‹ La sculpture florentineChapitre 24 sur 65 · JEAN DE BOLOGNE · texte numérisé non relu

JEAN DE BOLOGNE

-*E dernier grand sculpteur de l'école florentine est Jean de Bologne.'') Quoique né à Douai, Jean de Bologne appartient nettement à l'école italienne. Déjà dans son pays, pendant les premières années de sa jeunesse, c'est l'éducation italienne qu'il reçoit, comme tous ses compatriotes. Au xvi« siècle l'esprit italien, ou plus exactement l'esprit florentin de la Renaissance, règne dans toute l'Europe. Semblable à Rubens, Jean de Bologne, quand il vient en Italie, est à moitié italien. S'il subsiste en lui quelque chose de l'esprit des races flamande et française, c'est le souvenir des puissants travaux et des immenses décors de l'âge gothique. S'il ne sait pas, comme un Cellini, ciseler un bouton de chape, un pommeau d'épée, un chaton de bague, il sera plus apte qu'aucun autre florentin à tailler des groupes gigantesques et à prodiguer au milieu des places et des jardins publics les statues triomphales.

On peut dire aussi qu'il se distingue des maîtres florentins par une certaine simplicité. Jean de Bologne arrive dans une école déjà corrompue. A la suite de Michel-Ange, trop d'excès, trop de complications entachent même les meilleures œuvres. Trop habiles, les artistes se passionnent pour les tours de force. Par comparaison avec les élèves de Michel- Ange et de Bandinelli, on trouve chez Jean de Bologne plus de calme, plus de noblesse, une grandeur moins apprêtée. Dans cet art de la force, dans cette étude du corps humain

n de Jean de Bolc^ne voir le Jean Batdogne de M. ASEL Desjardins.

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considéré au point de vue de la santé et de la puissance des formes, il semble que ce soit

lui qui ait créé les œuvres les plus dignes d'éloge.

Si nous ajoutons que Jean de Bologne a su être un artiste très élégant, comme

dans le Mercure volaTit, et qu'il a trouvé parfois des accents très expressifs et très religieux, comme dans les scènes de la Vie du Christ. on comprendra combien est légitime la gloire de ce grand maître.

Jean de Bologne, né à Douai en 1524, reçut son éducation artistique à Anvers, au moment où tous les artistes flamands avaient les regards tournés vers l'Italie. Son maître, Jacques Dubrœucq, lui parla si éloquemment de l'Italie qu'il ne tarda pas à partir pour ce pays. Il arrive à Rome vers 1550, et il y passe deux ans qu'il consacre à dessiner et à reproduire en terre-cuite les statues antiques. Surtout il admire les œuvres de Michel-Ange et il a le bonheur de recevoir directement les conseils de l'illustre maître. Remarquons incidemment que le Michel-Ange qu'il connaît n'est plus le grand penseur de la Voûte de la Sixtine mais le dessinateur tourmenté du Jugement dernier. C'est de l'intérêt des formes, plus que de l'intérêt des idées, que Michel-Ange à ce moment devait lui parler.

Deux ans après son arrivée à Rome, Jean

de Bologne se proposait de rentrer dans sa pa-

„ , . . „ , trie, mais en traversant Florence, il fut retenu

FQ9tatnt dé Botoffjfi

dans cette ville et il y passa le reste de sa vie.

Après avoir fait une Vénus pour son protecteur Bernardo Vecchietti, il fut remarqué par les Médicis qui, depuis lors, le gardèrent à leur service et ne cessèrent de lui commander d'importants travaux. - Vers 1558 il fit pour Fran(;ois des Médicis une Baigneuse et un Samson terrassant un Philistin. Ce groupe qui ornait le Casino de S. Marc n'existe plus. Mais peut-être faut-il considérer comme, en étant le projet original, une belle terre-cuite que possède le Musée de Douai. '•'

En 155g, Jean de Bologne concourt pour le projet de Fontaine à ériger sur la place de la Seigneurie. Nous avons parlé précédemment de ce concours à la suite duquel le projet d'Ammanati fut préféré.

