‹ La sculpture florentineChapitre 18 sur 65 · GIOVANNI DELL A ROBBIA · texte numérisé non relu

GIOVANNI DELL A ROBBIA

^E respect des traditions du xv= siècle, que nous avons signalé dans les œuvres des maîtres précédents, fut surtout remarquable dans celles de Giovanni délia Robbia, dont l'atelier conserva si fidèlement l'esprit religieux et les formes de l'art du Quatrocento pendant tout le premier quart du xvi" siècle. Giovanni était maintenu dans cette tradition par l'exemple de son père qui, dans sa verte vieillesse, resta jusqu'en i 525 l'âme de cet art religieux qui a rempli de chefs-d'œuvre tant de couvents de la Toscane.

Andréa délia Robbia avait eu sept enfants: deux, Antonio et Francesco, ne nous sont connus que par leurs noms; deux autres, Marco et Paolo, revêtirent l'habit des Dominicains, et l'un d'eux, en religion fra Ambrogio, a fait quelques œuvres de sculpture; on possède de lui une Nativité du Christ, datée de 1504, au Couvent de Santo Spirïto. '•) Un autre fils d'Andréa, Luca, travailla à Rome et fit, sur l'ordre de Raphaël, les pavages en terre-cuite des Loges du Vatican et de nombreuses œuvres de même nature. Gïrolamo a passé toute sa vie en France, où il fit d'importants travaux de sculpture et d'architecture. Je renvoie le lecteur, pour l'étude des œuvres de ces artistes et, notamment pour celles de Girolamo, à l'ouvrage de MM. Cavallucci et Molinier.

Je ne parlerai ici que des œuvres de Giovanni, qui fut, à Florence, le dernier représentant de l'art des Délia Robbia.

Mais auparavant il est une question que nous devons nous poser: c'est celle de savoir s'il y eut à Florence d'autres ateliers que celui des Délia Robbia ayant produit des terres-cuites émaillées.

(l) Voir inT ces detiK fils d'Aadrea l'arlidc de M. le comte Gnoli daag X Archivio slorico delPArte. l

Giovanni deïla Robbiù

Nous connaissons un artiste, Benedetto Buglioni, né en 1461, qui a possédé le secret de l'émail et qui a fait un certain nombre de travaux, dont un nous a été conservé: c'est le Tympan de la Badia de Florence, œuvre qui a beaucoup de rapports avec le Tympan de Pistoie d'Andréa délia Robbia, et qui prouve que

Tympntt dt la BaJia di Flarmc, far BtHidcllo Bufiioni

Benedetto Buglioni était un élève

ou, tout au moins, un imitateur de ce maître. Mais il ne semble pas que Benedetto Buglioni ait réussi à créer une école, car le seul élève que nous lui connaissons, Santi Buglioni, est entré dans l'atelier de Giovanni délia Robbia et a travaillé sous sa direction.

Je ne pense pas qu'il ait existé ;\ Florence, au xv siècle, un autre atelier que celui de Benedetto Buglioni; car, parmi le grand nombre des terres émaillées qui nous sont parvenues, il est impossible de déterminer un groupe d'œuvres de valeur qui puisse faire supposer une direction différente de celle des Délia Robbia.

Presque toutes les terres émaillées que l'on ne peut pas rattacher à l'art d'Andréa ou de Giovanni sont des œuvres assez secondaires. S'il y eut des ateliers à côté de celui des Délia Robbia, on peut dire, dans tous les cas, qu'ils n'ont rien inventé, et qu'ils n'ont fait que reproduire, en les défigurant, les modèles créés par les Délia Robbia. ^

Sans être un aussi grand maître que Luca et Andréa, Giovanni fut néanmoins un artiste de valeur, digne d'occuper

Lavafo dt S.U Uarû HoKvtlIi, à Florntt ° '

une place aux côtés mêmes d'Andréa Sansovino et de Rustici, avec lesquels nous savons du reste qu'il a collaboré. Si les critiques hésitent à parler ainsi, c'est parce qu'il faut aller chercher les plus belles œuvres de Gio-

Giovanni délia Rohhia

vanni dans de petites cités de la Toscane ou de l'Ombrie, à Barga, à la Verna, à Arezzo ou à Bibbiena ; c'est surtout parce qu'on ne les sépare pas suffisamment de celles de ses vulgaires successeurs. Le Bargello où l'on voit un grand nombre d'œuvres médiocres faussement attribuées à Giovanni ou à son atelier, contribue à entretenir cette fâcheuse confusion.

Pour juger Giovanni il faut donc distinguer avec soin ses œuvres de celles de ses imitateurs. Or si nous le jugeons, soit d'après les œuvres de sa première manière inspirées du style d'Andréa, telles que le Lavabo de S.'" Marie Nouvelle, soit d'après les œuvres plus personnelles de sa seconde manière, telles que la Nativité de la Verna, l'Assomption de Barga et la Madone d' Arezzo, nous reconnaîtrons qu'il était un artiste d'une réelle valeur, digne encore de porter le nom si illustre des Délia Robbia.

