FIG. 6. — BUSTE DE FEMME TROUVÉ A ELCHE
(Musée du Louvre.)
taine d'années; mais tout ici n'est que doute et incertitude.
Ce qui semble à peu près prouvé, c^est que l'art ibérique primitit témoigne d'attaches franchement orien-
i6 LA SCULPTURE ESPAGNOLE
taies, gréco-syriennes même; il n'est devenu latin qu'à répoque de la conquête romaine; nous n'avons plus alors à nous en occuper.
En Espagne, comme partout ailleurs en Europe, pendant toute la durée du moyen âge, la sculpture demeure intimement unie à l'architecture. D'abord de style gallo-romain, quelque peu transformée par des adjonctions d'origine byzantine et même copte, importées par les manuscrits, les ivoires et les tentures, — car c'est par ces petits objets bien plus que par de grands monument-s que les arts de Pantiquité se lient à ceux des temps modernes — elle reste presque exclusivement ornementale jusqu'au xi* siècle. Le chapiteau qui est le principal, pour ne pas dire l'unique motif décoratif des époques barbares, d'abord purement gréco-latin, simple dégénérescence du chapiteau corinthien, s'élargit vite pour se rapprocher de la corbeille évasée des Byzantins; peu après, il emprunte les ornements à entrelacs des peuplades Scandinaves. Aux approches du xii' siècle, l'aurore d'un état de choses nouveau se fait pressentir. La convention, qui maintient l'ornementation dans une sorte de type consacré, va bientôt faire place à un affranchissement, d'abord timide, qui commencera par l'étude sincère de la flore et du décor, en dehors des règles conventionnelles, puis s'élèvera par l'observation et l'interprétation de la figure humaine jusqu'à la création de ces merveilleuses statues que le xiii' et le xiv" siècles feront surgir de tous côtés à la fois.
Chose étonnante, l'art arabe, purement ornemental,