LES HUNS
Barbare, ta pique à la main,
A ton dos la toison farouche, Un cri de victoire à la borche, Poursuis ton glorieux chemin !
Aux sillons lassés du vieux monde Dont le destin semble fini,
D’un sang par la Mort rajeuni Jette la semence féconde.
Par l’orgueil des vieilles cités Dont le vice a dévoré l’âme, Promène le Fer et la flamme A travers les toits dévastés.
Sois le fleuve auguste qui roule Le saint limon des renouveaux,
Et rase l’ombre des tombeaux Du sol libre que ton pied foule.
Car ton œuvre, ô barbare, est sain, Porteur de glaive ou de f ramée.
Partout, de la terre fermée,
Ton pied rude rouvre le sein.
Sur ta route, en frappant suivie, Du choc de tes pas oppresseurs, Comme deux immortelles sœurs, Renaissent la Mort et la Yie.
— Barbare, ta pique à la main, A ton dos la toison farouche, Un cri de victoire à la bouche, Poursuis ton glorieux chemin !
ISS