Relativement aux idées exprimées, Giovanni n'apporte aucune modification à l'art de son père. Comme lui, il est tout entier et exclusivement au service de l'art religieux. Dans quelques unes de ses œuvres, par exemple dans les bustes de la Certosa, suivant en cela le mouvement de l'art florentin, Giovanni imite quelques formes de la statuaire

Giovanni délia RMia

romaine, mais il ne le fait qu'avec la plus grande timidité et la plus grande réserve: ces emprunts ne vont jamais jusqu'à modifier le fond de sa pensée, qui reste toujours profondément chrétienne.

Comme point de départ pour connaître le style de Giovanni, nous avons les oeuvres suivantes dont la date est certaine :

- Lavabo de S." Marie Nouvelle.

- Retable de San Medardo in Arcevia.

- Autel du Camposanto de Pise.

- Pietà, du Bargello, provenant de l'église de l'Annonciation.

- Nativité, du Bai^ello.

- Médaillons de Samts, de la Certosa.

La découverte du document, nous faisant savoir que Giovanni fut l'auteur du Lavabo de S." Marie Nouvelle, est un fait très important pour la détermination du style de ce maître. Elle nous montre que Giovanni fut de bonne heure un artiste habile et qu'il commença par imiter très fidèlement le style de son père. D'autre part, la date du Retable de San Medardo in Arcevia, connue depuis peu de temps,!'' nous prouve que, dès 15 13, Giovanni s'était créé un style personnel ; et, en prenant comme terme de comparaison ce Retable, ainsi que les œuvres certaines de Pïse et du Bargello, nous pourrons parvenir à distinguer, au milieu des innombrables terres-cuites de la Toscane, celles qui sont l'oeuvre de ce maître.

Le Lavabo de S." Marie Nouvelle, fait en 1497, est une œuvre assez belle pour qu'on ait pu l'at-

(\) NuBvi âocumenti aiWaltare robbiano ntlla Chieta di San Aftdarde in Arcevia, pir M. Anselmo AsSBun [Arehivio a dell'ÂrU, iSSS, pag. 359).

Giovanni délia Robbia 51

tribuer à Andréa, jusqu'au jour où un document nous a appris que l'œuvre était de Giovanni. Il est vrai qu'on ne se trompait pas beaucoup en songeant à Andréa, car le Lavabo de Giovanni n'est qu'une imitation des œuvres de son père. La Vierge entre deux Anges, qui décore le tympan, est une réplique de la Madone de l'Œuvre du Dôme et de la Vierge entre deux Saints de l'Académie des Beaux- Arts; et l'architecture même du Lavabo, avec ses arabesques, est la copie des Retables d'Andréa. Giovanni ne fait pas ici de grands efforts d'imagination. Le seul caractère particulier le distinguant de son père dans cette œuvre est la surcharge de l'ornementation, qui se manifeste par la lourde guirlande qui entoure le tympan et retombe sur les côtés du Lavabo.

Ce goût pour la complication, pour la richesse, pour le luxe des ornements, sera un des caractères persistants de l'art de Giovanni. Nous le retrouverons dans l'autel de S. Médard, de 1513, et dans les dernières œuvres de sa vie.

L'emploi de la guirlande entourant le tympan n'était pas une invention de Giovanni. Ce maître, avant de devenir un créateur, a „ ^ c. •

Madone et Saints, di Gal/fcmio

beaucoup regardé autour de lui ;

il ne se contente pas d'imiter son père, il fait de nombreux emprunts aux plus illustres artistes de son époque. Ce motif d'une guirlande soutenue par de petits enfants est emprunté au tombeau Marsuppini de Desiderio da Settignano. Andréa était un trop grand maître pour consentir à imiter l'art de ses contemporains et il reste toujours fidèle aux formes qu'il invente lui-même. Giovanni, moins personnel, se fait une manière en adoptant et en fusionnant les idées à la mode; et ici il accueillait un des motifs les plus heureux du xv siècle, un de ceux qui avaient rencontré le plus grand succès à Florence.

Giovanni délia Robbia

/ugemtnt dernier, dt Volltrrt

nacle, deux 6giires d'Anges écartant des rideaux sont assez belles pour qu'on ait pu parfois attribuer ce Tabernacle à Andréa. On notera le stj'le très avancé des arabesques.

On remarquera les formes des enfants soutenant les guirlandes, qui sont plus grosses que dans les œuvres d'Andréa, et qui nous indiquent tendance de Giovanni à ren( cer aux formes délicates fai Hères à son père.

