LES OBÉLISQUES DE KARNACK
dus. Sans discuter la question au point de vue de l'inscription elle-même, en écartant même la traduction de M. Chabas qui lit : un an et sept mois, nous croyons que le plus court délai, quelque étonnant qu'il puisse paraître, s'explique de la manière la plus simple. D'abord, de ce fait particulier on ne saurait conclure en général d'une manière absolue. Le savant conservateur du Musée égyptien du Louvre, M. Paul Pierret, qui a bien voulu nous traduire de nouveau cette inscription et qui regarde le délai de sept mois comme le plus exact, remarquait justement que les artistes égyptiens avaient bien conscience d'être sortis des conditions ordinaires et d'avoir fait un tour de force, puisqu'ils ont tenu dans l'inscription à faire mention expresse du temps par eux employé. Puis, avec un nombre considérable d'ouvriers expérimentés, avec un travail opiniâtre, ininterrompu, poursuivi jour et nuit, avec une grande abondance d'outils continuellement affûtés et trempés, nous ne voyons rien d'impossible au parachèvement de l'œuvre dans un délai de sept mois. Or, quand Hérodote raconte que cent mille hommes se relayant dans tout le pays travaillèrent, pendant trente ans, à la construction des Pyramides, même en faisant une large part à l'exagération, il est naturel d'en déduire l'emploi des mêmes moyens, pour la taille et l'érection des obélisques de la reine Hat^sou*.