FI G. 19. — STATUE DITE DE CHARLEMAGNE
(Cathédrale de Gerone.)
4o LA SCULPTURE ESPAGNOLE
de tous côtés sur son sol. Pablo de Scnis, religieux dominicain, meuble les églises de Barcelone de riches retables; Jayme Castayls, architecte de la cathédrale de Tarragoiiè et en même temps tailleur d'images, poursuit l'œuvre commencée un siècle plus tôt par Bartolome et dote cet édifice, en i SjS, de quatre statues d'apôtres et de neuf de prophètes encore lourdes et trapues (fig. 20 et 21); Jaime Dez Mas, architecte et sculpteur comme Castayls, reconstruit en grande partie et décore le célèbre monastère de Montserrat déjà ruiné une première fois. En iSSg, Pere ou Pedro Morey, mort en i3g4, commence le porche de la cathédrale de Palma sur lequel il pose une rigide statue delà Vie?~ge; en iSgi, Guillem Çolivella exécute pour le grand portail de la Seo de Lerida les Dou^e apôtres aujourd'hui déposés au musée épiscopal du séminaire; un artiste inconnu, vers la même époque, taille la belle statue de pierre de Saîttiago du portail de l'église d'Orihuela (fig. 22), placée sous le vocable de ce patron de PEspagne.
Au musée archéologique de Madrid, on conserve diverses sculptures en bois peint, qui' font voir les progrès de Part en cette matière : une Vierge et un saint Jean, provenant du couvent de Gradefes, dans la province de Léon, et nn saint Damien d'origine catalane.
On y trouve aussi un monument en bronze, d'autant plus intéressant que ces sortes d'ouvrages sont fort rares en Espagne, tout au moins jusqu'au xvi" siècle. C'est la plaque tombale d'un certain Martin Ferrande^ dé la Cortinas^ de sa femme Catarina Lope:^ et de leurs trois fils, Lope:{, Juan et Santiago. Elle provient du petit port de pécheurs de Castro Urdiales, sur
EPOQUE GOTHIQUE
la côte cantabrique,^ et montre le chef de la famille, les mains croisées sur la poitrine,sousune arcature ornée de figures de saints et d'anges musiciens jouant de divers instruments. Le travail est d'un goût délicat et d'une exécution parfaite.
Cette plaque de bronze porte une insc r i p t i o n en lettres gothiques avec les dates de 1409 et 141 1 ; mais, comme Ton sait que Père castillane ancienne, abolie par les Cortès de Ségovie,
avançait de 38 années sur l'ère chrétienne romaine, reconnue partout ailleurs en Europe, il convient de
reporter l'époque de la fonte de cette pièce aux années i3yi et 1 373, c'est-à-dire au dernier tiers du xiv' siècle. Il faut ensuite noter une seconde table de même espèce, gravée avec une rare perfection, de très beau style, datée de 1371 — ancienne chronologie — représentant une femme et appartenant au musée archéologique de Séville. Avant qu'on rencontre des ouvrages de ce genre v^i II d'une égale valeur, il s'écoulera une centaine d'années au moins.
Le cloître de la cathédrale de Pampelune montre sur une corniche, soutenue par deux rangs de crochets, une Adoration des rois, où la Vierge, assise sous un dais, présente son fils aux Mages s'avançant l'un derrière l'autre. Ces cinq figures, presque de grandeur naturelle, sont l'œuvre d'un artiste français, comme nous l'apprend l'inscription que voici, gravée en lettres gothiques sur la base de la pierre :
« Jaques Perut fit cest estoire. »
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Cliché Lacoste, Madrid.