‹ La sculpture aux salons de 1897Chapitre 3 sur 20 · CHANSON D'AMOUR · texte numérisé non relu

CHANSON D'AMOUR

Aux lèvres du berger dont la syrinx murmure, Dont un bras amoureux caresse ton cou blanc,

O vierge dont l’amour a modulé le flanc, Écoute la chanson d’amour sous la ramure :

— <c Ton souffle a passé sur ma bouche Mêlé dans l’haleine des fleurs,

Et tes lèvres ont bu mes pleurs,

Toi qui m’es encor farouche.

J’ai senti sous ton long baiser,

Mon sang fuir, mon cœur s’épuiser...

Ton souffle a passé sur ma bouche !

« Un frisson mortel prend mon être Eien qu’au bruit léger de tes pas.

Tu parais et je ne sais pas Si je vais mourir ou renaître.

Eeviens donc, dans ton long baiser, Meurtrir mon cœur et l’apaiser . . .

Un frisson mortel prend mon être !

Ah ! par pitié, rends-moi ta bouche Où passait l’haleine des fleurs,

Et, dans mes yeux sèche mes pleurs, Toi qui me fus longtemps farouche.

L’ivresse de ton long baiser Je n’ai pu d’un coup l’épuiser...

Ah ! par pitié, rends-moi ta bouche !

Ainsi chante le "bois, sous sa lèvre sonore,

Un chant mystérieux que toi seule comprends, Et sa main tient captifs tes cheveux odorants, Sous la ramure en pleurs que caresse l’aurore !

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