CATHÉDRALE DE LÉON
FIG. Jb. — D ;
tal; en 1478, Francisco Gomar de Saragosse taille, en plein chêne apporté des bois de Poblet, la boiserie du chœur de la cathédrale de Tarragone, consistant en pinacles, frontispices, ornements de tous genres et de toutes sortes, d'une extrême originalité, sinon toujours du
goût le plus pur; la même année, Pedro Daran édifie, encore en chêne, le grand retabledeTéglise de Monegro; en 1480, Teodoric taille les splendides boiseries du chœur de la cathédrale de Léon (fig. 35, 36 et 37), reproduisant les principaux personnages de Tancienne et de la nouvelle loi, les archanges Gabriel et saint Michel^ Adam et Eve, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Esaii, Samson, des apôtres, des saints et des saintes; auxquels il ajoute et emmêle une étrange profusion d'ornements, de festons et d'astragales. Il ne laisse pas un seul coin de cette boiserie inoccupé, chaque bras de siège, chaque accoudoir renferme une foule de sujets variés; impossible de rien imaginer de plus riche, d'une fantaisie plus exubérante. C'est une œuvre de toute beauté et abso-
lument hors de pair. Toujours à la même époque, en 1480, Martin Sanchez exécute, dans un style beaucoup plus sobre et avec un ciseau des plus délicats et des plus habiles, les stalles de la chapelle de la fameuse chartreuse de Miraflores, près de Burgos. C^est à peu près à la même date que doivent avoir été taillées celles de la cathédrale de Séville, que signe Nufro Sanchez, grand maître de sculpture du chapitre, auquel succède à sa mort, survenue vers 1480, Dancart, qui achève, dans le même esprit, Tœuvre interrompue. Ces stalles, au nombre de quatre-* vingt-seize, sont décorées d'une foule de statues, de bas-reliefs, de mascarons, de frises, dont rien ne peut donner une idée. Les statues représentent des saints et des prophètes; les bas-reliefs, des scènes de TAncien Testament ou des épisodes de la Vie du Christ; les accoudoirs, des anges, des animaux, des ornementations des plus variées. La stalle de l'archevêque et celles de ses deux assistants renchérissent encore sur les autres par la richesse de leur décoration et par leur faste. Les détails les plus naturalistes n'ont point effrayé ou arrêté Nufro Sanchez et Dancart. Ils ont osé être impitoyablement véridiques en copiant tels quels les inodèles qu^ils ont eus devant les yeux.
Même après ce chef-d'œuvre, d'autres travaux du même genre, sans l'égaler, il est vrai, méritent au moins une mention. Ainsi les stalles du chœur du monastère de Santa Maria la Real de Najera, d'un goût délicat et d'une invention particulière, que sculpta, en 1495, le maestro Andres, avec la collaboration du maestro Ni-
Cliché Lacoste, Madrid.
FIG. 39. — FAÇADE DE l'ÉGLISE DE SAN PABLO DE VALLADOLID.
colas; de style gothique à sa dernière période, leur dé-
FIG. 40. — FAÇADE DE l'ÉGLISE SANTA MARIA d'à R AND A DE DUERO.
coration consiste particulièrement en dessins géome'triques entremêlés de statuettes, de masques et de gro-
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tesques, ces derniers malheureusement bien endommagés. Dans d^autres genres, il est des spécimens de la sculpture, aux approches du xvi° siècle, qu'il faut au moins signaler. Dans la sculpture iconographique : le superbe buste de Ferdinand le Catholique, daté de 1490, qui se trouve dans l'hôtel de ville de Valence; dans la sculpture décorative: d'abord la façade si riche et si fouillée du collège San Gregorio de Valladolid (fig. 38), élevé entre 1488 et 1496 par Macias Carpintero de Medina del Campo, qui se suicida avant son achèvement; celle du couvent San Pablo (fig. 39), de la même ville, construite, en 1468, dans un caractère analogue, et aussi le porche de l'église Sainte - Marie, d'Aranda de Duero (fig. 40), si richement fouillé et portant fièrement récusson des Rois Catholiques.