‹ La sculpture égyptienneChapitre 24 sur 46 · PREMIÈRE RENAISSANCE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RENAISSANCE

un changement immense s'opère non-seulement dans les moeurs, mais dans la race elle-même, ainsi que le confirment les études craniologiques.

Le roi Ramsès.

Fragment d'une peinture égyptienne d'après l'ouvrage

de Prisse d'Avesnes.

Aussi dans le moyen et le nouvel Empire que nous allons parcoiu-ir, n'allons-nous plus trouver l'individualisme cherchant le progrès ; nous trouverons Tart continuellement détourné ou étouffé par le despotisme royal, les événements

politiques, et, à la fin du nouvel Empire, par l'influence croissante du sacerdoce qui le rendit hiératique.

C'est à Thèbes, sous la XI* dynastie, que commence la première renaissance artistique. Il paraît probable que rien n'avait survécu de l'ancienne civilisation, excepté les figures monumentales en pierre dure, du genre de celle de Chéphren, qui ont seules servi de nouveau point de départ ; car les artistes de cette renaissance paraissent ignorer la liberté d'allures et les progrès de l'art civil ancien, dont les œuvres nous sont du reste parvenues en très-petit nombre, et encore enfouies généralement dans les tombeaux murés et inviolables.

La sculpture ne reprit pas tout de suite sa splendeur: les monuments sont d'abord rudes, grossiers, mal imités des anciens; mais, à la XII* dynastie, l'art progresse rapidement, les statues prennent une forme, un galbe élancé inconnu jusqu'alors, confirmant un changement de la nature physique des habitants de l'Egypte ; le fait montre, en tout cas, que les Egyptiens ne suivaient pas d'anciennes formules, et qu'ils étaient libres d'interpréter leurs anciens chefs-d'œuvre en consultant la nature. Les figures sont généralement soignées, et les artistes amènent la sculpture presque au degré où elle avait été portée dès la IV* dynastie, sous l'ancien Empire ; ici, comme à cette première époque, ils ne sont pas encore arrivés au réalisme, ils ne font pas une étude serrée de la nature.

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