‹ La sculpture égyptienneChapitre 15 sur 46 · TREMPE DES OUTILS · texte numérisé non relu

TREMPE DES OUTILS

mides suffisent pour donner la certitude que les tailleurs de pierre et les sculpteurs s'en sont servis dans les cas nécessaires. Nous avons au Louvre une certaine quantité d'instruments de ce métal, entre autres des espèces de hachettes, dont remploi, comme martelines, est admissible ; elles rappellent la hache formant Thiéroglyphe Nouter, Dieu, qui peut-être a été choisie pour exprimer cette idée, parce qu'étant Toutil le plus ancien, les Égjrptiens lui auront attribué une origine divine.

La manière de tremper les outils est très-variable et les procédés en sont connus. Nous avons aujourd'hui des trempes aussi bonnes que celles des anciens, et quant à celles nécessitant l'emploi d'ingrédients malsains, elles ont dû être toujours repoussées, car il arrive souvent que des fragments d'outils entrent dans les mains des travailleurs, qui alors seraient exposés à de graves dangers si l'on opérait la trempe avec de telles substances.

D'autres savants ont cherché à démontrer l'usage des pointes de diamant ; mais en supposant que les Égyptiens les connussent aux anciennes époques (et ceci n'est rien moins que sûr), elles ne lexu: auraient servi en rien, l'usage pratique en étant beaucoup plus long que celui de la marteline ou de ciseau. Aujourd'hui on n'emploie ces instruments que lorsqu'on fait une pièce entièrement ronde ; on adapte cette dernière au tour, et les outils diamantés, tenus immobiles, usent la matière à la longue. La fontaine des

Champs-Elysées est faite ainsi, mais il n'y a pas trace d'objets similaires chez les Egyptiens.

Nous avons aussi un système fort simple, consistant en un tube rempli d'émeri, que Ton tourne, et qui perce ainsi des trous très-réguliers. Ce système permet de faire facilement des trous ou noirs et par cela même de dégager les bras de la taille ; or, c'est là ce que les Egyptiens semblent n'avoir pu faire. Considérez par exemple les statues du Louvre qui représentent la déesse Sexet, à la tête de lionne. Le corps de ces figures est allongé, dans un esprit imitatif de cet animal, mais les bras sont liés à la taille, comme toujours, par crainte de Tévidement de la matière, ce qui nuit beaucoup à TefFet cherché. Il ne peut y avoir de doute que, s'ils avaient eu des moyens particuliers, les artistes eussent dégagé à ces endroits. Nous croyons donc être en droit de conclure que les Egyptiens ne connurent pas l'instrument dont nous venons de parler.

D'autres savants ont cru que les Egyptiens avaient des procédés particuliers pour amollir la pierre jusqu'à une certaine profondeur. M. King rapporte que Ciguoguetti, architecte romain, qui a exécuté dans l'église de Sainte- Marie-Majeure un autel décoré de petites colonnes en porphyre, lui a fait savoir que le seul moyen d'amollir un peu cette pierre est de la tremper plusieurs semaines dans le liquide que Gulliver employa pour éteindre l'incendie de Lilliput. En admettant que M. Ciguoguetti ait pu obtenir

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