CHAPITRE VIII
Autres sculpteurs de la fin du xvi» et du commencement du XVII* siècle. — Juan Martinez Montanes exécute plusieurs retables, entre autres celui de l'église des Hiéronymites de Santiponce, de nombreuses statues et divers pasos. — Les pasos. — Elèves de Martinez Montanes. — Autres sculpteurs. — Alonso Cano dresse les retables du collège San Alberto et du monastère de Santa Paula à Séville, de l'église de l^ebrija; il sculpte de nombreuses statues. — Pedro de Mena, élève d'Alonso Cano, ses principales productions. — Autres élèves d'Alonso Cano. — Sculpteurs italiens appelés en Espagne par l'architecte Crescenci.
La fin du xvi* siècle et les premières années du XVII® produisirent de nombreux artistes qui, sans être à la hauteur d^Esteban Jordan, de Juan de Juni, de Gregorio Fernandez et de Juan Bautista Monegro, ne doivent pas, pour cela, être passés sous silence. Ce sont, d^abord, Juan Ximenes d'Alsasua, auquel on doit divers retables; Lucas Mitata (1570), Pauteur de deux figures colossales de Bacchus et de Neptune du Palais-Royal, à Madrid, une des premières excursions des artistes espagnols dansPartprofane,etnombred'autresmorceaux du même style; Fr. de San Marti, né à Lucena, dans la province de Valence, en 1574, qui prit Phabit de carme
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déchaussé et semble un élève attardé de Pécole florentine, si on s^en rapporte aux ouvrages qu'on lui attribue, tous exécutés pour le couvent de son ordre à Valence. Parmi ceux-ci, signalons : un important retable orné de bas-reliefs et de statues; un tombeau en marbre et diverses statues de Notre-Dame ; une Vierge du Carmel; une Vierge de V Annonciation, etc. Ignacio Garcia Escucha, né en i58o, dans un pauvre village des Asturies, élève à Tolède, de Fray Juan Sanchez Cotan, qui s'en fut en Amérique, à Santa Fé de Bogota, où il mourut fort apprécié, en 1628. Notons un étrange personnage, Juan de Rebenga, hidalgo plus her de sa naissance que de son talent, né à Saragosse, dans les premières années du xvn^ siècle, qui, installé à Madrid, après un assez long séjour en Italie, à Rome, ou il avait non seulement étudié son art, mais aussi dissipé son patrimoine, ne voulut jamais néanmoins travailler pour de Targent. Aussi, mourut-il, en 1684, à rhôpital, comme un simple plébéien, après avoir sculpté la gracieuse statue de pierre de Notre-Dame, qui surmonte la porte de Péglise des religieuses de l'Ange à Madrid. Juan de Rebenga modela aussi, en cire, de délicates et charmantes figurines. Les Espagnols ont eu d'ailleurs de tout temps le goût et l'attrait de la cire. Dans la plupart des églises de la péninsule, on rencontre, encore aujourd'hui, des groupes composés de nombreux personnages, aux costumes variés et multicolores, des statuettes de saints et de saintes modelées en cette matière moins fragile qu'on ne le croit.
Parmi les meilleurs sculpteurs en cire de cette
ÉPOQUE MODERNE
époque, il faut nommer Martin de Strizo et Juan Bautista, son gendre, dont la réputation fut universelle, au commencement du xvii^ siècle.
Un des plus grands sculpteurs, non seulement de rEspagne,mais du monde entier, est Juan Martinez Monta nés, dont Velazquez a laissé ce superbe portrait qui a passé, jusqu'à ces derniers temps, pour celui d'Alonso Cano. Montâmes, né très probablement à Alcala el Real, quoique Palomino veuille qu'il ait vu le jour à Séville, fut élève de Pablo de Rojas.
Ilselixa, d'abord, à Grenade, où il se fit aussitôt connaître par un Enfant Jésus, daté de 1607, conservé encore aujourd'hui dans le trésor de la cathédrale. A l'occasion des fêtes de la béatification de saint Ignace, célébrées
Cliché Anderson, Rome.