(1) Grnvé dnns le /ran houlognt de M. Abel Desjardins, |i.ige :

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Le pape Pie IV lui commanda, en 1 563, la Fontaine lie Bologne, œuvre qui l'occupa pendant quatre années de sa vie. C'est le premier travail à date certaine que nous possédions de Jean de Bologne. Il nous apparaît déjà dans toute la force de son talent, avec toute sa science, toute sa hardiesse et son sentiment des grandes ordonnances. Certes, dans son ensemble, cette Fontaine est loin de valoir l'admirable Fontaine de l'Ammanati à Florence; mais la statue du Neptune est supérieure à celle de l'Ammanati et montre l'aptitude de Jean de Bologne à concevoir des figures colossales et grandioses. Dans cette Fontaine, Jean de Bologne n'a fait que les travaux de sculpture; toute la partie architecturale est l'œuvre deTommasoLauretti. Jean de Bologne est l'auteur d'une seconde fontaine, la Fontaine de l' IsoloHo. aux Jardins Boboli. Cette fontaine traitée dans le même esprit que celle de Bologne comprend une statue de l'Océan, ayant à ses pieds trois figures assises représentant le Gange, le Nil et l'Euphrate. Le piédestal triangulaire est orné de trois petits bas-reliefs représentant, Diane au bain, l'Enlèvement d'Europe et le Triomphe de Neptune.

En 1567 il fut sollicité par la reine de France, Catherine de Médicis, de terminer la statue équestre d'Henri IL Nous avons déjà parlé de cette œuvre dont la commande avait été donnée à Daniel de Volterre. Il s'agissait pour Jean de Bologne d'aller à Rome et de terminer l'œuvre de Daniel de Volterre en faisant la figure du roi. Mais le duc Cosme ne voulut pas se séparer de son sculpteur favori et le projet de Catherine de Médicis n'eut pas de suite.

C'est à cette époque, sans doute peu après la mort de Michel-Ange, qu'il reçut la commande du groupe la Vertu- enchaînant le vice, groupe destiné à

Mercuri volant

La Justice

faire pendant au Génie de la Victoire de Michel-Ange. Ce n'est pas une des meilleures œuvres du maître. Trop asservi au désir d'imiter Michel- Ange, il est plus maniéré qu'il ne le fut jamais et la faiblesse de cette œuvre est bien faite

Jean de Bologne

pour nous dire combien l'influence de Michel-Ange fut néfaste pour ceux qui se contentèrent d'imiter ses formes sans s'inspirer de ses pensées.

De 1574 date un des chefs-d'œuvre de Jean de Bologne, le Mercure volant, pièce justement célèbre, oîi l'on admire, non seulement un dessin très pré- ■ cis des formes, mais une très intéressante étude du mouvement. Le Mercure, qui s'élève poussé par le souffle d'un génie, semble vraiment voler dans les airs. Il y a là un de ces tours de force que les hommes de l'art ne cesseront d'applaudir, et l'imitation qu'en a faite M. Falguière, dans son Vainqueur au combat de coqs, prouve que l'œuvre de Jean de Bologne n'a cessé jusqu'à nos jours d'avoir la faveur du public. Jean de Bologne resta toute sa vie au service des Médicis; mais sa réputation était si grande, que toutes les villes d'Italie désiraient avoir quelque ouvrage de lui.

En 1575, ^ ^''""'^ ce sont les Gé-

nois qui obtiennent pour la chapelle Grimaldi une décoration de statues et de bas-reliefs. Ces œuvres, qui sont peut-être les plus belles du maître, se trouvent aujourd'hui à l'Université de Gênes. Elles n'étaient pas encore photographiées lorsque M. Desjardins a publié son bel ouvrage sur Jean de Bologne et il n'a pu en donner aucune reproduction.

Les travaux faits pour cette chapelle comprennent six Vertus, deux Anges et sept Scènes de la Passion, en bas-relief.

Les six Vertus, la Foi, l'Espérance, la Charité, la Tempérance, la Justice et la Force, sont des 1 œuvres d'une grande originalité, simples de mou- , vement, très nobles d'attitude, avec des draperies 1 aux plis sobres faisant admirablement valoir les formes du corps. Dans la Justice on admirera la fermeté de ce jeune corps et dans la Charité la hardiesse et l'habileté du groupement des figures.

