Asios, cité par Athénée, XU, 30 (525 F
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Pour l'interprétation de quelques termes de ces vers, cf. Arch. Jahrbuch , XI, 1896, p. 276 sqq. (Studniczka). — On ne sait pas au juste à quelle époque vécut Asios, de qui Athénée dit simplement que c’était « un ancien poète »; mais il est très probable qu'il appartient au vr siècle : ses vers, rapprochés de ceux de Xénophane, paraissent être du même temps et inspirés par le même esprit de critique contre les excès du luxe ionien. Telle est aussi l'opinion de M. Studniczka ( l . I., p. 280).
LES SCULPTEURS IONIENS AU VIe SIÈCLE 185
Quel commentaire plus instructif et plus décisif à ces vers de Xenophane et d’Asios qu’une tête d’homme, en marbre, de la deuxième moitié du vic siècle, que M. Homolle a trouvée à Délos1 ! Dans cette tête, tout le visage a disparu, et il ne reste guère que la chevelure : ce serait peu ailleurs ; mais ici c’est le principal. Elle est vraiment digne qu’on l’admire, cette chevelure, et celui qui la portait en pouvait être fier, ivstAAGfj.evoç eùiïpeitÉeffffiv '• simplement peignée sur le haut de la tête, mais peignée avec un soin irréprochable, elle descend souple et douce, en ondulations tour à tour luisantes et mates ; un rang de boucles artificiellement frisées borde le front ; par derrière, d’une oreille à l’autre, la masse des cheveux est distribuée en vingt ou vingt-cinq boucles longues et minces, tordues en tire-bouchon et creusées de traits en hélice, comme si chacune d’eUes avait été d’abord enroulée sur une baguette rigide qu’on aurait ensuite retirée, une fois la forme prise. Deux fins cordonnets serrent le crâne pour maintenir tout cela en place ; puis une ganse plus grosse retombe en triangle par dessus, coupant en travers la monotonie des longues boucles verticales ; et puis encore un large ruban plat contourne mollement l’occiput. Ganse et ruban étaient fixés à leurs extrémités dans la masse des cheveux par quelque grosse épingle de bronze doré. Sur cette parure compliquée, sur ces délicates ciselures capillaires, versons enfin l’éclat des couleurs et le ruissellement des parfums2; nous avons sous les jeux, tel qu’il se pavanait, entre mille autres pareils à lui, dans l’agora de Colophonou par les rues de Samos, l’ionien du temps d’Asios et de Xénophane, — et du temps aussi d’Archermos, de Boupalos et d’Athénis.
Cette tête de Délos, toute mutilée, est d’autant plus précieuse que le type masculin s’offre plus rarement à nous dans cette vieille sculpture. Avant même que l’on n’eût retrouvé quoi que ce fût de l’école de Chios, le plus perspicace des archéologues, Brunn3, avait remarqué que les témoignages anciens n’attribuent aux artistes de cette école que des représentations du type féminin, et il était tenté de déduire de là certaines consé-