XVI GEORGES GODET
Si Georges Godet s'était donné sans réserve à son activité pastorale, celle ci était loin d’absorber tout son temps. Il sut toujours se ménager quelques heures pour l’étude, et cela était d’autant plus nécessaire qu’il allait bientôt voir se multiplier les occasions d'employer au service de l'Eglise tout entière les beaux dons qu’il avait reçus d’En-haut et la solide culture qu'il avait acquise pendant ses années de préparation. L'année même de son installation à Cernier, la Commission synodale le chargeait de l’enseignement de l’histoire de la philosophie à la Faculté de théologie. Elle n'aurait pu faire un choix plus heureux. Non seulement G. Godet avait fait une étude approfondie des principaux philosophes modernes, mais grâce à la lucidité de son esprit, il trouvait moyen de donner un exposé lumineux des systèmes les plus abstraits et les plus compliqués: près de trente-cinq « volées » d'étudiants ont profité de ces solides lecons dont le seul défaut était leur trop grande richesse, qui parfois les rendait un peu difficiles à digérer à des jeunes gens admis trop tôt à les suivre.
Puis ce fut le Comité de la Bible annotée, dont son père était président, qui fit appel au concours de Georges Godet en lui demandant de préparer une traduction et un commentaire du livre d'Esaïe. La tâche était passablement ingrate : « Il faut revoir en Comité le travail de Georges, écrit M. F. Godet ; on le lui renvoie; il le refait : on le revoit; il rédige; on le relit ; il corrige: puis les épreuves, une, deux, trois. » (Lettre du 22 mars 1879.) Nul doute que la patience du pasteur de Cernier n’ait été mise souvent à une rude épreuve; du moins son travail ne fut-il pas inutile : l’explication
.d’Esaie — la question d'authenticité des chapitres XL-LXVI mise à part — est aujourd'hui encore l’une des parties de la Bible annotée que l’on peut consulter avec le plus de fruit.
Ce labeur achevé, Georges Godet entreprit la traduction de l'ouvrage alors très estimé de Thiersch sur les Origines de Histoire sainte. Ge volume parut en 1882, accompagné d’une substantielle préface où le traducteur avait consigné les résultats les plus récents des recherches archéologiques.
Georges Godet passa à Cernier huit ans et demi, s’imposant au respect de tous par son ardeur au travail, par sa lar-
a A ei ES, QE à sh à Le.
NAT Sd: phar nl ki à a «