CHAPITRE XX
FRANCE
Le domaine de l’allégorie, en sculpture , est le plus étendu. — Les pulsations de l’âme. — La forme, le maintien, les traits. — L’âme humaine restant le but, le sculpteur est toujours en face d’une passion. — Les passions individuelles, les sentiments qui se manifestent dans les relations privées appartiennent, en sculpture, à l’allégorie. — 11 est interdit au sculpteur de s’arrêter aux passions sans noblesse. — M. Allar : la Tentation. — M. Guillaume : Mariage romain; Termes. — M. Clésinger : Enlèvement de Dèjanire par le centaure Nessus; Délivrance d’Andromède par Persée. — Feu Louis Rochet ; Cassandre, poursuivie par Ajax, se réfugie à l’autel de Minerve. — M. Maniglier : Pénélope portant à ses prétendants l’arc d’Ulysse. — Feu Joseph Perraud : l'Enfance de Bacchus; Vénus et .l'Amour. — M. Marcellin : Bacchante se rendant au sacrifice sur le mont Cithèron. — M. Louis-Noël : la Muse d’André Chénier. — M. Jouffroy : Nymphe de la Seine. — M. Leroux : Somnolence. — M. Hiolle : Narcisse ; Arion. — M. Blanchard: laBocca délia Verità. — M. Barrias : la Jeune Fille de Mégare. — M. Cambos : la Femme adultère. — M. Gérôme : Gladiateurs. — M. Bartholdi : la Liberté éclairant le monde. — M. Loison : la Victoire le lendemain du combat. — M. Bourgeois : la Guerre. — ■ Michel Anguier : la Force; l’Espérance. — M. Capellaro : le Laboureur. — Feu Alphonse Gumery : le Faucheur. — M. Chapu : le Semeur.
La sculpture allégorique, pour être d’un caractère moins élevé que la sculpture religieuse ou historique,
offre au statuaire un champ d’action plus vaste qu’aucun autre genre. Elle est aussi plus accessible pour l’intelligence du spectateur; partant, plus généralement goûtée
Ce n’est pas l’idéal, ce n’est pas même l’idée qui est le terme obligé de l’allégorie en sculpture. Cependant nul précepte n’interdit à l’artiste, lorsqu’il traite un thème allégorique, d’avoir en vue le sublime. Rien ne lui défend de modeler le type d’une passion avec de tels accents de puissance et de vérité qu’en présence de son œuvre on soit tenté de prononcer le nom d’un homme illustre, demeuré grand par ses vertus ou ses vices. Mais encore que le statuaire demeure en deçà de pareilles limites, il peut aborder l’allégorie avec autorité, avec succès.
L’âme innomée qui tout à l’heure sommeillait, repliée sur elle-même, sort de son repos. Elle a conscience de soi. Elle jette, pour ainsi parler, un regard timide autour d’elle. Un réseau l’enserre, c’est le corps. Mais, chose étrange, ce réseau, dont les mailles sont infranchissables pour elle, est moins une prison qu’un domaine. L’âme est vraiment maîtresse de ses liens. L’enveloppe solide qui l’entoure est en sa possession. Elle la modifie selon son gré. Le corps prend un aspect radieux ou triste selon que l’âme qui l’habite est elle- même lumière ou ténèbres. Les pulsations de l’hôte invisible demeurent saisissables à travers le corps pour l’oreille du philosophe et de l’artiste. Et ce sont ces appels de l’être immatériel et souverain que le sculpteur s’empresse de graver sur l’épiderme d’un corps d’éphèbe ou de vieillard.
Mais quels sont les termes de la langue nouvelle que l’artiste va parler ?
La forme, le maintien, les traits.