Un dernier trait à noi est le développement du tymp; qui, surtout par lefaitdesalar guirlande, prend plus d'impi tance qu'il n'en avait ordinai ment dans les œuvres d'Andn

Par analogie avec le I vabo de S.^" Marie Nouvelle, raison de la grande dimensi du tympan, de l'épaisse guirl; de qui l'entoure, des formes ti lourdes des enfants qui souti»

nent cette guirlande, je crois pc voir attribuer à Giovanni le à bernacîe de V église des SS. ApSti à Florence. Aux côtés duTabi

S'il y a des doutes pour l'attribution du Tabernacle des SS. Apôtres à Giovanni, je pense qu'il ne saurait y en avoir pour l'attribution à ce maître du Tabernacle de Bolsène. Giovanni, qui, dans le Lavabo de S.'" Marie Nouvelle, avait emprunté à Desiderio le motif de son encadrement de guirlandes, montre ici quelle profonde impression ce maître avait exercée sur lui et il copie, presque trait pour trait, le Taber-

S. François inslituanl le l^ers Or^t, Je Vo

Giovanni délia Robbia

nacle de Desiderio à San Lorenzo, ndtamment le joli motif du tympan représentant l'enfant Jésus debout, les pieds posés sur le calice de l'Eucharistie.

Aux côtés du Tabernacle, deux figures d'Anges tenant des candélabres sont tout à fait différentes des figures d'Andréa et nous montrent le style de Giovanni se manifestant sous une forme originale.

Mais, là surtout où il affirme sa personnalité, oii il s'éloigne complètement du style de son père, c'est dans les jolis bas-reliefs de la prédelle, représentant trois scènes de la vie de S." Christine: scènes bien ordonnées, d'une vive allure et spécialement intéressantes par ce fait que tous les personnages sont nus ou vêtus d'armures collantes.

On dit que les bas-reliefs de Bolsène ont été exécutés aux frais du cardinal Jean de Médicis, plus tard pape sous le nom de Léon X, quand il résidait à Bolsène en qualité de légat du Saint- Siège. Comme, dans aucune autre ' œuvre de l'école des Délia Robbia, nous ne retrouverons une telle recherche de l'étude des formes nues, on pourrait voir là une action spéciale exercée par le cardinal Jean de Médicis. Giovanni, en adoptant ce style, a voulu plaire aux Médicis qui, dans les arts plastiques, furent les véritables promoteurs du style de la Renaissance. Lmaho d. rigutt &» nuqH ja ■niumine, a Prato

Avant d'aller plus loin, avant d'étudier les œuvres qui appartiennent à la seconde manière de Giovanni, et qui constituent un style personnel, il faut parler de quelques travaux de caractère mal déterminé, que nous aurions pu classer dans les dernières années de la vie d'Andréa, mais qui doivent plutôt être attribués à son fils ou à ses élèves.

La Vierge de Gallicano, par exemple, qui est une belle œuvre, assez différente des Vierges d'Andréa, représente un style moins pur et déjà plus avancé. Ces figures si par-

54 Giovanni délia Robhia

ticulièrement allongées, ces plis durs dessinant mal les formes, cet enfant à la pose tourmentée, ces saints qui ressemblent à des bellâtres, ce n'est plus l'art d'Andréa, et il suffit de comparer la partie principale du Retable avec les figures du tympan et de la prédelle, qui sont copiées sur des œuvres de ce maître, pour comprendre la différence des deux styles. Il est possible que cette Vierge soit l'œuvre de Giovanni, mais on doit reconnaître que c'est une des œuvres dans lesquelles on retrouve le moins les formes familières à l'école des Délia Robbia.

Dans le Jugement dernier de Volterre, daté de 1505, la figure de l'Archange S. Michel est digne d'Andréa, mais le style des Anges qui entourent le

Christ ne rappelle plus du tout le style de ce maître et rend plus vraisemblable l'attribution à Giovanni. On remarquera le rapport qui existe entre la figure nue agenouillée devant l'Archange S. Michel et les fig'ures d'infirmes de deux des médaillons de la Loggia San Paolo, que nous avons précédemment proposé d'attribuer à Giovanni.*')

Comme œuvre très voisine du style d'Andréa, je cite encore le S. François insiiiuanl le Tiers Ofdre, de Volterre. C'est une des œuvres où l'on pourrait avec le plus de vraisemblance supposer une collaboration du père avec le fils; le,père ayant modelé l'admirable figure de S. François, et le fils, les figures lourdes et mal drapées des deux Saints placés à ses côtés.

Le Couronnement de la Vierge qui décore le tympan de l'église

La NaiiviU, dt la Vtna ^ . ■ ^ ^,

Ognissanti a Horence présente encore dans tous ses éléments essentiels le style d'Andréa; mais l'exécution est de qualité secondaire. Les figures d'Anges sont trop courtes, les figures de la Vierge et du Christ

(i) Voir le troisième voltune de U Sculpture FleraUint, page 180.

