop r,v TravaXoopyÉa çdtps’ ëyovts;, o-j [xstou; ü)T7t sp yihoi <5; èîtcTtav, a-jyaXsoi, yxirr^'.v àyaXXdpEvoi ejnpînéeircn v, ccitxïjtoï; 68p.ï)v yptpaat SeuôjAevoc.
11 faut se rappeler aussi un autreTragment de Xénophane (éd. Didot, fr. 21 = Bergk, op. L, p. 476) : délicieuse description d'un dîner élégant et de bonne compagnie, dont les détails si charmants sont brodés sur un fond d’épicurisme si délicat. Tout l'esprit de ce joli morceau consiste en la recherche du bien-être à la fois intellectuel et sensuel, mais sensuel d’abord. Sensualité très fine d’hommes d’un goût exquis, je l’accorde; mais si tel était l’idéal de l’élite, on devine quelle sorte de jouissances devaient aimer les autres. Le pays d’origine de l’épicurisme, au sens vulgaire de ce mot, a été l’Ionie.