Les sept bas- reliefs représentent des Scènes de ht Passion; le Christ devant Pilate, Pilate se lavant les mains, le Christ montré au peuple, le Christ couronné d'épines, le

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Christ et S." Véronique, la Flagellation, <'> les Maries au tombeau. Ce sont des œuvres de la plus grande importance. Il a fallu un étranger, dans cette école florentine alors si peu religieuse, pour concevoir ces scènes de la vie du Christ, avec 'tant de respect. Quel contraste avec les fantaisies, les débauches d'imagination, des florentins tels que Jacopo Sansovino ou Vincenzio Danti. Jean de Bologne ne cherche pas d'effet en dehors de son sujet; il ne cherche, dans la composition, qu'à mettre en relief l'idée à exprimer et partout, avec un rare bonheur, il trouve l'ordonnance qui convient. Après les Scènes de la passion de Donatello, ce sont les plus belles que la sculpture ait créées. Et comme il serait intéressant de faire un parallèle entre l'œuvre de Donatello, si hardie, si impétueuse, parfois st déréglée, mais qui est toujours si expressive, et qui vous arrache les larmes des yeux, et l'œuvre de Jean Bologne, plus calme, plus froide, mais plus noble. C'est ici un très significatif exemple de ce que peut donner l'alliance des formes de l'Antiquité avec la pensée chrétienne; c'est l'analogue dans l'art de la sculpture de ce que rechercheront les Carrache et le Poussin.

Sur la fin de sa vie, Jean de

, , . . , , Crucifix, dé rimpTunrta

Bologne reproduisit le même cycle, avec quelques légères variantes, pour une Chapelle de l'Annunziata, à Florence.

De 1579 date V\m-portzxA Autel de laCaihédraie de Lucçues,(\\i\ représente le Christ ressuscité, ayant à ses côtés S. Pierre et S. Paulin. Nous reproduisons la statue du Christ où l'on retrouvera cette habileté dans l'art de faire mouvoir les figures que nous avons admirée dans le Mercure volant et cet amour des belles formes qui passionnait alors tous les maîtres de la Renaissance. Peut-être ces formes trop fines, trop sensuelles, ne sontelles pas ce qui convient le mieux à une figure de Christ. L'art chrétien doit rejeter également les Christs semblables à des Hercules et les Christs semblables à des ApoUons.

Jean de Bologne s'est montré plus véritablement chrétien dans une série de Crudfix dont il a orné plusieurs églises de la Toscane, dans les Crucifix de S. Laurent et de l'Annunziata à Florence, et dans celui du Dôme de Pise. Celui de l'Impruneta que nous

(I) Voir la graTore de la Flagellation %, U fin do chapitre.

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reproduisons est une œuvre de la plus grande beauté, faite pour satisfaire pleinement à tous les désirs de noblesse et d'émotion de la pensée chrétienne.

«Peu d'hommes - dit Cicognara ~ parmi ceux qui se sont consacrés à l'art de la Statuaire ont eu plus de bonheur que Jean Bologne pour la quantité et la variété des travaux qui lui furent commandés. Il suffira de dire qu'on lui donna jusqu'à l'occasion de sculpter une montagne lorsque le grand duc François lui fit faire à Pratolino le colosse qui représente le Jupiter pluvieux. » Cette statue de vingt-cinq mètres de haut fut achevée. vers 1581.

A ce moment, après un troisième voyage à Rome, il fit son œuvre la plus importante et la plus célèbre, le groupe de VEnlèvcmeNt de la Sabine, placé en 1583 sous la Loggia de' Lan zi. Tout ce que l'art de la Renaissance pouvait désirer, se trouve dans ce groupe. L'œil d'un italien du xvi« siècle pouvait y admirer les formes les plus diverses du nu, les attitudes les plus variées, le sentiment de la force et en même temps celui de l'élégance, la science dans le balancement des lignes et le dessin des membres, le mouvement et, de tous les côtés, une heureuse silhouette. Tout ce que l'on admirait dans les statues antiques revivait dans l'œuvre de Jean Bologne.