Giovanni délia Robbia 55

manquent de finesse et les draperies sont imparfaitement étudiées. On remarquera que le groupe du Couronnement de la Vierge a été reproduit trait pour trait dans le Tympan de la porte de l'Hôpital du Ceppo, à Pistoïe.

Le joli Lavabo de l'église San Nicole da Tolentino, à Prato, est daté de 1520. M. Giulio Carotti, dans un article qui prouve une étude très attentive des travaux des Délia Robbia, Cl pense que l'œuvre n'est pas de Giovanni, mais d'un jeune artiste qui ressemblait plus à Andréa qu'à Giovanni, et il propose d'attribuer aussi à cet artiste inconnu le Tabernacle de l'église des SS. Apôtres à Florence. La discussion de M. Giulio Carotti est très intéressante, mais je persiste toutefi^is à reconnaître dans le Lavabo de Prato, sinon la main de Giovanni, du moins les traits caractéristiques de sa manière.

Je les reconnais dans les arabesques des pilastres, semblables à celles des Fonts baptismaux de Cerreto Guidi, dans la lourde guirlande qui entoure le tympan et retombe jusqu'à terre, dans les plis trop sommairement traités des Anges adorant , », , -.^ , ^. . ,.^ ,

° La NatrviU, <fi Cillé ii CatUllo

l'enfant Jésus, surtout dans les

formes grosses des enfants nus qui surmontent le tympan ou soutiennent la fontaine du Lavabo. Il est vrai que la Vierge ne rappelle pas le type ordinaire des Vierges de Giovanni, mais cela ne doit pas nous surprendre, étant donné que Giovanni n'a pas craint d'imiter fréquemment le style de ses contemporains.

Après avoir réuni les œuvres de caractère incertain par lesquelles Giovanni se rattache soit à l'art de son père, soit à l'art de Desiderio, nous allons étudier une série

(I) Arehivio tloriee dtlPArte, 1891, pip IIJ.

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d'œuvres, que l'on peut considérer comme représentant une seconde manière et dans lesquelles il s'affirme avec une véritable personnalité.

Giovanni n'a pas la pureté de style de son père et il ne s'est pas préoccupé au même degré que lui de la beauté des lignes ; mais il se montre son disciple fidèle par ses recherches expressives. Plus qu'Andréa encore il anime et complique la composition, se

passionnant pour la richesse et le brillant du décor. Il était dans la destinée de l'art des Délia Robbia de se rapprocher de plus en plus de la manière des peintres. Giovanni trouvait le procédé de l'émail trop lent et trop insuffisant; et il le supprima souvent pour colorer directement la terre cuite. Ainsi il pouvait nuancer avec plus de finesse le coloris des mains et du visage, donner plus de force aux colorations des vêtements et reproduire avec plus de détails les fonds de paysage.

Mais il n'est pas démontré que ses efforts aient été suivis d'une réussite complète. Nous restons hésitants devant de telles tentatives, et sî l'art de Luca et d'Andréa, dans son extrême simplicité, s'impose à nous avec

La Naliviîé, it BibbUna

toute l'autorité des véritables chefs-d'œuvre, il nous semble que Giovanni, dans ses recherches trop compliquées, ait réellement demandé à la sculpture plus qu'elle ne pouvait donner et qu'il ait, par la prédominance accordée aux colorations, trop sacrifié cette puissance de la ligne qui doit toujours rester l'essence même de toute œuvre sculptée. Remarquons toutefois qu'en peignant ses sculptures Giovanni ne faisait que reprendre cet emploi de la polychromie qui avait eu tant de succès pendant tout le cours du Moyen-âge.

Les œuvres de Giovanni dont nous allons parler ont été faites de 1510 à 1527. Nous n'essaierons pas d'établir entre elles une classification chronologique. Ce serait une étude difficile à faire et ne présentant qu'un faible intérêt. Nous adopterons pour parler de ces œuvres la division par ordre de sujets.

Giovanni délia Robbia

La Nativité. - Il semble que le motif de la Nativité ait été le motif favori de Giovanni. Il n'a fait aucune œuvre qui soit plus belle que les Nativités de Barga, de la Verna, ou de Città di Castello.