A la vérité, la sculpture historique use des mêmes moyens que la sculpture allégorique, mais on observera l’inversion qui caractérise précisément la nature de l’allégorie en sculpture. Les traits du visage priment la forme et le maintien dans la représentation plastique d’un grandhomme; ils n’ontplus qu’une importance diminuée lorsque l’artiste veut aborder la sculpture allégorique. C’est la forme, sans accentuation d’aucune particularité, d’aucun caprice de la nature, que le sculpteur est tenu cette fois de reproduire dans un marbre de choix. La structure de l’image doit apparaître dégagée de toute accidentalité physique. L’organisme corporel veut être pur de tout alliage. Ce point de départ adopté, le maintien, la pose du personnage allégorique, permettent au statuaire d’écrire discrètement sur la matière le signe indiscutable de la passion qu’il entend évoquer.
Car l’âme humaine restant le but, le sculpteur est toujours en face d’une passion. S’il traite une page religieuse, la faculté d’aimer, dans ses tendances surnaturelles, s’impose à son étude. S’il aborde une œuvre historique, c’est l’amour des lieux ou des institutions, le culte de la liberté, le patriotisme, les passions sociales qui se réclament de son ciseau. Si le statuaire choisit l’allégorie, les passions individuelles, les affections ou les sentiments qui se manifestent dans la sphère limitée de la famille ou des relations privées peuvent devenir le sujet de ses œuvres philosophiques. L’orgueil, l’avarice, la prudence, le courage, la modestie, la pudeur, la tristesse, sont autant de passions individuelles. L’amour maternel, la reconnaissance, la pitié, la peur, la colère, la ven-
geance, sont des états d’âme en rapport avec ce milieu intime qui s’appelle un foyer, un groupe de citoyens, mais non la société dans son ensemble. Et chacune des inclinations de l’âme se multiplie ou se transforme selon que les causes externes ou les battements du cœur précipitent la vie de l’être intime. De là l’étendue presque sans bornes du domaine des idées, des penchants, des actes personnels. Or, c’est dans ce vaste milieu que le sculpteur allégorique est libre de chercher ses inspirations. Seules les passions sans noblesse, telles que le libertinage ou la vanité, n’appartiennent pas au sculpteur sérieux et sincère, parce qu’une loi primordiale exige que le marbre soit toujours digne.
Un certain nombre de belles œuvres auxquelles nous avons applaudi pendant les derniers salons se retrouvent au Champ de Mars. Parmi ces œuvres, signalons : la Tentation, par M. Allar 1 ; le Mariage romain 2 et deux Termes, par M. Guillaume. Un nom de patricien sur le socle du Mariage romain ferait de cet ouvrage un groupe se rattachant à la sculpture iconique. De même des deux Termes auxquels il nous a plu d’appliquer jadis les noms d’Anacréon3 et de Sapho4. Ces têtes, échappées de la gaine qui leur tient lieu de corps , domineraient avec honneur les épaules de quelque personnage connu. Elles sont vivantes. Mais l’artiste en a voulu faire des types génériques : il nous faut obéir et les ranger dans le domaine de l’allégorie.
1 La Sculpture au Salon de 1876, p. 77.
2 La Sculpture au Salon de 1877, p. 66.
3 La Sculpture au Salon de 1878, p. 83.
4 La Sculpture au Salon de 1876, p. 68.
V Enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus, la Délivrance d’ Andromède par Persée, deux groupes en marbre de M. Clésinger, ne laissent pas que d’être décoratifs, mais Andromède est mal posée sur le cheval qui l’emporte, et le monstre terrassé qui déchire les flancs de l’animal ne parvient pas à l’irriter .
Combien nous préférons, à Y Andromède de M. Clésinger, la Cassandre de feu Louis Rochet! Affolée, suppliante, la fille de Priam et d’Hécube, poursuivie par Ajax, s’attache à l’autel de Minerve. Malgré la violence de la pose, le personnage garde une distinction voisine de la grâce.
La beauté sévère de l’épouse est écrite sur le marbre un peu pénible de M. Maniglier, Pénélope portant à ses prétendants l’arc d’Ulysse.
