‹ La sculpture égyptienneChapitre 11 sur 46 · NECESSITE DU POLISSAGE · texte numérisé non relu

NECESSITE DU POLISSAGE

mais nous doutons que le ciseau y fiit en usage^ car nous ne constatons son emploi que très-rarement et encore dans des monuments d'une époque peu reculée.

Lorsqu'on examine des parties creusées, des hiéroglyphes par exemple, dont Tintérieur nlest pas poli, faute d'avoir été fouillé avec assez de patience, Taréte de la lettre,

Egyptiens taillatit et nivelant un bloc de pierre tendre.

regagnée par le poli de la surface, laisse voir une série suivie de cercles ou entailles irrégulières, qui sont produits par l'éclatement de la matière, ce qui montre bien que c'est la pointe d'une substance plus dure qui a servi à dessiner le contour. Sur le beau sarcophage en basalte du Louvre, la netteté des contours hiéroglyphiques démontre clairement le découpage au ciseau ; mais les fonds des lettres, ce qui

est sans exception dans ce musée, dénotent Tunique emploi de la marteline. En général tous les monuments égyptiens attestent un travail assez grossier. Si Ton regarde bien en effet les grandes surfaces, comme celles du Sphinx en granit rose du Louvre, on voit <jue le poli n'a pas pu, dans une grande quantité d'endroits, regagner les éclatements produits parla grosse pointe qui a suffi à Tébauche.

A des époques plus avancées, de même que les Romains, les artistes égyptiens pousseront plus loin la finesse d'exécution ; mais dans les anciennes époques, ils se sont généralement arrêtés à une ébauche large et simplifiée le plus possible.

Avec des instruments tels que ceux que nous avons énumérés tout à l'heure, le polissage était nécessaire, et on le comprend, pour rattraper tous les éclatements de la matière; il était la terminaison forcée du travail; aussi les Egyptiens polirent-ils toutes les surfaces des statues. En même temps le polissage, par cela même qu'il augmentait l'intensité de couleur de la pierre et qu'il offrait aux yeux des nuances de tons variés, quoique sévères, était en harmonie avec le goût des Égyptiens pour la polychromie. Ce goût était tellement prononcé chez eux que toutes les fois qu'ils se servirent de pierre calcaire ou de terre cuite ils prirent soin de les peindre et de les émailler, et qu'ils firent de même pour les monuments de pierre dure ayant de très-grandes dimensions.

Page 1