La Nativité de l'église des Capucins de Barga est le point culminant de l'art de Giovanni. A ce moment, il est moins hâtif que dans les œuvres postérieures à 1520, il est plus voisin de l'art de son père et conserve encore intacte toute l'ardeur de sa foi chrétienne. L'œuvre est

exquise de sentiment;

la Vierge se penchant

vers l'enfant Jésus est

une admirable figure

exprimzmt toutes les

. . , ,, L'AsSomptipn, et Barga

joies de 1 amour maternel. Les Saints qui entourent la Crèche, S.Jérôme et S. Franco! s, sont d'un sentiment moins ascétique que dans les œuvres d'Andréa, de formes moins décharnées, et, comme la Vierge et Saint Joseph, portent sur leurs visages l'expression du plus tendre amour. Le sommet de la composition est orné de têtes de Chérubins et de figures d'Anges, disposées avec une véritable entente du sen-

U Assomption, dt Pin

timent décoratif.(')

La Nativité de la Verna, aussi fine d'exécution que celle de Barga, la rappelle dans ses traits, essentiels et n'en diffère que par le groupe des Anges chantant dans le ciel.*^*

Dans V Adoration des bergers de Città di Castello la disposition du motif principal est sensiblement la même; mais les figures des Saints sont remplacées par des bergers, et le fond de la composition, au lieu d'être uni, re-

° La Déposition de la Croix

présente des mouvements de collines, au travers desquel- a Bnrg.uo

(i) Four 1m priacipalei œnvret de Giovanni je donnerai quelques indicationi sur la manière dont elles sont colorées. Dans la Natnriti de Barga la Vierge a une robe porphyre, an manteau bleu à revers jaunes et an voile blanc ; S. Joseph a une robe bleue, et an mantean jauoe à revert v«1s. Le S. François est en vert pâle et le S. Jérfime en gris bleo-

(1) Les priadpales couleurs employées sont le bleu, le bleu cendré, te gris vert et le janne. On remarque une grande variété dans les dieveai qni sont blonds, blancs, bmns on noirs.

58 Giovanni délia Robbia

les cheminent des bergers avec leurs troupeaux. - L'œuvre est d'aussi belle qualité que la Nativité de Barga.

La Nativité de Bibbiena a beaucoup de rapports, par la disposition générale, avec la A'ativité de Città di Castello, mais elle est d'une époque plus tardive. Giovanni connaissait les œuvres de Raphaël, à qui il a emprunté la figure de S.Joseph.

Une NaUvitéàu Bargello présente cette intéressante particularité qu'elle est datée de

1521. Elle est très loin d'égaler VAnnondatio.., * /. c«. scr^: ^ «».,.«

en beauté les œuvres précédentes et elle nous prouve que, vers 1 5 2 1 , l'atelier de Giovanni

livrait des œuvres bien secondaires.

Cette œuvre, signée et datée, étant placée au Musée National de Florence, sert le plus souvent de base aux jugements que l'on porte sur le style de Giovanni et peut justifier la trop grande sévérité de certains critiques.

L,' Adoration des bergers de l'église S." Claire de Monte Sansavino, qui rappelle V Adoration des ' bergers de Città dï Czistello, n'est pas d'une qualité supérieure à la Nativité du Bargello.

' A un degré inférieur encore

sont la Nativité de S.'" Marie délie Grazie, dans le Casentino, la Nativité de Poppi et une Nativité du Bargello. Dans ces deux dernières œuvres, qui sont une réplique l'une

FaïUt BaftiêmaMX di Cirrilo Guidi

de l'autre, on voit dans le sommet une ronde d*Anges, copiée sur le retable d'Antonio Rossellino, à Naples. Ce sont là des œuvres grossières et tardives, dans lesquelles, sans doute, Giovanni n'a pas eu la moindre part.

Giovanni délia Robbia 59

L'Assomption. - U Assomption de l'église des Capucins de Barga est d'une beauté égale à la Naiivité de la même église. Ce sont les chefs-d'œuvre du maître. Le motif de Giovanni est traité dans la forme même adoptée par Andréa dans la Madone de la Cintola, de la Verna. La comparaison des deux œuvres montrera les différences qui existent entre le style de Giovanni et celui d'Andréa, Si Giovanni est très inférieur à Andréa dans le style des figures et, notamment, dans les figures de Saints agenouillés autour du tombeau de la Vierge, il montre plus de richesse d'invention dans le groupe des Anges et dans la disposition de la prédelle, qui est tout à fait exquise. On admirera l'expression de bonheur que Giovanni a si bien su rendre dans le visage de la Vierge. <■)

Il existe à Barga, dans l'église des Religieuses, une autre Assomption qui, sans avoir la même valeur que celle des Capucins, doit être considérée comme une œuvre de Giovanni. Une répétition partielle de cette œuvre est à l'église de S." Marie à Casavecchia de S. Casciano.***

C'est le motif de X Assomption que représente le Retable du Camposanto de Pise, œuvre certaine de Giovanni, datée de l'année 1 520. La belle disposition de la Vierge dans

Madone entourée de Saints, d'Armo

le ciel, entourée par les Anges et la

Cour céleste, les nobles et majestueuses figures des Saints placés à ses pieds, nous rappellent les grands Retables des peintres de la fin du xv siècle, des Pérugin et des Botticelli. "SJ Assomption de l'Hôpital del Ceppo, à Pistoîe, présente de grandes analogies avec V Assomption de Pise et c'est un argument non négligeable pour justifier l'attribution à Giovanni des sculptures de cet Hôpital.