La science myologique, des silhouettes heureuses et remuées caractérisent ce groupe où tout est sourire, l 'Enfance de Bacchus, par Perraud. Ténus et l’Amour, à peine ébauchés dans le bloc d’où la main puissante de Perraud les eût dégagés si la mort avait tardé de quelques mois, révèlent des qualités d’un autre ordre. La figure de Ténus, notamment, fait songer à la Vénus de Milo, et nous connaissons assez le talent individuel de Perraud pour être assuré que son marbre, une fois achevé, eût porté sa marque.
Une Bacchante se rendant au sacrifice sur le mont Cithéron, par M. Marcellin, chevauche, indolemment couchée sur sa panthère. On dirait une Muse antique, tant la prêtresse garde une attitude majestueuse.
Quelle est cette divinité maternelle, assise près d’un billot et s’empressant de la main autour d’une tête de
trente ans? C’est la Muse d’André Chénier, par M. Louis- Noël.
O Muses, accourez; solitaires divines,
Amantes des ruisseaux, des grottes, des collines!... Quand pourrai-je habiter un champ qui soit à moi!... Vous savez si toujours dès mes plus jeunes ans,
Mes rustiques souhaits m'ont porté vers les champs.
C’est l’auteur du Mendiant et de Y Aveugle qui chante de la sorte, et, le lendemain :
Un vulgaire assassin va chercher les ténèbres :
Il nie, il jure sur l’autel...
Voilà le vers sanglant, courroucé, de Flambe vengeur. Or, c’est le chantre de Clytie, de Myrto, de Pannychis et de Néère, qui trouve dans Son âme de pareils accents! O merveille! la poésie française va renaître. Nous avons parmi nous un neveu d’Homère et de Corneille. Le génie grec et l’esprit national se sont rencontrés sous sa plume : la grâce et la force ont effleuré ses tempes. L’instrument qui vibre entre ses doigts est la lyre aux sept cordes, dont le rhythme varié convient à l’ode et à l’élégie, au poëme non moins qu’à l’idylle. Salut à l’adolescent des trophées qui un jour peut-être s’appellera Sophocle. Salut au noble esprit enivré de pensées , de chefs-d’œuvre , de libertés. Qu’il marche sans obstacle dans la vie; qu’il compte de longs jours; que ses pages innombrables lui assurent l’immortalité près de ceux qu’il aura consolés...
Ainsi, de notre cœur oublieux et charmé se sont envolées maintes fois des paroles d’espérance quand nous
avons ouvert ce livre formé d’amour, d’harmonie, de fiertés, de larmes, les Poésies d’ André Chénier. Hélas! le siècle des philosophes a été de fer, n’est-il pas vrai? pour la jeunesse qui s’essayait à la poésie. Gilbert et Malfilâtre sont morts de misère. Chénier leur succède sur un autre grabat.
Seul il croyait mourir, mais des vastes prisons S’élance, près de lui, le chantre des Saisons. Oubliant que tous deux l’échafaud les appelle :
« Oui, puisque je retrouvre un ami si fidèle », Dit Chénier, et ce chant d’un enfant d’Apollon Accompagna leur marche et fut encor trop long.
C’est Frédéric Soulié qui a raconté ce drame dans son premier livre, les Amours françaises. M. Louis-Noël l’a voulu reprendre avec le ciseau. Le poëte des Saisons, Roucher, n’a pas été sculpté par l’artiste; Chénier luimême est invisible, mais la Muse éplorée, drapée dans ses voiles de deuil, a recueilli la tête du jeune maître. Quel respect attentif pour son front pâli, ses grands yeux blancs, tristes et doux, qui jadis ont brillé des mille feux de l’enthousiasme, du printemps, des espoirs sans fin! Et de quelle main nerveuse elle a couvert l’instrument du poëte avec les palmes de la victoire! Et ses poëmes, le Jeune Malade, la Jeune Tarentine, Hernies , la Jeune Captive, toutes ces oeuvres exquises seront sauvées de l’oubli, caria divinité bienfaisante qui veille sur notre poëte a ressaisi les feuilles éparses échappées de ses doigts sans force. Rien n’est mort, rien ne sera perdu de cette âme si proche de la nôtre.
