‹ La sculpture aux salons de 1897Chapitre 13 sur 20 · LES HUNS · texte numérisé non relu

LES HUNS

Barbare, ta pique à la main,

A ton dos la toison farouche, Un cri de victoire à la borche, Poursuis ton glorieux chemin !

Aux sillons lassés du vieux monde Dont le destin semble fini,

D’un sang par la Mort rajeuni Jette la semence féconde.

Par l’orgueil des vieilles cités Dont le vice a dévoré l’âme, Promène le Fer et la flamme A travers les toits dévastés.

Sois le fleuve auguste qui roule Le saint limon des renouveaux,

Et rase l’ombre des tombeaux Du sol libre que ton pied foule.

Car ton œuvre, ô barbare, est sain, Porteur de glaive ou de f ramée.

Partout, de la terre fermée,

Ton pied rude rouvre le sein.

Sur ta route, en frappant suivie, Du choc de tes pas oppresseurs, Comme deux immortelles sœurs, Renaissent la Mort et la Yie.

— Barbare, ta pique à la main, A ton dos la toison farouche, Un cri de victoire à la bouche, Poursuis ton glorieux chemin !

ISS

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