ASSOCIATIONS ARTISTIQUES
Tous les peuples primitifs ont su tracer la bouche de profil j ils ont tous plus ou moins échoué poiu" les yeux, car la difficulté d'exécution plastique de ces deux parties du visage
Ancien Empire. (Muié* dn Louvre.)
ainsi présentées ne peut se comparer. Un enfant, dans le profil informe qu'il s'amusera à tracer, donnera spontanément à la bouche sa vraie position, mais il mettra invariablement l'œil de face. C'est pour des raisons semblables
d'inhabileté, et non par obéissance à un rhythme mystérieux, que, dans des figures de profil, les artistes égyptiens ont commencé par dessiner les deux épaules de face, ce qui est devenu plus tard une routine. Enfin, nous devons ajouter pour ce qui concerne le tracé de Tœil, dans les basreliefs, que si les Egyptiens sont ceux des peuples primitifs chez qui le défaut de perspective signalé se fait plus remarquer, c'est que leur conformation physique comporte souvent un assez grand aplatissement de l'œil, et une disposition telle que, vu de côté, il parait posé au moins de trois quarts.
Nous rencontrons encore dans les livres spéciaux cette idée, que les sculpteurs égyptiens imitent la tête humaine avec plus de fidélité que le corps; cela montre bien, dit-on, ce qu'aurait pu être l'imitation dans un art qui fût resté libre. C'est là encore, à notre avis, une complète erreur. Les moniunents colossaux, de matière si dure, commandés par l'orgueil royal égyptien, ne pouvaient être exécutés que par un groupe d'artistes réunis pour l'entreprise ; pendant un certain nombre d'années, ce groupe travaillait ensemble au colosse, les plus habiles exécutant les parties les plus difficiles, comme les tètes, les mains et les pieds, ce qui donnait à ces parties leur perfection relative. Plus d'une fois, ce furent des captifs étrangers, travaillant de force, qui taillèrent ces immenses colosses. Quel goût,* quels soins pouvaient apporter à leur œuvre ces artistes involontaires?