‹ La sculpture aux salons de 1897Chapitre 7 sur 20 · LE MIROIR · texte numérisé non relu

LE MIROIR

En goûtant le plaisir orgueilleux de te voir En l’éclat nonchalant de la beauté fleurie, Comme au bord du ruisseau chantant dans la Ecoute murmurer ma voix dans ton miroir :

— «A l’ombre douce de la Nuit De tes cheveux l’ombre est pareille,

Et la nacre des perles luit

Aux fins contours de ton oreille.

« De lis ton front est velouté ;

Sur ta bouche meurt une rose,

Car tout rappelle, en ta beauté,

Le teint et quelque belle chose.

« Dans tes yeux seuls je cherche en vain. Il semble, qu’en eux, se confonde Le ton changeant qui fait divin Le mirage du ciel dans l’onde.

ce Oui, tous tes charmes ont la leur Où mon cœur se complait sans trêve.

— Mais tes yeux, quelle est leur couleur ? La chère couleur de mon rêve !

« Lent et fort comme un aimant, Un tel charme en toi m’attire, Qu’il rend doux jusqu’au martyre Que je supporte en t’aimant.

ce Feuille dont le vent se joue,

Je n’espère ni ne veux ;

Mais je respire, à ta joue,

Le parfum de tes cheveux.

cc Mais à te voir, je m’enivre,

Fou d’un désir sans merci Et mieux que, sans te voir, vivre.

J’aimerais mourir ainsi ! »

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