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MIGUEL DE ANC H ETA. — CHRIST EN CROIX

(Cathédrale de Pampelune.)

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Mais les stalles de la cathédrale de sa ville natale, quMl tailla, en plein bois de chêne d'Angleterre, dans les dernières années du siècle, restent son principal titre à la célébrité. Elles consistent en deux séries de sièges, cinquante-six au rang supérieur, quarante-quatre au rang inférieur, dont les hauts dossiers sont occupés par des personnages en demi-relief de plus d'un mètre de hauteur figurant des patriarches, des saints tels que saint Dominique portant un cierge et suivi d'un chien; de sainte Luce tenant un plat dans lequel se trouvent ses yeux; des confesseurs, des sybilles, des apôtres : la stalle de l'évèque est surmontée d'un Christ ressuscité portant sa croix. Une belle corniche sur laquelle s'entre-choquent, dans un riche pêle-méle, des amours^ des satyres, des griffons, des animaux fantastiques, des cariatides, des dragons ailés, des têtes de bélier, des vases, des cassolettes, complète cette superbe boiserie. Ancheta mourut avant d'avoir donné le dernier coup de ciseau à cette décoration que terminèrent ses disciples. Un peu plus tard, vers 1 53 1 , le maestro Antonio Florez, à la fois architecte et sculpteur, travaille aux deux retables de la chapelle de los Albornoces, de la cathédrale de Cuenca; Guiot de Beogrant en i 533 entreprend le grand retable de la paroisse Santiago de Bilbao; mais la mort l'arrête dans Taccomplissement de sa tâche que son frère achève en i55 i. De i 535 à i 540, Cornielis de Holanda, originaire des Pays-Bas, comme son nom l'indique, taille, en plein noyer, les si remarquables stalles de la cathédrale d'Avila, qui renferme encore, de la même époque, un superbe trascoro, édifié en i 533, dû à la collaboration de Luis Girardo et de Juan de

ÉPOQUE RENAISSANCE

Res. Construit en pierres des environs de Ségovie, dans un style tant soit peu étrange et baroque, il présente d'abord une corniche sur laquelle sont figurés les prophètes et les patriarches; puis, dans une suite de basreliefs de dimensions variées : V Adoration des Rois^ la Présentation au Temple^ le Massacre des Innocents^ la Visitation, la Fuite en Égypte^ Jésus enseignant les Docteurs^ etc.

Nombreux sont les sculpteurs du Nord, d'origine française, flamande, bourguignonne et même néerlandaise qui ont travaillé en Espagne à l'époque de la Renaissance. Il semblerait qu'alors une fièvre de vagabondage contraignît les ymaigiers, comme les peintres d'ailleurs, à parcourir le monde. Les noms de certains d'entre eux, déjà cités, indiquent leur origine; témoin : Luis de Borgona, Bernardino et Juan de Bruxelas. On sait que les Egas étaient venus de Flandre, que le fameux Felipe de Vigarny, l'émule de Berruguete, est né à Langres.

Voici, à inscrire dans cette liste, un autre maître, fort peu connu, qui a enrichi de ses ouvrages deux villes du sud de TAragon, Teruel et Bela, et dont le nom doit être ajouté au livre d'or de l'art français : c'est Gabriel Joly, que les Espagnols désignent sous la dénomination de Gabriel Yoli ou, plus simplement, de Gabriel Frances, Gabriel le Français.

L'assonance de ce nom indique une origine en delà de la Loire et du Rhône. Peut-être Tartiste a-t-il vu le jour dans les provinces avoisinant la Bourgogne, ouïes Flandres tributaires des Castilles? son exode en Espagne s'expliquerait alors facilement. Gabriel Joly

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alla étudier en Italie, comme il était de mode de son temps, à Florence probablement — voyez cet autre Français, Jean de Bologne, qui était d'Arras et resta dans la péninsule italique. — Vint-il de Toscane en Aragon, en passant par la Catalogne? on n^en sait rien. Ce qu'il y a de certain, c^est qu'en i536, il élève le grand retable de la primatiale de Teruel, après avoir déjà dressé celui de la paroisse Saint-Pierre de cette ville. Il devait certainement être arrivé d'Italie, précédé d'une certaine réputation, pour avoir été chargé d^ouvrages aussi importants, si même il n'avait pas été appelé à cette intention.

Le retable de la grande église de Teruel, des plus fastueux et des plus riches, dont la décoration est entièrement cons.acrée aux divers épisodes de la Vie du Christ, montre, dans sa partie centrale, un grand basrelief représentant V Ascension ; il est dominé par une figuration du Crucifiement et, sur ses côtés, s^étagent, dans des niches, trente statues de saints et saintes.

Il est en bois blanc naturel, contrairement à l'habitude répandue dans la péninsule de colorer les sculptures, tout particulièrement les sculptures sur bois, pour éviter sans doute le ton sombre, roux ou bistre de cette matière. Cette enluminure n'était cependant, le plus souvent, que relative et partielle. Les artistes castillans avaient observé que les traits d'une physionomie prennent ou perdent de l'importance en raison de la parure ou du costume qui l'accompagne, et que le caractère d'une hgure dépend en grande partie, non seulement des vêtements, mais aussi de leur couleur, La dorure n'était pas non plus, d'ordinaire, placée

Cliché Lacoste, Madrid.

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