Le monument de M. Louis-Noël est un hommage défi-
cat à la mémoire d’André Chénier. Peut-être le statuaire ne s’est-il pas assez souvenu :
Que lorsqu’on meurt si jeune, on est aimé des dieux.
Peut-être n’a-t-il vu que la mort, non le triomphe de ce poëte entrant de plain-pied dans la gloire par la porte de la douleur. La muse d’André Chénier n’est pas suffisamment radieuse, elle n’est pas assez grecque.
Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques,
a dit ce descendant d’Homère. M. Louis-Noël eût ajouté à l’harmonie de sa composition en découvrant les bras de son personnage. L’aspect de la figure eût été moins sombre, moins tragique. Le nu, qui est une des conditions premières de la sculpture, était autorisé par le choix du sujet. Mais, tel qu’il est conçu, le marbre élégant et nouveau du statuaire renferme une pensée juste, poétique et toute française.
M. Jouffroy, membre de l’Institut, expose sa Nymphe de la Seine, dont le marbre original s’élève aux sources mêmes du fleuve, dans les montagnes de la Côte-d’Or. Elle est assise près de l’eau murmurante, et sa tête s’est penchée sur son épaule dans un mouvement rempli de nonchalance, de quiétude, de coquetterie, d’abandon. Et chaque nuit les Dryades et les Napées accourent des forêts voisines près de leur sœur aînée aux formes puissantes, à la taille robuste, modelée d’un doigt résolu par la nature, comme il convenait à la déesse familière d’un grand fleuve.
Dulcis et alta quies! M. Leroux a surpris pendant son repos une jeune fille endormie, et de son ciseau silencieux il a fait émerger du marbre l’image inconsciente de la Somnolence. C’est encore une composition gracieuse et calme, le Narcisse de M. Hiolle. Le fier adolescent, lestement campé sur son rocher , n’a rien de trop classique. Arion lui sert de pendant. Le père du dithyrambe nage sur un dauphin vers le cap de Ténare. Hérodote a raconté cette fable devenue populaire. Après lui, M. Hiolle a découvert le secret de la bien dire.
O l’espiègle ! est-elle bien sûre , cette enfant terrible , que , si la légende romaine a dit vrai , si la bouche de la Vérité se referme sur la main du menteur, est-elle bien sûre de sauver ce petit doigt fuselé qu’elle expose intrépidement? La Bocca délia Verità, par M. Blanchard, est une page ingénieuse; mais son héroïne de quinze ans nous paraît être la sœur cadette de la jeune fille de Greuze, la Cruche cassée. Plus sérieuse dans la pose, d’un caractère plus grave par les traits du visage est la Jeune Fille de Mégarè, de M. Barrias. Assise et filant le lin comme le fera plus tard la reine Berlhe, la belle Mégarienne donne au balancement de ses deux mains, armées de la quenouille et du fuseau, un rhyth me élégant et sévère.
Adieu les œuvres tranquilles, voici le drame et voici la tempête. La Femme adultère, par M. Cambos, a fait pleurer le marbre. A travers ses deux bras liés, la malheureuse jette un regard furtif autour d’elle : on croit surprendre sur ses lèvres tremblantes le râle de la mort attendue. M. Gérôme, le peintre justement célèbre, a sculpté des Gladiateurs . Son groupe, de grandes propor-
tions, représente deux lutteurs de l’amphithéâtre, du genre des « hoplomaques », c’est-à-dire combattant avec des épées et des boucliers, le front protégé par un casque, les bras et les jambes couverts d’une armure. Le torse est nu. La lutte touche à son terme. L’un des deux hoplomaques est terrassé; il crie merci sous l’étreinte du vainqueur. Les qualités maîtresses de ce travail ne sont pas suffisamment lisibles à travers les pièces de l’armure, fidèlement sculptée, il est vrai, mais dont le cliquetis nuit à l’harmonie de l’ensemble, tandis que le nu est sobrement traité. Dépouillez par la pensée les lutteurs de M. Gérôme, et son groupe devient imposant.
