XI, 23-30). XI
coups excessivement, dans les (périls de) mort souvent : 24 j'ai reçu des Juifs cinq fois quarante coups moins un, 25 j’ai été frappé de verges trois fois, j’ai été lapidé une fois, j'ai fait naufrage trois fois, j’ai passé une nuit et un jour sur l’abîme ; % par voies et chemins souvent, en danger sur des fleuves, en danger des brigands, en danger de mes compatriotes, en danger des païens, en danger dans la ville, en danger dans le désert, en danger sur la mer, en danger parmi les faux frères ; ?7dans le travail et la peine, dans les veilles souvent, dans la faim et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et la nudité. # Outre les choses du dehors, (il y a) mon obsession quotidienne : le souci de toutes les Églises. 2 Qui est faible, que je ne sois faible ? qui est scandalisé, que moi, je ne brûle ? 30 S'il faut se glorifier, je me glorifierai de ce qui est de ma faiblesse !
Après avoir parlé de son œuvre, l’apôtre parle de sa personne, qu’il compare à celle de ses adversaires ; c’est ici son vrai xavy@oda, auquel il pensait en écrivant le v.1.
V. 16. — nd Àéyo revient à l’idée du v. 1. Ces mots se rapportent à l’ensemble du v. 16, non à 16» seulement. Ce que Paul dit 16: était implicitement exprimé au v. 1, où le wixçôv rt dpoocbyns était ironique. — ur vis me Ô6Ëm: « que personne ne me considère comme », c’est-à-dire : «je désire que personne.…..». — ei Ü umye…: «mais si vous ne voulez pas m’accorder cela, alors recevez-moi, quand bien même ce serait comme un insensé (qu’on écoute pourtant avec indulgence)». x&v — xai éèv gs äpoova OeEÿodÉ ue. — ivæ x&yo... «afin que moi aussi, comme les adversaires, je me vante un peu» (v. 4).
v. 17. — Paul continue à s’excuser : un tel langage ne convient qu’à un insensé, à un homme qui n’est pas &v xveto, mais bien plutôt & époooévy. L’apôtre veut dire : « Vous me forcez à parler comme je ne voudrais pas, en imprudent, et non selon le Seigneur ; mais sachez bien que c’est là une exception !» Les mots xazà x6ç10 peuvent signifier : «avec l’humilité qui me convient», car une parole xarà xégrov ne peut être une vanterie (Meyer), ou bien : «conformément à
l’esprit de Christ », esprit auquel le langage de Paul ne correspond pas, lorsque, contraint par l'obligation de se défendre, il parle comme on parle en état de déraison. Remarquez le &ç : Paul n’est pas &powy (v. 16), mais il parle comme S'il Pétait. — év radrnp 1ÿ bnoordoe Tÿç xavyoews : «dans cette supposition, c’est-à-dire une fois admis que je sois forcé de me vanter». Il y a d’autres manières d’entendre dxéotaois; KLÔOPPER : « dans cette assurance, qui est propre à la folie, avec laquelle je me vante» (cf. MeyEr-HEINRICI). WEIss : « dans cet objet, dans cette matière qui sert de base à ma vanterie» (dmdoraors — fundamentuim). [LIETZMANN : «dans cette confiance de pouvoir me vanter, c’est-à-dire parce que je sais que j’ai le droit de prétendre que je ‘ne le cède en rien à mes adversaires ». BACHMANN : « dans ce dessein de me vanter » (cf. pour le sens de «dessein, projet», Diod. XVI, 32)].
v. 48. — Paul explique pourquoi il se laisse aller à parler ainsi : « Puisque d’autres se vantent xarà odoua, c’est-à-dire dans un esprit charnel, dans des vues égoistes, intéressées, et non xarà& xbçrov, c’est-à-dire dans un esprit d’obéissance au Seigneur, sous la direction de son Esprit ». (Cette vanterie xarà oùgxa pourrait se produire même à propos de grâces spirituelles ; ce qu’on appelle «orgueil spirituel » procède, au fond, d’un esprit charnel). Au lieu de xarà odona (sans article), on lit dans BEKLM P : xarà 1ÿv odoguxa. Cette leçon, admise par WEiss, signifierait: «d’après les avantages naturels, extérieurs, et non spirituels ». [LIETZMANN, tout en maintenant la leçon xarà o&oxa«, croit pouvoir lui donner le sens de Weiss : les avantages extérieurs sont ceux que Paul indique au v. 22; cf. Phil. IL, 4.] — xdyo xavynooua : il ne faut pas sous-entendre xazà odoxa; Paul se vantera aussi, mais ce ne sera pas pour se faire valoir lui-même ; ce sera pour le bien des Corinthiens, pour la cause du Seigneur. Il fera par dévouement [et avec répugnance] ce que d’autres font par intérêt personnel.