Cette œuvre, comme XePers^e de Cellini, est complétée par un bas-relief décorant le piédestal, bas-relief plus brillant, plus agité que les bas-reliefs de Gênes, un véritable tour de force de mouvement et de hardiesse.*'* On rapprochera de cette œuvre un groupe non moins important, VHercule et le Centaure, qui, fait quelques années après, en 1599, est placé également sous

la Loggia de'Lanzi. Ce sont les deux œuvres les plus

„ ,^ j . ^,. importantes du maitre, celles qu'il a faites avec le plus

L'EnUvtmenl de ta Sabine ^ ' ~i r

d'amour, dans toute la force de son talent.

Dans le même style est un groupe de bronze du Musée de S. Pétersbourg représentant Y Enlèvement de Déjanire. groupe admirable où le corps delà jeune femme enlevée par le Centaure rappelle le beau corps de la Sabine et se débat dans le même frémissement de vie.

Nombreuses sont les statues faites par Jean Bologne en imitation de l'art antique. S'il avait au plus haut degré le sentiment de la puissance, sentiment qui lui fit créer le Neptune de Bologne, XOcéan des Jardins Boboli, V Enlèvement de la Sabine, le Centaure, il avait non moins le sentiment de la grâce et il a créé plusieurs figures d'une exquise dé-

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licatesse, par exemple la Vénus tordant ses cheveux qui surmonte la Fontaine de Tribolo à la Pétraja, la Vénus qui orne la grotte de Buontalenti aux Jardins Boboli et V Architecture du Musée du Bargello.

Il a fait en outre un très grand nombre de statuettes en bronze, dont on pourra admirer les plus belles au Musée du Bargello: par exemple un Satyre, un Hercule, un Hercule portant U sanglier d' Erymanthe, trois Vénus, deux figures de V Architecture . une Galathée. un Enfant péchant, un Apollon. Une très curieuse lettre écrite par l'archevêque Fontana au duc d'Urbin nous fait connaître la vogue extraordinaire dont jouissaient ces travaux de Jean de Bologne.

< Si votre excellence se contente de statuettes en bronze, comme le fait le Grand-Duc pour tous les objets de petite dimension, il s'engage à la très bien servir, dans un an au plus tard, peut-être même, pour l'amour de moi, dans six ou huit mois, parce qu'une fois qu'il a fait de sa main les modèles en cire ou en terre, ce qui lui demande peu de temps, il fait faire le reste par des orfèvres, qu'il emploie à cet usage pour son Altesse. C'est de cette façon qu'il a exécuté

dernièrement pour le Grand-Duc les douze travaux d'Hercule d'un demi-bras de hauteur. C'est une œuvre merveilleuse, digne de Michel-Ange ou d'Apelles. II a fait encore d'autres statuettes pour le roi d'Espagne et d'autres grands seigneurs, toutes admirables, et c'est un homme qui est aujourd'hui en si grand crédit qu'on ne saurait l'imaginer. > De 1580 à 1589 datent les travaux faits pour la Chapelle Sahiaii, à S. Marc. Ce sont d'importants travaux d'architecture et de sculpture pour lesquels Jean de Bologne mit largement à contribution les services de ses élèves, notamment ceux de Francheville qui fit les six statues de Saints qui décorent les parois de cette chapelle. La pièce de sculpture la plus intéressante me paraît être l'Ange qui surmonte le maître-autel, figure d'un mouvement vif et hardi qui a tous les caractères de l'art de Jean de Bologne. Dès i594jeande Bologne travaillait h.\z. Chapelle de la Madonna del Soccorso à l' Annunziata, chapelle où il devait être enseveli. Cette chapelle terminée en 1 598 comprend une série de bas-reliefs en bronze qui sont la réplique des bas-reliefs de Gênes représentant les Scènes de la Passion. Sur l'Autel est un Crucifix de bronze et sur les parois six statues de Saints faites par Francheville.

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En 1 599 on commence la grande Chapelle des Médicis à S. Laurent ;' maïs je me réserve de parler plus tard de cette Chapelle qui fiit l'œuvre des élèves de Jean de Bologne plutôt que celle de ce maître lui-même.

