ÉPOQUE ROMANE I
vieille de Salamanque et les motifs des chapiteaux des colonnes de ce vénérable édifice datent aussi de ces temps reculés.
Les deux premiers sculpteurs que Thistoire mentionne, au moyen âge, en Espagne, sont Aparicio et Rodolfo qui vivaient dans les Castilles au commencement du XI' siècle. Le roi Don Sanche, qui réunissait sur sa tête la triple couronne de Navarre, d^Aragon et de Castille, les chargea en io33 de construire la châsse de San Mil/an, du monastère de San Yuste. Cet antique monument en bois, orné de pierres précieuses et de cabochons de cristal, est divisé en vingtdeux compartiments dans lesquels sont représentés, taillés dans Pivoire ou gravés sur des feuilles d'or, des épisodes de la vie des saints, ainsi que les effigies des donateurs et de divers autres personnages. Comme les Christs de Léon, la châsse de San Millan témoigne d'un art demi-barbare, se ressentant d'une influence byzantine, ce qui n'a rien que de fort compréhensible, car les rois goths appelaient ordinairement des bords du Bosphore les artisans dont ils avaient besoin pour orner et décorer les sanctuaires élevés par eux. D'ailleurs, pendant toute la première moitié du moyen âge, il est bien difficile de distinguer, d'une façon absolue, la nationalité des morceaux de sculpture qui se trouvent dans la péninsule ibérique. Ils dérivent, comme ceux de toute la sculpture européenne, de trois principes : un principe romain, importé par les légions lors de la conquête latine; un principe oriental venu des Byzantins et aussi des Arabes qui avaient emprunté à ceux-ci une bonne partie de leur art, et un principe
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septentrional apporté par les conquérants barbares tels que les Suèves, les Wisigoths et les Scandinaves. Après la châsse de San Millan, les plus anciennes . - î ir -^^ \îf M."*"- ^,'...;/t sculptures connues sont
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celles des vieilles églises asturiennes de Santa Maria de Naranjo et de San A4iguel de Lino élevées dans les montagnes dominant Oviedo ; elles passent pour dater du ix' siècle, mais ne remontent certainement pas au delà du xi°. Santa Maria de Naranjo montre des colonnettes composées de quatre torsades réunies dont le chapiteau cubique, de forme rectangulaire, est orné de sculptures en méplats; les retombées des arcs, destinés à renforcer la résistance du plafond, sont décorées de disques ornementés dans lesquels entrent parfois des scènes à personnages. San Miguel de Lino, distant de trois cents mètres seulement de Santa Maria de Naranjo, offre une décoration analogue de torsades, d'entrelacs, de rosaces, de disques et de personnages (fig. 7); les bases de ses colonnes figurent des
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(lùivirons d'Oviedo.)