ÉPOQUE ROMANE
composé exclusivement d'arabesques et d'entrelacs, qui subordonne constamment le détail à Tensemble, a fort peu influencé Tart espagnol; on reconnaît tout au plus son caractère dans quelques motifs décoratifs assez clairsemés et dans certains coffrets délicatement ciselés, véritables pièces d'orfèvrerie, dont les cathédrales de Léon, Palencia, Pampelune, Saragosse, etc., possèdent de curieux spécimens.
Les plus anciens monuments de la sculpture du moyen âge en Espagne, que Ton pourrait à plus juste titre restituer à Part latin, dans ses dernières dégénérescences, sont deux sarcophages en marbre du iV- siècle, décorés de bas-reliefs, conservés au musée archéologique de Madrid. Les sujets représentés sur le premier, découvert à Astorga, sont : La Résurrection de La^are^ Le Reniement de saint Pierre^ La Chute d'Adam^ La Multiplication des Pains, Moïse au mont Horeb et Le Sacrifice d'Abraham; sur le second, provenant des environs de Talavera, on voit Jésus-Christ entouré de ses apôtres. Viennent ensuite les fragments de bronze des tombeaux trouvés dans Téglise de Banos et ceux de la même époque, en pierre, découverts en Estramadure, recueillis également par le musée archéologique de Madrid.
On trouve aussi dans cette collection, de nombreux chapiteaux très sauvages et très primitifs du ix*' au xii^ siècle, provenant d'églises détruites de Tolède, Saragosse, Garthagène, Poblet, Cordoue, etc. A Saint-Isidore de Léon, on conserve un curieux fragment de baptistère, en pierre, décoré de bas-reliefs de style romanobyzantin, portant une inscription tronquée dux*' siècle.
Puis, il faut revenir au musée archéologique de Madrid, où se voit le grand Christ d'ivoire qui faisait jadis partie du trésor de la cathédrale de Léon. Il date de la première moitié du xi'' siècle, comme le prouvent les noms de Ferdinand proclamé roi de Léon le 22 juin loSj et celui de sa femme doha Sancha, inscrits à une de ses extrémités. C^est un très curieux ouvrage de style byzantin dont la figure principale, le Crucifié, de conception et d'exécution des plus barbares, jure étrangement avec les détails qui raccompagnent, consistant en personnages bizarres et disloqués, en animaux fantastiques, en oiseaux fabuleux fouillés avec une délicatesse exquise. Lë revers montre la licorne, Taigle, Pange des évangélistes et d'autres figurations emblématiques. A côté de ce crucifix, il convient de citer un coffret provenant également de la cathédrale de Léon, merveilleusement entaillé dans le même goût.
Dans Pantique sanctuaire de Ujue en Navarre, on vénère une Vierge, de style romano-byzantin des plus frustes, TEnfant Jésus sur les genoux, bénissant d'une main, et de Tautre tenant un livre appuyé contre sa poitrine.
De la même époque datent un autre crucifix encore plus sauvage appelé le Christ des batailles, conservé dans une vieille église de Léon, que le Cid montrait à ses guerriers au moment du combat, ainsi qu'une Vierge tenant l'Enfant Jésus dans les bras, très intéressant travail byzantin gâté par les couronnes de proportions démesurées que la mère de Dieu et son fils portent sur la tête.
Les figures des saints de la coupole de la cathédrale