‹ La sculpture aux salons de 1897Chapitre 11 sur 20 · JEUNE FILLE AUX PIGEONS · texte numérisé non relu

JEUNE FILLE AUX PIGEONS

0 toi que le vol des ramiers.

De son souffle vivant effleure, Apprends la chanson, qu’à cette heure, Avril chante sous les pommiers.

— « Pieds frileux et cheveux dorés Le beau printemps court par les prés Sous l’azur tiède de la nue.

Il fait, sur les arbres en fleurs Neiger les dernières pâleurs De l’aube nue.

cc Puis, de l’orient plus vermeil, Comme après uii divin sommeil.

Il fait jaillir à flots les roses,

Et, dans l’air empli de parfums , Chasse les souvenirs défunts Des jours moroses !

cc II met, parmi les blés nouveaux, .

Les gouttes de sang des pavots Comme des blessures légères,

Déchaîne les zéphyrs méchants Qui font pleurer les lis penchants Sur les fougères.

« Il ouvre les lis et les cœurs Et, sous ses petits doigts vainqueurs, Aime à montrer les fleurs de neige.

Yierge que, sous les blancs pommiers, Caresse le vol des ramiers Dieu te protège ! s>

Avide de tout ce qu’il trouve,

Fort de ses appétits géants,

Il arrache, aux antres béants,

Les fils de l’ourse et de la louve.

Sans pitié des maux ressentis Par les maternelles entrailles Dans les champs pleins de funérailles, Captif, il traîne les petits .

— L’ourse gît, en plein front cognée, Le cou pendant et les yeux morts.

Et son assassin, sans remords Traîne sa hurlante lignée

Homme, sache-le cependant :

Tout sang versé vers le cie7 crie ;

Et de cette chair qui, meurtrie Saigne sous ta vorace dert, »

A travers l’horreur sécilaire,

Monte à Dieu la clameur sans fin,

Et tout ce qui repaîfta faim Te vaut l’éternelle rolère .

Et c’est pourquoi, dans les combats, Sous ta fureur mal dominée Et contre toi-même tournée,

Don propre sang coule ici -bas !

ICARD

DU CROT-IC ARD (Mme)

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