Le v. 19 est ironique ; Paul y indique le motif que les Corinthiens ont de supporter sa vanterie : ils supportent bien celle des insensés (c'est-à-dire des faux apôtres) ! — déws : « avec plaisir, volontiers, sans peine ». — podvimor Üvtes
peut signifier «puisque vous êtes intelligents » (MEYER-HEIN- RICI), ou bien : «quoique vous soyez intelligents ». Ce second sens, plus sévère, est confirmé par Le v. 20. Ainsi : « Car vous supportez volontiers les insensés, vous [qui pourtant êtes] les intelligents, les raisonnables ! Avec toute votre sagesse, votre intelligence, vous n’êtes pas choqués des sottes vanteries de ces gens là! Eh bien ! alors, tolérez-moi aussi !»
v. 20. — xazadov/iot : « tyrannise», cf. Gal. I, 4. — xarecdie : «gruge votre bourse », cf. Marc XIT, 40 : où xareod- Lovtec Tèç oixiag 1©v ynodv. — ÂauBäve: Vous fait tomber dans ses pièges », image tirée de la chasse, qui désigne les machinations des adversaires. — émaigeraæ: « s'élève luimême ». Ce verbe ne peut avoir, comme les précédents, bu&s pour complément ; aussi le u&s est-il répété dans la phrase suivante, avec Üéper. — els nçgdoœnor dbuäç OÉQELr : & VOUS frappe en plein visage ». — En un mot: « vous traite en misérables écoliers ». Quelle position humiliante pour l’Église de se laisser malmener par ces faux apôtres ! — Remarquez le portrait que Paul trace ici de ses adversaires : dominateurs, avides, rusés, orgueilleux, insolemment violents !
V. 21. — xarà druuiar Àéyo peut être entendu de la honte de Paul ou de celle des Corinthiens. Dans la première explication, qui est celle de MEYER, MEYER-HEINRICI, WEIss, [Bous- SET, BACHMANN|, on admet que Paul fait une comparaison ironique de lui-même avec les faux docteurs, et on rapporte xatà druuiar Aéyo à ce qui suit: «Oui, pour nous mesurer avec de telles gens, nous étions, je le confesse à ma honte, trop faibles !» (MEyER). Mais le v. 20 conduit plutôt à rapporter xarà druuiav Aëyo à ce qui précède et à l’entendre de la honte des Corinthiens, avec CHRYSOSTOME, THÉODORET, CALVIN, etc. [L1ETZMANN] : «Je dis cela à votre déshonneur ». xarà dtuuiar = driuws. Le xar& exprime la notion de mesure : «conformément au déshonneur que vous vous laissez infliger par ces gens ». — &g üz...: « comme s’il était vrai que notre ministère à nous ait été inefficace ! » [Pour &çs ô — quasi, cf. 2 Thess. IL, 2 et voy. BLAss $ 70, 2.] — fueis oppose Paul à ses adversaires : «tandis qu'eux sont forts et que vous les laissez faire tout ce qu'ils veulent, nous, nous aurions été faibles ! » — foÿevñxauer (ou : — cœuev) : C’est à Corinthe,
évidemment, que cette prétendue faiblesse de l’apôtre a été constatée ; ef. 1 Cor. Il, 2; [2 Cor. X, 10!
V. 21P. — ê&v © Ÿ dv riç ToÂu& : «Mais sous quelque l'apport que ces gens soient forts. » (&v ajoute l’idée : « si le cas se présente que »). —zoiu& x&yo fait contraste à 7o9evxamer : « Prenez garde ! je suis fort, moi aussi ! Je saurai me guérir de cette faiblesse qu’on me reproche ! » — &» épgo- Gbvy Àéyo est ironique; Paul n’est pas réellement &powr (v. 16), mais il sait que sa prétention d’être fort lui aussi, son zoÂuû xdyw, sera traité d’absurde par ses adversaires.