(\) Colorstions. La Vierge a une robe porphyre et un Tnanleau blanc. S. Thomas * une robe verte et un manleau porphyre; l'Eviqne, an« robe gris vert et an mantean bleu p£le. Les Angea sont colorés en blinc, en janne, en vert et en porphyre. (1) Pbol(«r(pbie Alinari, nam, 10087.

6o Giovanni délia Robbia

DÉPOSITION DE ijv Croix. - La Déposition de la Croix du Bargello est une des meilleures œuvres de Giovanni qui existent à ce Musée. C'est déjà toutefois un œuvre tardive : les deux Anges, qui volent dans le ciel et qui rappellent les Anges de Verrocchio, ne valent pas les Anges créés par Giovanni en imitation de ceux d'Andréa, notamment les

Anges de la Nativité et de V Assomption de Barga. On remarquera la grande importance prise par le paysage où, dans le lointain, est représentée, non plus en émail, mais simplement en peinture, toute une foule de petits personnages. La beauté de cette œuvre consiste surtout dans les figures expressives de la Vierge, de la Madeleine et de S. Jean.

La Déposition de la Croix de Bibbiena est une œuvre composée tardivement avec des éléments qui sont tous empruntés à l'art d'Andréa.

Il y a deux Dépositions de la Croix à la Verna. L'une qui dans la Chapelle de S.'"^ Marie des Anges fait pendant à la Nativité est une belle œuvre de Giovanni, l'autre qui est placée sous le porti- Amui d. s. Midxri, in Arttv.« quc cst Une œuvre de son atelier.

L'Annonciation. - La plus belle Annonciation que l'on puisse attribuer à Giovanni est celle de la Casa Sorbi à Florence, qui est particulièrement remarquable par la richesse de sa double bordure.

On voit d'autres exemplaires de ce motif au Château de Vincïgliata près de Florence, à l'Hôpital del Ceppo,'*' et à l'église S. Frediano de Lucques.**'

La Visitation. - Ce motif est reproduit dans un des médaillons de l'Hôpital del Ceppo, en demi-figures à l'Oratoire de Sant'Ansano à Fiesoie et à l'église de S. Stefano à Lamporecchio. Cette dernière œuvre présente cette singulière particularité que les pi-

(l) Photoerspfaic Allnari, nam. 10178.

(îj Photc^raphie Alituri, num. 8309.

Giovanni de.lla Robbia

lastres sont décorés de diverses scènes de la vie du Christ, traitées d'une manière assez confuse. Toutes ces œuvres sont de valeur secondaire.

Les Fonts baptismaux de Cerreto Guidi, datés de 1511, prouvent qu'à cette époque, l'atelier de Giovanni empruntait un peu partout le motif des compositions. Ces Fonts bapHsmaux sont décorés de six bas-reliefs représentant: l'Apparition de l'Ange à Zacharie, la Naissance de S. Jean, le Grand Prêtre écrivant le nom de Jean, S. Jean enfant, le Baptême du Christ, la Décapitation de S. Jean.

L'imitation de Ghirlandajo se reconnaît dans quelques figures, par exemple dans celle de Zacharie, mais c'est l'imitation de Verrocchio surtout qui est prépondérante, par exemple, dans la Décapitation et dans le Baptême. Ces Fonts baptismaux sont, avec l'Autel de S. Médard, une des œuvres les plus surchargées de Giovanni.

Madones. - Dans la représentation des Madones nous allons rencontrer des œuvres très belles, de même qualité que les Nativités de Barga, de la Verna et de Città di Castello et que les Assomptions de Pise et de Barga. '"^' " ""■" ■^" "'"' ' '"""

La plus belle est la Madone entourée de Saints d'Arezzo. C'est une œuvre très importante: quatre Saints entourent la Vierge; au-dessus d'elle est la colombe du S. Esprit et Dieu le Père avec son cortège d'Anges; sur la prédelle trois bas-rehefs représentent la Communion de la Madeleine, la Nativité, et le martyre de S." ApoUonie. O

Grâce aux recherches de M. Anselmi, nous connaissons la date de YAtiiel de S. Médard in Arcevia (1513) qui représente une Madone ayant à ses côtés S. Jean Baptiste et S. Jérôme. En raison de la beauté de cette Vierge et de ces deux figures de Saints, M. An-

tl) Le bma de l'enfant Jésus a £l£ caasé «t ■ lubi U

Giovanni délia Robbia

selmi persiste, malgré la- publication des documents qu'il fait connaître, à penser que ces trois statues sont de la main d'Andréa. Ces trois statues sont très belles en effet, mais ce n'est pas une raison pour ne pas les attribuer à Giovanni. A mon sens, ces œuvres ne rappellent pas la manière d'Andréa et, en l'absence même de documents, c'est à Giovanni que nous les aurions attribuées. L'Autel de S. Médard doit être considéré comme une des œuvres les plus caractéristiques du style de ce maître.

