‹ La sculpture espagnoleChapitre 41 sur 82 · MONTAÎÎES. — SAINT BRUNO · texte numérisé non relu

MONTAÎÎES. — SAINT BRUNO

(Musée provincial de Séville.)

en 1601, il fit pour la maison professe des Jésuites la tête, les mains et les pieds de la statue habillée du fondateur de TOrdre. Deux ans après, le monastère des Hiéronymites de Santiponce, l'ancienne Italica des Romains, lui commanda la décoration sculpturale du grand retable de sa chapelle, qui comprend les statues de saint Jérôme pénitent^ àt saint Jean-Baptiste, de saint Jean PEvang-éliste, de saint Isidore, des quatre Vertus théologales, ainsi qu'un Christ en croix, avec deux anges agenouillés à ses côtés, et des bas-reliefs empruntés à la Vie du Christ et à celle de la Vierge. Cette décoration mit le comble à sa renommée; ainsi que le fameux Christ en croix (fig. 88), de grandeur naturelle, qu'il exécuta, en 16 14, pour Don Mateo Vasquez de Leca, chanoine de Séville, qui en fit don à la chartreuse de Santa Maria de las Guevas, à la condition, aujourd'hui transgressée, puisqu'il se trouve à la cathédrale de Séville, qu'il ne fût jamais retiré de ce monastère.

Pour ce même couvent, Montahes sculpta encore, en 16 17 et 1618, une Vierge avec l'Enfant Jésus dans les bras, un saint Jean-Baptiste qx, qï\ 1620, un saint Bruno (fig. 86). Plus tard, il modela pour le couvent de Porta- Gœli, situé hors des murs de Séville, un saint Dominique de Gu^man pénitent (fig. 87), d'un superbe caractère.

On voit du maître, à Séville : dans la cathédrale, en plus du Christ de las Guevas, une Notre-Dame de la Conception et un saint Ermenegilde; dans l'église de l'Université, les statues des apôtres Pierre et Paul; dans l'église Saint-Bernard, un Christ; dans l'église San Lorenzo, une statue du patron de la paroisse et divers médaillons dans Péglise San Salvador; dans Téglise des Saintes-

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ustine et Ruiine, quatre statues, dont celles des pa-

dans la chapelle de Sainte-Inez, les statues de la Vierge, de sainte Claire et de sainte Ine^.

L'église de Vergara, dans le pays basque, renferme un merveilleux Christ agonisant^ de Montanes. Il est aussi Tauteur de divers pasos et statues habillées. Le Paso, production spéciale de la sculpture espagnole, consiste en une suite de statues représentant les principaux personnages de la Passion, réunis en groupe et figurant, dans toute la péninsule, aux processions de la Semaine sainte. Il n'est pas de chapelle, pas d'église paroissiale et à plus forte raison pas de cathédrale qui n'ait le sien. Les plus célèbres artistes, témoin Montanes, et avant lui, Esteban Jordan, Juan de Juni, Gregorio Fernandez, Juan Bautista Monegro et leurs élèves, ne dédaignèrent pas de travailler à ces sortes de monuments. Le Paso del Gran Poder de Montanes, de la cathédrale, et son Jésus^ du couvent de la Merced Calzada, se disputaient les suffrages des habitants de Séville, excitant un enthousiasme indescriptible lorsqu'on les promenait par les rues.

De tout temps, en Espagne, même encore de nos jours, il fut de mode de vêtir les statues. Déjà, quelques années plus tôt, Gregorio Fernandez habillait les siennes de vêtements en étoffes véritables, qu'il recouvrait ensuite d'un enduit spécial pour leur donner de la consistance, procédé du reste en usage en Italie, auxv" siècle, comme le prouvent certaines statues que l'on peut voir encore aujourd'hui dans le Baptistère de Florence. Dans la péninsule ibérique, très longtemps, les plus célèbres statuaires, surtout à partir du règne de Philippe III, taillèrent à Tenvi dans le bois de ces sortes de figures

Cliché Anderson, Rome.

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