v. 22. — L’apôtre se lance maintenant dans sa glorification personnelle ; il pratique le zo4u&r en paroles, en attendant d’en venir aux actes, à Corinthe même (X, 2) ! Et d’abord, au v. 22, il relève ce qu'il est aussi bien que les faux docteurs (parité), pour indiquer ensuite (v. 23. ss.) ce qu’il est de plus qu'eux (Supériorité), à savoir dvéxovos Xogvoroô. — Les trois termes ‘Efoaïor, Toganleiro, onéoua”ABçoaäu sont en gradation ; le premier désigne la nationalité juive ; le second, qui est le titre d'honneur des Juifs, marque leur qualité de peuple théocratique : le troisième relève leur droit à la promesse, au règne messianique. — Le caractère judaïsant des adversaires ressort clairement de notre verset, qui suppose que ces gens attachaient une grande importance aux privilèges théocratiques indiqués. Cf. Phil. IE, 5.
v. 23. — A côté de cela (v. 22), les faux docteurs se glorifient d’être aussi des dvéxovor Xoorod. Le v. 15, où Paul les - appelle «serviteurs de Satan », montre quel cas lapôtre fait d’une semblable prétention. Mais iei, il ne la conteste pas, il ne la discute pas, il se borne à la mentionner pour dire : «Eh bien! soit ; j’admets la chose, je leur concède ce titre. Mais jy ai droit autant et même plus qu'eux ! Ministre de Christ, moi, je le suis plus qu’eux !» ‘Y'rèo éyw ne signifie pas : «Je suis plus que cela, je suis quelque chose de plus que ministre de Christ » (Meyer). Ce sens ne convient pas après les autres membres de l’énumération. — Les mots napapoovôy Âæ«AG se rapportent non à ce qui précède (l’idée que ces gens-là sont des écéxovor Xçvoroë), mais à ce qui suit, c’est-à-dire à l'affirmation dxèe éyw, qui semble contraire à
toute humilité et qui sera envisagée par les adversaires comme déraison ! Ilapapoor@y est plus fort que &v époocdrr (v. 17); ce dernier terme désigne l'absence de bon sens, celui-là. son contraire (déraisonner).
Avec le v. 23h, Paul passe de l'ironie au sérieux, pour donner les preuves de fait du dmèe éyo. Cf. avec l’énumération suivante le passage VE 4. ss.
Et d’abord : a) 1° groupe : souffrances passives (persécutions). (v. 23-25).
v. 23, — Le &v, instrumental, se rapporte à dzèo éyw, ou mieux é» indique les circonstances dans lesquelles Paul s’est manifesté comme «serviteur de Christ, plus qu'eux ». Sa supériorité s’est montrée par ou dans ses souffrances. — Les adverbes (xegcoootéows etc.) ne remplacent pas des adjectifs, avec lesquels il faudrait sous-entendre oùow (MEYER), mais sont de vrais adverbes : «J’ai été dans les fatigues d’une manière excessive ». Le comparatif signifie : «d’une manière érès éminente, ou : «plus éminente que d'ordinaire » ;[cf. BLass $ 44, 3]. Mais Paul ne veut certainement pas dire : «plus que les adversaires » ; ce serait leur faire trop d'honneur ! — L’ordre des mots varie selon les manuscrits: on trouve les différentes leçons : a) dans le T. R., qui suit K LM Syr. Copt. ; b) dans TISCHENDORF, qui suit F G; c) dans NEsrLe (cf. Weiss), qui suit B DE It. Vulg.— xôxor : les travaux manuels et les fatigues de tout genre. — xmnyai : les coups et mauvais traitements (en dehors des fustigations officielles; v. 24). — quiaxai: «emprisonnements » ; cf. Clément Romain, ad Corinth. V, 5. 6.: ô Hadlos drouovÿs Boabeïor deËer, Énrdxis Üédua popéoas. — évaror : «des dangers de mort»; cf. IV, 41 ; Rom. VII, 36.
