‹ La sculpture égyptienneChapitre 8 sur 46 · PROCÉDÉS TECHNIQUES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS TECHNIQUES

N sait que la doctrine religieuse égyptienne I a été fondée de tout temps sur la croyance qu'après la mort l'âme, se détachant du corps, allait subir des épreuves dans les espaces célesteSj et que, si elle avait été reconnue vertueuse par le juge des enfers, Osiris, elle devait rejoindre le corps et l'animer d'une vie nouvelle et éternelle. Les âmes reconnues coupables devaient subir au contraire le supplice de la seconde mort. De là, chez les Égyptiens, un immense intérêt à la conservation des dépouilles; de là les rites d'un embaumement qui ne durait pas moins de soixante-dix jours, et la nécessité de déposer le corps, après cette opération, dans des tombeaux à l'abri du temps et des événements.

Tels furent le but et l'origine, aujourd'hui incontes-

tables, des pyramides ou tombes royales, et des sarcophages taillés dans les matières les plus résistantes. On comprend que la peine et le travail ne comptaient pour rien, eu égard à rimportance du but poursuivi ; on comprend aussi que, contrairement aux Grecs, qui cherchaient généralement le beau dans des monuments de petite dimension, les Égyptiens aient toujours eu l'esprit tendu vers le colossal. Pour donner une idée du pouvoir royal dont les possesseurs étaient divinisés après la mort, ils croyaient nécessaire de rendre la proportion matérielle, dans leurs représentations sculpturales, égale à la puissance et au prestige dont avaient été investis les modèles qu'ils avaient à reproduire. A cela on peut ajouter l'orgueil des castes dominantes, dont les inscriptions des monuments donnent tant d'exemples, et la protection qu'on attendait des divinités auxquelles étaient élevées des images éternelles, suivant l'expression si familière aux Égyptiens. S'il est vrai, comme semblerait l'indiquer la décoration des tombes de l'ancien empire, que le bois ait été primitivement employé, il est à croire qu'on y renonça de bonne heure. D'autre part, la solidité des constructions en bois n'était pas suffisante ; les magnifiques carrières de granit, de porphyre, de calcaire et de grès leur offraient, en compensation et à leur portée, les matériaux les plus propres à cette solidité et à cette durée qu'on recherchait avant tout. Le granit surtout obtint la préférence, principalement pour les temples, les tombes et

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