FI G. 60. — JUAN DE MORLANES? — PORCHE DE L ÉGLISE
SAiNTE-ENGRÀCE. (Saragossc.)
originaire de la province de Biscaye, dont on a parfois confondu les œuvres avec celles de Damian Forment, est lui aussi un artiste de grand mérite. La plupart des
critiques prétendent — quoique certains d^entre eux voient là un ouvrage de Damian Forment — qu^il exécuta sur Tordre de Ferdinand le Catholique, la décoration du porche de Sainte-Engrâce de Saragosse (fig. 60), qui montre de nombreuses statues et statuettes dans Pentre-colonnement du tympan, dans les niches autour de la porte et, entre les deux vantaux, une effigie de la patronne deTéglise posée sur un modillon. Ces sculptures, comme celles de Damian Forment, n'ont rien emprunté au goût italien; elles sont restées purement nationales et naturalistes. Juan de Morlanes mourut avant l'achèvement de ce grand travail dont le second corps, dû à son fils Diego de Morlanes, comprend une statue de la ViergCy TEnfant Jésus dans les bras; les statues agenouillées des Rois Catholiques et un Crucifiement d'un caractère moins archaïque.
L'œuvre de Diego de Morlanes est des plus importantes. Il est également l'auteur du retable de la chapelle de Saint-Bernard de la Seo de Saragosse et des tombeaux qui l'occupent. Sur le retable, il plaça la Vierge et saint Bernard, de grandeur naturelle, et dans les entre-colonnes divers épisodes de la Jeunesse du Christ. Les sarcophages sont ceux à^V archevêque Fernando d'Aragon et de sa mère Ana Gurrea; ils datent de i 552. Celui de Tarchevêque, qui le représente gisant sur sa pierre tombale, est surtout intéressant par les effigies en demirelief de saint Vincent, martyr, et de saint Valère, les délicates figures allégoriques des côtés et leurs charmants détails. Le tombeau de la mère du prélat, conçu dans les mêmes données, est d'une exécution plus sommaire et moins fine.
ÉPOQUE RENAISSANCE
C'est encore à Diego de Morlanes qu'est dû le sarcophage de Coloma, secrétaire de Charles-Quint, placé dans l'église des religieuses Franciscaines de Saragosse.
Revenons à des artistes épris d'italianisme. Voici d'abord Miguel de Ancheta, né à Pampelune vers le milieu du xv^ siècle ; après être allé étudier son art en Italie, dont la conquête de Naples avait ouvert le chemin aux artistes espagnols, comme précédemment les alliances familiales de leurs souverains leur avait enseigné celui des Flandres, il revient ensuite dans sa patrie où il exécute nombre de statues et de basreliefs pour les églises et les couvents des Castilles et de l'Aragon, entre autres un Christ en a^oix (hg. 6i), en bois, pour la basilique de Pampelune, et un saint Georges à cheval^ attaquant le dragon^ en albâtre, de grandeur naturelle, pour la salle de la Députation de Saragosse.
Cliché Lacoste, Madrid.
FIG. 6i.