N’oublions pas la Liberté éclairant le monde , par M. Bartholdi, un colosse qui rappelle la France dans la rade de New-York. Quelle actualité, dites-moi, dans les souvenirs patriotiques qu’éveille la Victoire le lendemain du combat, par M. Loison! Sculptée en 1869, on la dirait inspirée par les deuils de l’année terrible. Elle sait ce qu’elle doit aux morts; elle sait ce que coûte un triomphe, la sombre déesse que le sculpteur intelligent a demandée au bronze, et d’une main pieuse elle répand, sans compter, de glorieuses couronnes sur les innombrables tumulus du champ de bataille. Non loin d’elle est la Guerre, par M. Bourgeois. Elle pousse le cri de haine, elle agite sa chevelure, elle prend le ciel à témoin de la sainteté de sa cause! Vains efforts! La guerre est un mal; son image, si savante qu’elle soit, ne peut nous séduire.
Plus attrayants sont les symboles de la Force et de l’ Espérance , par Michel Anguier, l’élève de Simon Guillain, et l’un des membres de l’Académie en 1660. L’impétuosité tempérée par la grâce, telle est la Force; la
FRANCE. — SCULPTURE ALLÉGORIQUE. 205 souplesse d’une liane, la franchise d’un enfant, telle est Y Espérance sous le ciseau vivant et personnel de Michel Anguier. La Ville de Paris a eu raison de mettre à l’abri ces deux œuvres qui jadis décoraient la porte Saint-Antoine, et que le Louvre serait fier d’abriter.
Le Laboureur des Géorgiques est devant nous. Miran-
tur grandia fossis ossa . C’est M. Capellaro qui l’a
sculpté. Inspiré de Virgile, il rappelle, par l’amertume et la profondeur du regard, certains types de Poussin.
Nous ne quittons pas les sites champêtres avec le Faucheur , l’une des œuvres qui font le plus aimer ce statuaire, mort si jeune, Alphonse Gumery. Faisons halte devant le Semeur, de M. Chapu. Rappelez-vous, ou plutôt rappelez moi les paroles du poëte qui a décrit le travail salutaire de « cet ouvrier mystérieux qu’on voit le soir au crépuscule, marchant à grands pas dans les sillons et lançant dans l’espace, avec un geste d’empire, les germes, les semences, la moisson future, la richesse de l’été prochain, le pain, la vie. Il va, il vient, il revient; sa main s’ouvre et se vide, et s’emplit et se vide encore; la plaine sombre s’émeut, la profonde nature s’entr’ouvre, l’abîme inconnu de la création commence son travail, les rosées en suspens descendent, le brin de folle avoine frissonne et songe que l’épi de blé lui succédera; le soleil, caché derrière l’horizon, aime ce que fait cet homme et sait que ses rayons ne seront pas perdus. Œuvre sainte et merveilleuse1.» M. Chapu connaissait-il cette page lorsqu’il a modelé son Semeur? Nous l’ignorons. Mais l’homme des champs qu’il a représenté fécondant la glèbe, jeune,
1 Victor Hugo.
grave, attentif, naturel et majestueux tout ensemble; cet homme qui répand l’avenir à pleines mains, ce créateur, ce père des moissons prochaines a compris la beauté de sa mission. Providence de la terre, où les conquérants illustres se mesurent aux ruines, lui, le nourricier sans gloire, assure la santé, la paix, la force, le génie des nations qu’il préserve des vaines terreurs, de la gêne honteuse, de la faim, mauvaise conseillère. Virgile l’a dit avant nous :
Et metus, et malesuada famés et turpis egestas.
Ce dieu propice méritait qu’on lui dédiât une statue. M. Chapu s’est chargé de notre dette, et il l’a payée de l’argent des maîtres, qui est le sien.