DE LECONTE DE LISTE
Au pied du marbre pur où les temps viendront lire 0 Poète immortel, ton nom cher et sacré,
Où le laurier d’or luit sur ton front vénéré,
Je dirai la chanson divine de la lyre :
« lia lyre est l’amie éternelle !
L’art montre l’éternel chemin !
Tout bonheur durable est en elle.
En lui gît tout l’homme humain, Aux saintes cordes de la lyre, Yibre après l’immense délire,
Le réveil de notre fierté ;
A notre cœur même arrachées, Elles chantent sitôt touchées, Une hymne d’immortalité.
cc La lyre est la porte fermée Qui garde le jardin des deux.
Par Elle, à notre âme charmée,
S’ouvre un séjour délicieux.
Comme un chasseur qui tend ses toiles, Le Poète prend les étoiles Au réseau de ses cordes d’or,
Et, des planètes effarées,
Volant les ailes déchirées,
Euit, dans l’azur, plus haut encor .
cc Sonore, éclatante et vermeille,
Oiseau chantant, flambeau qui luit,
La lyre à l’aurore est pareille Chassant les ombres de la nuit.
Aux ténèbres des cieux levées,
Souriante et de pleurs lavées,
Elle monte en resplendissant;
Et, sur nos têtes suspendue,
Fait rayonner, dans l’étendue,
Nos larmes avec notre sang ! »
O Poète immortel dont les temps viendront lire, Le nom cher et sacré sur le marbre immortel, Comme celui d’un Dieu se dresse ton autel,
Toi qui connus la gloire immense de la Lyre !
Sculpta cette immortelle image Faite pour te valoir l’hommage Toujours fervent du temps lointain,
— Car, dans la fleur de ta jeunesse Il a si bien fixé tes traits
— Que tout ce qui fait les attraits Des déesses s’y reconnaisse,
Sous le mystère de ton nom Tu n’es, sans en être moins belle, Bien que ta race les rappelle, Vénus, Diane ni Junon.
Dans les images parvenues Jusqu’à nous, à travers les temps, Sur les carares éclatants Revit l’orgueil des femmes nues :
Le chœur des nymphes ingénues Rêveuses au bord des étangs ; Artémis aux cheveux flottants Sur son char traversant les nues ;
Et Vénus, reine de Beauté,
Tout ce dont l’immortalité Béclame encore nos hommages !
Cependant ton charme divin N’est qu’à Toi seule et c’est en vain Que je le cherche en leurs images .
MARI OTON