Le S. Luc de bronze d'Or San Michèle (1600-1602) est un des plus importants travaux du maître. Mais cette statue qui, placée partout ailleurs qu'à Or San Michèle, provoquerait de vifs éloges, souffre là singulièrement du voisinage des chefs-d'oeuvre créés par les grands maîtres du XV* siècle. A côté du S. Eloi de Nanni di Banco et du S. Mathieu de Ghiberti elle paraît théâtrale et prétentieuse; et le Cicérone a bien raison de dire que l'œuvre de Jean de Bologne est la moins bonne de toutes celles qui ont été faites à Or San Michèle.

Le S. Mathieu d'Orvieto {1600), qui n'est qu'une réplique du S. Luc, a été exécuté en marbre ; les plis sont . moins anguleux, le travail a plus de souplesse et d'ampleur. Il semble que Jean de Bologne était plus à son aise quand il taillait le marbre que lorsqu'il ciselait le bronze. La Statue équestre de Cosme I et la Statue équestre de Ferdinand I, qui sont à Florence les œuvres les plus en vue de Jean de Bologne, sont malheureusement ses travaux les plus faibles. Florence a des modèles parfaits dans tous les genres de la statuaire. Seule, une statue équestre lui manquait et Jean de Bologne n'a pas su la lui donner.

- Dans la Statue de Cosme (1594) on peut admirer l'aisance naturelle du Grand-Duc, mais le cheval est d'une exécution par trop grossière et la croupe trop petite n'est pas en rapport avec l'encolure et l'avanttrain. Jean de Bologne ne semble pas avoir consacré as-

S. Luc

sez de temps à étudier des formes qui, pour lui, étaient

nouvelles. Son œuvre n'est qu'une médiocre copie du cheval de Marc-Aurèle à Rome.

Le piédestal de cette statue est orné de trois grands bas-reliefs représentant : i » la Seigneurie appelant Cosme au gouvernement de Florence, après l'assassinat d'Alexandre de Médicis; t° le pape Pie V couronnant Cosme I comme Grand-Duc de Toscane; y l'entrée triomphale de Cosme dans la ville de Sienne. Ces bas-reliefs très surchargés, sans grande entente de la perspective, sont loin d'égaler en beauté les bas-reliefs simples et vraiment grandioses de la Passion du Christ.

La Statue équestre de Ferdinand I commencée beaucoup plus tard, en 1608, a été achevée par Tacca. Nous savons que ce maître l'exécuta à regret, ne se gênant pas pour dire qu'il eût été préférable d'en refaire une autre.

Jean de Bologne

Jean de Bologne a fait plusieurs autres portraits de ses illustres protecteurs, les Grand-Ducs Cosme et Ferdinand. Il suffit de citer la statue en pied de Cosme qui orne le portique des Uffizi {1585). Le Grand-Duc est représenté debout, tenant en mîiin le bâton du commandement; il est entouré des deux figures de V Equité et de la Rigueur, œuvres de Vincenzio Danti.

En 1 604, il commençait la Statue équestre du roi Henri IV. Cette œuvre qu'il laissa inachevée. fut terminée en 1610 par Tacca et par Francheville, à qui l'on doit les quatre statues qui décoraient les angles du piédestal, statues qui sont la seule partie qui subsiste encore de ce monument. A en juger d'après les gravures qui nous ont conservé le dessin de l'œuvre de Jean de Bologne, il ne semble pas qu'il se soit élevé au-dessus de ses statues équestres de Florence. La figure du roi, comme celle de Cosme, avait en même temps de la dignité et de la bonhomie, mais le cheval était pauvrement étudié, sans nuance des détails et sans effet d'ensemble.

En 1506, Jean de Bologne commença sa quatrième statue équestre, la Statue de Philippe ni, roi d'Espagne. Cette statue, comme celles de Ferdinand I et d'Henri IV, fut terminée par ses élèves, surtout par Tacca, mais le mérite en revient tout entier à Jean de Bologne. La Statue de Philippe III n'est qu'une répUque de la Statue de Ferdinand I. On y admire le même naturel dans l'attitude du roi, mais il faut toujours constater la même insuffisance et la même lourdeur dans le dessin du cheval.

On a attribué longtemps à Jean de Bologne le principal mérite dans le dessin et l'exécution des Portes de brome de la Cathédrale de Pise. mais M. Igino Benvenuto Supino vient de démontrer que ce maître n'a eu aucune part dans ce travail.

La Ftagellaiion du Christ, dt Giiut

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