FIG. 35. — TEODORIC. — STALLES DE LA CATHÉDRALE DE LÉON
cune autre ne pourrait l'égaler et il est arrivé à tenir cette promesse tant soit peu orgueilleuse. En 1453, Lorenzo Mercadente de Bretana dresse, dans la chapelle de Saint-Ermenegilde de ce superbe édifice, le mausolée du cardinal Don Juan de Cervantes, archevêque de la capitale de PAndalousie. Le prélat est représenté en vêtements sacerdotaux, étendu sur la pierre sépulcrale dont les angles sont occupés par quatre anges soutenant son écu, accompagnés d'autres figurines épisodiques. Ce ne sont plus là les personnages maigres, longs et ascétiques des premières et secondes époques gothiques; l'image du gisant aussi bien que les figurines secondaires laissent entrevoir et deviner Papproche de la Renaissance. Elles ont déjà quelque chose de la largeur d'exécution, de Timpersonnàlité et de la souplesse du xvi^ siècle. Ce mausolée n'est pas le seul ouvrage de cet éminent sculpteur que renferme la célèbre cathédrale. On y voit encore de lui, différentes statues en terre cuite curieusement modelées.
Nombreuses sont, à cette époque, les pierres tombales intéressantes. Le musée archéologique de Madrid en renferme deux en albâtre des plus remarquables. L'une est celle de Doha Aldon^a de Mendo:{a. sur laquelle repose sa statue couchée; l'autre, également avec l'effigie étendue de la morte, est celle de Dona Constan:{a de Castilla, petite-fille de Pedro P'; cette dernière est accompagnée de très curieux bas-reliefs.
Dans le monastère de Santas Creus se trouvent enfermés, dans des édicules à arcades ajourées, les tombeaux des deux rois Don Pedro III el Grande et Don Jayme II, surélevés, l'un sur des lions, l'autre sur de
EPOQUK GOTHIQUIt
légères colonnes; à Ségovie, dans le monastère du Parral, auprès de la porte si délicatement ouvragée de la chapelle donnant sur le transept, encastré dans la muraille de droite, le tombeau de Doha Beatri:{ Pacheco montre, dans ses arcatures finement fouillées de la dernière périodeogivale, les naturalistes figurations de trois docteurs de Téglise et, sur le couvercle du sépulcre, la statue en albâtre de la défunte vêtue dMne robe aux plis rigides et droits, étendue la tête reposant sur un coussin, les mains jointes tenant un chapelet.
Voici venir le moment du ■grand essor de la sculpture sur bois. Dans la seconde partie du xv^ siècle, les huchiers castillans construisent ces bancs et ces stalles de cathédrales et de couvents qui demeurent un des principaux titres de gloire de la sculpture espagnole.
En 1457, Matias Bonafe fouille les stalles du chœur de la cathédrale de Barcelone, pour la décoration desquelles, sur Tordre exprès du chapitre, — chose rare, — il n'emploie que des motifs empruntés au règne végé-
1 I i iii Lacoste, Madrid.