‹ La sculpture égyptienneChapitre 26 sur 46 · DEUXIÈME RENAISSANCE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME RENAISSANCE

L'influence des nations efféminées de l'Asie, avec lesquelles les Egyptiens furent en guerre, a été une des causes de leur décadence; les statues de cette époque nous montrent des costumes moins sévères, des coiffures et des perruques riches ; cette influence se retrouve de même dans la langue et la religion : les prêtres prirent alors cette prédominance qui leur permit d usurper pendant quelque temps le pouvoir royal, usurpation qui amena le soulèvement des populations, Tinvasion des étrangers, et finit par ruiner Tart sous les dynasties suivantes.

Ce n'est qu'à la XXVP dynastie, sous Psammetichus 1", que les étrangers sont chassés et qu'une nouvelle prospérité amène la troisième et dernière renaissance, protégée cette fois non-seulement par le gouvernement, mais aussi par des particuliers.

Les statues prennent alors de l'élégance, même de la grâce, mais ont moins de grandeur et de hardiesse qu'auparavant; on sent mieux la vie, les membres sont mieux étudiés, les ajustements sont meilleurs; le basalte et d'autres beaux matériaux sont plus généralement employés et trèsfinement travaillés.

Malheureusement, après quelque temps de tranquillité, l'Egypte tombe successivement au pouvoir des Perses, puis des Grecs et des Romains, et les arts, subissant Tinfluence des nouveaux dominateurs, passent par une série de modifications qui n'intéressent plus l'objet de notre étude.

En considérant cette marche générale de Tart chez les Égyptiens, nous voyons un peuple lent à progresser, qui, sous l'ancien Empire, au bout de deux mille ans, arrive, en sculptiu*e, au réalisme et à un grand sentiment de la vie. Ce mouvement est arrêté par une catastrophe dont la cause est inconnue : une première renaissance arrive après sept cents ans de paix et amène la sculpture à peu près aux progrès de la IV* dynastie, éteinte par Tinvasion des Hycsos. Une seconde renaissance, moins longue à atteindre le même point, est arrêtée par le despote Ramsès et par les préoccupations de la défense contre les envahisseiurs ; enfin, sous la dynastie Saite, nous constatons un certain progrès et un dernier effort qui cessent à Tinvasion persane.

Très-nettement tranchés sont les caractères généraux des quatre belles époques de la sculpture égyptienne : la première montre des figures vivantes, aux formes trapues ; la seconde, des figures raides aux formes allongées ; la troi- 3ième, d'immenses statues au caractère forcément massif et conventionnel; la quatrième, des figures aux formes plus gracieuses, d'un fini et d'une préciosité remarquables.

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