La Madone de l'église Santa Croce, à Florence, représente l'art de Giovanni à une période plus avancée. Les deux grandes figures de Marie-Maeieleine et de S. Jean éoangéliste, qui sont placées aux côtés de la Vierge, dans une forme nouvelle et tout à fait heureuse, font songer aux nobles figures de Luca Signorelli.ct

De même valeur est l'important Tabernacle de la Via Nazionale représentant la Vierge entourée de Saints. C'est une des œuvres les plus somptueuses de Giovanni. Quoiqu'elle ne soit pas „ , signée et qu'elle ne

S.ie Lucit, d. Santa Maria à Rifa ^^ ^

porte qu'une indication de date (1522), elle doit être tenue pour une œuvre certaine de ce maître. *^>

Nous ne connaissons aucune autre Madone de l'atelier de Giovanni qui puisse être comparée à celles dont nous venons de parler. S'il fallait énumérer les Madones de qualité secondaire qui ont été produites par les élèves de Giovanni, la liste serait interminable; nous nous contenterons de citer la Vierge de la Collégiale d'Empoli,<ît la Madone de l'église de

San Giovanni in Sugana de San Casciano, W la Vierge T^im«i, t, sa^ si^j-m •■ «««

de l'église de l'Annunziata à Arezzo,<s' la Vierge du Séminaire de Fiesole,(^' la Vierge du Palais de la Préfecture deMontepulciano(7)et une Vierge à peu près semblable duBargello.(^>

porphyre

à revers verls; la Madeleine en robe porphy

(ï) Photographie Alinari. nom. 3193.

(î) Photographie Alinari, num. 10119.

(4) Photographie Alinari. nom. I0089.

(5) Photographie Alinari, num. 9713.

(6) Pholographie Alinari, num. îJÇî.

□ bleu k revers verls; S. Jean en robe bleue avec un manteau iteau verl i revers jiLunes. Tonlei tes chairs sont sans émail.

Giovanni délia Robbia 63

Parmi les Madones de petites dimensions, représentées seules, sans cortège de Saints, je citerai deux Madones du Château de Vincigliata et la Madone de Monte OHveto Maggiore.*'*

Nous avons montré à différentes reprises comment Giovanni della Robbia avait demandé les modèles de ses compositions aux artistes contemporains. 11 s'est inspiré tour à tour de Desiderio, d'Ans,u ApoUonu tonio Rossellino et de Verroc- s. Antano

"^*""™' •" '''"'"'' chio. Dans la Nativité de Bib- (««w™,. a «o.»«)

biena nous l'avons vu copier Raphaël; cette imitation de Raphaël est encore plus sensible dans une Madone du Palais Vieri-Canigiani (autrefois Palais Bardi) qui est la reproduction littérale de la Belle Jardinière du Musée du Louvre. <*'

Saints. - Dans l'église de Bolsène, où nous avons admiré un riche Tabernacle de Giovanni, est une exquise figure de SJ* Christine qui, si elle est de Giovanni, comme nous le pensons, est un des plus grands titres de gloire de ce maître. Cette ravissante statue de jeune fille est digne de figurer à côté de la S." Cécile de Maderni. <3t

La S." Lucie, de Santa Maria à Ripa, est justement célèbre. C'est une figure très noble, dans un beau sentiment religieux, qui, par son type un peu gros, son caractère robuste, rappelle bien les traits que nous avons remarqués dans la plupart des œuvres de Giovanni.

Le Tabernacle de San Stefano in Pane qui comprend deux grandes figures de Saints est un des

plus beaux Giovanni que l'on puisse voir dans les ^"" ■'''"/""■ '■"••"* ^■'"■<""''>

environs de Florence. C'est une des œuvres les plus intéressantes au point de vue de l'union des parties émaillées et des parties peintes. La peinture est employée pour le rouge

(I) Photographie Alioari, nom. 9151.

(3) Voir la gravuTe à la fia de la Table des matières.

(3) Voir la gravure cd t&te dn chapitre.

64 Giovatitti délia Robbia

et le roux des robes et des manteaux des deux saints. Les jaunes, les verts et les bleus sont en émail. Les Délia Robbia n'ont jamais su faire les émaux rouges, et lorsque Giovanni voulut employer cette couleur il fut obligé d'avoir recours à la peinture.

