‹ La sculpture aux salons de 1897Chapitre 4 sur 20 · FEUILLE D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

FEUILLE D'AUTOMNE

Emporte ma folie,

Au gré du vent,

Feuille en chantant cueillie Et jetée en rêvant.

— Emporte ma folie Au gré du vent.

Comme la fleur fauchée Périt l’amour.

La main qui t’a touchée Fuit ma main sans retour.

— Comme la fleur fauchée Périt l’amour.

Que le vent qui te sèche Feuille ou bien fleur Tout à l’heure si fraîche Et demain sans couleur, Que le vent qui te sèche Sèche mon cœur !

Pour que le vent te les apporte Sur l’aile noire mue d’un remord, J’écrirai sur la feuille morte,

La torture de mon cœur mort.

Tout ma sève s’est tarie Aux clairs midis de ta beauté Et, comme à la feuille flétrie,

Rien de vivant ne m’est resté.

Tes yeux m’ont brûlé jusqu’à l’âme, Comme des soleils sans merci !

Feuille que le gouffre réclame, L’antan va m’entraîner aussi

Mais avant, pour qu’il te les porte Sur l’aile noire d’un remord, J’écrirai sur la feuille morte ] ja torture de mon cœur mort !

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