‹ La sculpture espagnoleChapitre 37 sur 82 · CHRIST · texte numérisé non relu

CHRIST

pour le couvent de San José de sa ville épiscopale.

Entre i 556 et i563, en collaboration avec son beaufrère, Inocencio Berruguete, Esteban Jordan élève, comme nous avons déjà vu, le grand retable de Péglise Santa Eulalia de Paredes de Nava, qui passa longtemps pour Poeuvre d'Alonso Berruguete, né dans cette localité; il dresse ensuite les retables du monastère des Hiéronymites du Prado, du couvent de Palazuelos, tous deux dans le voisinage de Valladolid; viennent ensuite les retables, non moins riches, de Péglise Sainte-Marie de Rio Seco, du monastère des Bénédictins de Montserrat.

Juan de Juni cultiva, lui aussi, les trois arts. Sa nationalité est restée longtemps incertaine; Gean Bermudez le croyait italien ; Palomino, flamand ; ce dernier était plus près de la vérité, car des documents récemment découverts prouvent qu'il naquit en Bourgogne, à une date qu'on ne peut fixer qu'approximativement. 11 dut voir le jour aux environs de i 507, puisqu'il mourut à Valladolid, où il fut inhumé dans Péglise des Dominicains, en 1 577, à Pâgedesoixante-dixans. On croit — mais sans savoir trop où ni dans quelles circonstances — que Don Alvarez de Acosta, successivement évêque de Porto, Léon et Osma, l'attacha à son service et qu'il suivit ce prélat dans ses différents sièges. Les premiers ouvrages que l'on puisse avec quelques chances de certitude attribuer en Espagne à Juan de Juni sont les deux célèbres bas-reliefs, malheureusement abîmés, du Crucifiement et de la Descente de Croix, du portail de l'église du monastère de San Marcos de Léon. Vers i537, il modèle pour Péglise des Franciscains de Rio Seco, un saint Jérôme pénitent; en i55i, il entreprend le retable

ÉPOQUE RENAISSANCE igS

de réglise de la Antigua de Valladolid — un des plus considérables de l'époque — achevé seulement dix ans plus tard, en i 56 1 . Nous avons parlé de celui de l'église de la Trinité, à propos d'Inocencio Berruguete. En i556, il construit le grand retable et le retable du trascoro de la cathédrale d'Osma, sur lesquels il place une profusion de statues de saints et de saintes de grand mérite. Sur le second de ces retables se trouve un saint Michel, hors de pair. En iSSy^ il retourna à Rio Seco élever un autel dans l'église paroissiale de Santa Maria Mediavilla; à une date impossible à préciser, il construit le grand retable de l'église du couvent des Dominicains d'Aranda, dans laquelle il exécute le mausolée de son bienfaiteur, Alvare^ de Acosta; il dresse dans le cloître delà cathédrale de Salamanque, le tombeau de Z)ow Gutierre de Castro. En 1 571, Juan deJuni sculpte un superbe médaillon de la Descente de croix et diverses statues, pour l'église primatiale de Ségovie; en i586, un Ensevelissement du Christ, pour la chapelle du couvent des Franciscains de Valladolid. Mais, aujourd'hui, c'est au musée de cette dernière ville qu'il faut aller admirer cet artiste à la manière large et ferme ; malheureusement, ses ouvrages témoignent d'exagérations anatomiques, et d'attitudes violentes si prisées au déclin de la Renaissance. Parmi les meilleures productions de Juan de Juni, que renferme cette précieuse collection provinciale, il convient de signaler un bas-relief du Baptême du Christ^ d'une rare puissance ; un saint Bruno, superbe d'allure ; un saint Antoine, ermite, d^une musculature des mieux étudiées, un second saint Antoine {^g. 82), TEnfant Jésus dans les bras, ctVEnseve-

lissementdii C/zr/^^, du couvent des Franciscains, composé

de figures plus grandes que nature, malheureusement incomplet, dont il reste néanmoins les principaux morceaux: LâVierge soutenue par saint Jean, (tig. 80), saint Joseph d^Arit?îathie(ûg.Si)^ prêt à oindre d^huiles parfumées le Sauveu r, et le Christ au tombeau (fig. 79).

Le corps du divin supplicié, étendu sur un suaire, la tête inclinée vers la droite, un bras replié sur la poitrine, l'autre tombant inerte sur le côté, est inoubliable; il a toute la rigidité cadavérique. De la plaie qu'il porte au flanc

FlG. 82. —.JUAN DE JUKI. — • SAINT ANTOINE.

(Musée provincial de Valladolid.)

EPOQUE RENAISSANCE

s'échappe un sang opaque et figé. La tête, forte et puissante, laisse une impression poignante avec ses yeux tuméfiés, son nez pincé, ses lèvres livides et flasques.

Gre go ri o Fernandez est unedesgloires les plus pures delà sculpture espagnole. Son style puissant se ressent de rétude attentive de la nature et aussi, mais à un moindre degré, de celle des grands maîtres italiens du commencement du

Cliché Lacoste, Madrid.

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