Nous pourrions citer un assez grand nombre de belles statues de Saints, produites par l'atelier de Giovanni. Nous signalerons seulement le S. Laurent de Brancoli.C et le S. Pierre Martyr d'Arezzo,!*' qui sonf de belles œuvres, et nous rappellerons que les Bustes de Saints du cloître de la Chartreuse de Florence sont une œuvre certaine de Giovanni, faite en 1522. Ces Bustes sont particulièrement intéressants, parce que, plus que dans aucune œuvre des Délia Robbia, on y trouve la marque de l'influence de l'art antique : la figure de 5"." Marie Madeleine est une véritable copie d'une tête grecque. 'îJ

Un Buste d'enfant du Musée du Bargello, qui rappelle le charmant S. Jean Baptiste d'Antonio RosselHno, doit être considéré comme une excellente œuvre de Giovanni. La chariu. {Hàpuoi m c,tto< * «*'<«')

Il ne nous reste plus, pour terminer cette rapide revue des œuvres de Giovanni, qu'à parler de la décoration de l'Hôpital del Ceppo à Pistolet II est vrai que nous ne pouvons pas lui attribuer cette œuvre avec certitude, car nous n'y sommes autorisés par aucun document, mais je pense, avec MM. Cavallucci et Molinier, que cette attribution est aussi vraisemblable que possible. Sans entrer dans les détails de cette discussion, je me contenterai de signaler les analogies que présentent les sculptures de l'Hôpital del Ceppo avec d'autres

Le Courermemrnl de la Vierge. IHôfUai dtl Ciffo, fi Piilùii) j /" • •

* ' ' " œuvres de Giovanni, par exem-

ple : Y Assomption avec l'Assomption de Pise; le Couronnement de la Vierge avec le Tympan

(I) Photographie Alinari, nnm. 8387.

(i) Photographie Alinari, num. 9718.

(3t Voir la gravure, page 17-

Giovanni délia Robbia 65

de l'église Ognissanti ; les figures nues de la Distribution des vêtements aux pauvres avec les figures nues du Tabernacle de Bolsène ; les arabesques des pilastres avec les arabesques du Tabernacle de Bolsène.

La décoration de l'Hôpital de Pïstoie comprend une frise représentant, en sept btis-relîefs, les sept Œuvres de li&séricorde. Ces bas-reliefs sont séparés les uns des autres par des figures de Vertus, placées debout entre deux pilastres. En outre, sept médaillons représentent les Armoiries des Médicïs, de l'Hôpital et de la ville de Pi-

Visile des Malades. KHôfilal dtl Ctppo, h PMoii)

stoie, et plusieurs scènes de la

vie de la Vierge, Y Annoticiation, la Visitation, V Assomption A') Le Couronnement de la Vierge

décore le tympan d'une porte de l'Hôpital.

Les sept Œuvres de Miséricorde, qui sont la partie la plus originale de cette décoration, représentent les motifs suivants ; Loger les voyageurs ; Distribuer des vêtements à ceux qui sont nus; Donner à manger à ceux qui ont faim; Donner à boire à ceux qui ont soif; Visiter les prisonniers; Visiter les malades; Ensevelir les morts. Toute cette œuvre a une grande unité et a été faite à la même époque, d e 1520a 1525, sauf le bas-relief de la Distribution des boissons, qui n'a été fait qu'un demi-siècle plus tard, en 1 585, par un artiste dont le nom nous a été conservé, Filippo Paladini. Comme ce bas-relief est assez beau, surtout en raison d'une figure de femme, imitée de Raphaël, on le choisit de préférence lorsqu'on veut graver un des motifs de l'Hôpital del Ceppo, mais on choisit ainsi,

pour faire connaître le style de G^vanni, précisément la seule œuvre qui ne soit pas de lui. W Cette œuvre de l'Hôpital del Ceppo, quoique bien différente de toutes les œuvres des Délia Robbia que nous avons étudiées Dis.r^,>u...n d.s ré..n^s. ,H,pa., d., c,f^. , Pi.,ou, J^^qu'à ptéseut, n'est Cependant

pas en contradiction avec les principes généraux qui les ont inspirées. Nous retrouvons cette fidélité à la nature, qui, quoique dégénérant ici en une étude peu châtiée des formes, en un naturalisme un peu vulgaire, doit néanmoins être considérée comme l'héritage de l'art des Délia Robbia. On admirera, dans ces bas-reliefs, la composition claire et bien ordonnée, la beauté des

(1) Voir U gravure en tête de la Table des matières. (î) Voir la graturc en tête de la Table des gravures,

Giovanni (Ulla Robbia

figures des Pèies hospitaliers, qui sont de véritables portraits; on remarquera surtout, dans le bas-relief de la Distribution des vêtements, les figures nues, seule partie de cette œuvre qui indique que Giovanni appartient à l'âge de la Renaissance.

Qu'est-ce que l'art des Délia Robbia serait devenu dans cet âge nouveau? Nous ne pouvons le savoir, car la décoration de l'Hôpital del Ceppo est la dernière œuvre importante de cette école. Giovanni meurt peu de temps après l'achèvement de ce travail et, après sa mort, si son atelier continue à produire encore de très nombreuses terres émaillées, aucun artiste de valeur ne se révèle, et l'on peut vraiment dire que le grand art des Délia Robbia disparaît avec lui.

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