Les v. 24-25 contiennent des particularisations du terme général évaros!, Ces deux versets forment une parenthèse qui coupe l’énumération commencée dans 23». Cette énumération est reprise au v. 26.
v. 24. — drd ‘Tovôaiwr se rapporte évidemment à xevré-
! [Ainsi aussi LiETzMANN]. MeyeR-HEINRict voit dans les v. 24-25 le développement non seulement de Sévarou, mais aussi des autres termes de 23b,
xuç.… ÉÂaBor, car le rois éoaBôioÿnr du v. 25 désigne, en opposition aux coups reçus des Juifs, les flagellations administrées par les paiens. — De ces cinq flagellations juives, aucune ne nous est connue par le livre des Actes. — 1eo0@gérnovra maçà uiav, SC. mÂmyés. Pour zaçd dans le sens de præter, «excepté», cf. Rom. I, 25. — On ne donnait que 39 coups, de peur de violer la loi (Deut. XXV,3) qui défendait de dépasser 40 (cf. Josèphe, Antiq. IV, 8, 21 : xAnyäs mi Âeunodoas teooapdxovraæ). [Le traité Makkot motive le nombre 39 par une exégèse d’ailleurs erronée (HIT, 10) et décrit la procédure à suivre (HI, 12). Voir le n° 6 de la collection «Ausgewählte Mischnatractate in deutscher Uebersetzung », contenant les traités Sanhedrin et Makkot, par HÔLSCHER, p. 138. s., 440. s.].
V. 25. — rois éoaBôüioÿnr. Le livre des Actes ne mentionne qu’une flagellation romaine subie par Paul (avec Silas, Act. XVI, 22), mais il indique un cas où l’apôtre faillit en subir une autre (XXII, 24. ss.). Tandis que dans la flagellation juive, on se servait de courroies, le supplice romain était appliqué au moyen de verges ($æB06s) ; [cf. l'expression latine virgis cædere]. Les évangiles emploient pour le désigner les termes de poays226o (Matth. XXVIL 26 : Marc XV, 15) ou de uaowyé® (Jean XIX, 1). — Ces deux supplices, peines très cruelles, peuvent bien figurer parmi les évazor, car souvent on en mourait. [Voir Makkot IE, 14, dans HôLscHeR, p. 141.] — naË ékddodmr: à Lystre, Act. XIV, 19. — rois évavdyn0@ : On ne trouve rien de cela dans le livre des Actes. Le naufrage raconté Act. XX VII est de beaucoup postérieur à 2 Corinth. Navaæyeir vient de vads et &yvuu. — vuydmueoor êv 16 Bvd@ menoipxa |ne signifie pas, comme l’ont entendu plusieurs anciens exégêtes, p. ex. CHRYSOSTOME, que l'apôtre ait été englouti par les vagues et soit revenu à la vie par un nouveau miracle de Jonas, mais, comme traduit la Peschitto : die ac nocte sine navi in mari fui (BACHM., p. 379. 5., note) ; donc :]| il a passé 24 heures (une nuit et un jour) sur une épave [dans l’un des naufrages mentionnés plus haut}. — Bvdds : les profondeurs de la mer. — Pour zoseir dans le sens de «passer le temps», cf. Act., XV, 33 : mouoavtes æedvov [et Jacq. IV, 13 : zoufoouer êxet éviavrév]. — La non- .
mention par le livre des Actes de la plupart des faits relatés iei montre avec quelle prudence il convient d’user de Pargumentum a silentio. 4
b) 2me groupe: les travaux positifs du ministère. (V. 26-27). Et d’abord :
v. 26, les voyages et leurs dangers. — Le &v de v. 25? fait place ici au datif instrumental, déterminant toujours (après la parenthèse des v. 24-25) le dxèe éyo de 232. — nolldus : la moitié de la vie de Paul s’est passée en voyages ! — Les huit xww06vous qui suivent se groupent deux à deux, dans une symétrie évidente, de manière à former quatre contrastes qui développent le 60ouxogiœus moÂ%äxs. En d’autres termes, les quatre paires de xzwôvvous sont des appositions explicatives de édouxogiais. — Remarquez le ton triomphant de cette énumération. — 1° xvôdvois morauGv….. Âmorôy : le génitif indique d’où vient le danger, sa cause ; il s’agit de fleuves débordés, de brigands qui barrent le chemin.—2° êx yévovs: « venant de ma race » (— êx ovyyev@y ; [cf. pour ce dernier terme Rom. IX, 3]), opposé à & 4%». Ce sont d’une part les embûches des Juifs, et d’autre part l’hostilité des paiens. Le livre des Actes fournit de nombreux exemples de ces deux sortes de dangers: voir les ch. XIII; XIV; XVI: XVII: XVIIT ; XIX ; XXI. (Les païens sont le plus souvent excités par les Juifs.) — 3° &v ndZa fait allusion aux émeutes dans les villes : à Damas, à Antioche de Pisidie, à Lystre, à Philippes, à Thessalonique, à Corinthe, à Ephèse. — ê» éguia: les attaques par surprise, dans des lieux inhabités. — 4° ë» daÂdoonp…. êv yevdadé2pous : Sur mer, Paul courait le danger de tomber entre les mains des corsaires ou dans les embûches des Juifs (Act. XX, 3); sur terre, celui d’être trahi par de faux amis comme les judaisants fanatiques de Gal. IL, 4.
