‹ La sculpture aux salons de 1897Chapitre 8 sur 20 · LES SONGES DE LA VIE · texte numérisé non relu

LES SONGES DE LA VIE

Autour de l’axe du Destin,

Le long de la route suivie Au sortir du berceau lointain, Tournent les Songes de la Yie.

De leurs souvenirs obsesseurs Ils enlacent notre mémoire,

Songes d’amour, songes de gloire Aux mélancoliques douceurs.

Visions trop vite envolées, Bonheurs par la distance accrus, Fantômes trop tôt disparus, Formes tremblantes et voilées .

— Oiseaux menteurs, envolez-vous De l’arbre où coula notre sève !

Et faites y place au seul rêve Dont notre cœur reste jaloux :

Au beau rêve des formes nues,

Au seul rêve qui nous soit cher,

Et fait des gloires de la chair Impudiquement ingénues.

Nous ne voulons nous souvenir Que de vos grâces charmeresses, Corps parfumés de nos maîtresses Dont le regret ne peut finir :

Bras blancs à l’étreinte farouche, Hanches an lumineux contour, Lèvres frémissantes d’amour Où venait boire notre bouche.

Délices du corps féminin,

Seules immortelles délices,

Source où s’abreuvent nos supplices, Fleur au délicieux venin !

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