‹ La sculpture égyptienneChapitre 22 sur 46 · TOMBEAU DE TI · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE TI

Les bas-reliefs égyptiens peuvent être facilement étudiés au Louvre^ surtout dans les moulages du tombeau de Ti, découvert à Saqqarah^ dont les originaux se trouvent au Musée de Berlin. Mariette-Bey, qui les a découverts, déclare que ce sont les plus beaux spécimens qu'il connaisse des monuments de cette époque. La sculpture égyptienne offre, d'une manière toute particulière dans les bas-reliefs, le caractère commun à tous les arts primitifs : la raideur architecturale, les partis pris que Ton retrouve chez les Assjrriens et aussi chez les Grecs primitifs, une imitation sommaire de la nature, des naïvetés enfantines, une élimination constante de la difficulté, par exemple, l'habitude de mettre toutes les figiu-es de profil, le soin d'éviter tout raccourci et la répétition de mouvements analogues ; autant d'indices d'un art peu raffiné. Les anciens Egyptiens ignoraient la perspective. Comparés aux Assyriens, ils étaient moins réalistes. L'art des Assyriens était surtout guerrier, tandis que, pendant l'ancien Empire, les Égyptiens ne représentent généralement que des sujets champêtres et industriels.

La VP dynastie jouit, comme la V*, d'une grande tranquillité, et comme elle aussi vit l'art de la sculpture faire de grands progrès. Nous en avons deux preuves frappantes : la première, que tout le monde a pu voir à l'Exposition de 1 867, est la statue en bois de Raem-ké, si libre, si vivante, si juste de mouvement et d'imitation. Il n'est personne qui

ait pu Toublier parmi ceux que ces questions intéressent. La description en serait donc inutile*. Elle étonne surtout par la réunion de la largeur de style particulier à Tart égyptien, un soin de détails et une allure dégagée dont on retrouve peu d'exemples dans la suite; seul, un bras collé au corps dVne manière encore raide rappelle Tart primitif dans cette œuvre exceptionnelle.

Notre second exemple des progrès accomplis sous la VI* dynastie, et c'est aussi la dernière statue de Tancien Empire que nous désirons rappeler, est une statue que nous possédons au Louvre. C'est la petite figure en calcaire du scribe accroupi (voir la planche, page 17), placée au milieu de la salle civile. Cette figure fiit trouvée dans le tombeau de Skem-ka, avec plusieurs autres figures inférieures au point de vue artistique, lesquelles sont réunies sur le palier de l'escalier. Cette statue est vivante, vraie de mouvement et d'expression, dégagée complètement dans ses formes ; une prunelle de cristal donne à l'œil une grande intensité de vie. « Le mouvement des genoux et le dessin des reins, dit M. de Rougé*, sont surtout remarquables ; tous les traits de la figure sont fortement empreints d'individualité ; il est évident que c'est un portrait. »

En présence d'un pareil spécimen d'un art libre et pro-

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