Le v. 27 développe le même ordre d’idées en insistant sur le côté de l’activité déployée par l’apôtre. — x670 xai u6y9®, cf. 1 Thess. II, 9; 2 Thess. III, 8. Ces travaux pénibles (cf. x0770, (frapper », et woyéow, «avoir de la peine », woyis, «avec peine ») expliquent les veilles (&yovrvia). — Le &v que le T. R. place devant x6x%@ xai u6y9® manque dans BDEF Gt. Les é» de la fin du verset (depuis &v éyovnvias, reprise du
év instrumental) indiquent les divers modes du x6n® xa 464%, à savoir : faim et soif, jeûnes, avec les circonstances aggravantes du froid et de la nudité. — Le mot vyoteias désigne sans doute, quoi qu'en dise Heinricr, qui trouve cette idée étrangère au contexte, des jeûnes volontaires, car Au implique déjà l’idée de jeûnes forcés.
c) 3e groupe : souffrances morales. (v. 28-29).
v. 28. — Les mots ywois 1ôv xmaçexrôs doivent être liés à ce qui suit, non à ce qui précède. Xwois : « abstraction faite de», «sans parler de ». Quant à maçgexrds, qui s'emploie ordinairement avec un complément dans le sens de «excepté », c’est-à-dire comme préposition (cf. Matth. V, 32 : zapexrôs Adyov mogvelas; Act. XXVI, 29: mapextôs Tv Deoudv zoërw»), il est pris ici adverbialement (præterea) et l’on doit entendre : «sans parler des choses qui sont en outre, c’est-àdire sans parler du reste, à savoir : des choses qui viennent d’être énumérées » (Meyer), ou bien : «sans parler des choses exceptionnelles, qui viennent d’être indiquées, il y a les soucis constants » (MEYER-HEINRICI, Cf. EWALD), ou encore : «sans parler des autres choses que je pourrais nommer et que je ne nomme pas, parce que l’énumération en serait trop longue», ou peut-être : «sans parler des choses qui sont du dehors » (sens très admissible, quoique inusité, de xapexrds), c’est-à-dire les souffrances extérieures, dangers, persécutions, etc. des versets précédents (Bèze, cf. BENGEL et la Vulg.). L’antithèse est alors excellente : «sans parler de toutes ces choses du dehors, il y a encore, au dedans. les souffrances intimes, les soucis, etc. » — Si on lisait avec le T. R. (d'après KLMP) émodoraors, «tumulte, soulèvement», le wor (ou: wov, D E) ne permettrait pas de penser à un soulèvement populaire, dont la mention, très en place plus haut, ne se justifierait pas ici. et auquel ne conviendraient pas les mots xaû° fuégar (il n°y avait pas tous les jours des émeutes !. Ce sens, d’ailleurs, s’accorderait mal avec la fin du v. (# uéçruva raodv 1@v êxxAnodv)qui indique un autre genre d’épreuves. Il faudrait donc entendre ce mot éxodoraous du soulèvement intérieur de pensées, de soucis, qui se produit dans l’âme de Paul. ‘A népuuva etc. serait alors apposition de émodoraois et expliquerait quel est le sujet de ces pensées qui assail-
lent l’apôtre. Mais éxvodoraos pourrait-il avoir ce sens? D'ailleurs il faut, d’après les autorités (& BDEFG), lire ênioraous. Ce mot ne saurait avoir ici le sens de séjour (émiotaous, littéralement : «arrêt» puis : mora, «séjour »). L'idée de surveillance (emploi, fonction d’éxeor&rns), attention (MEYER), qui conduit à celle de préoccupation, souci, conviendrait déjà mieux : QI y a ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Églises », ou : «Ma préoceupation quotidienne est le souci de toutes les Églises ». Mais il faut sans doute préférer le sens d’obsession (incursus, concursus in me); cf. - 2 Macc. VI, 3 : éxioraois tv xaxv, malorum incursio. Tandis que épioraoÿai ruvos signifie « faire défection » (émôdota- - O1), épioracda signifie au contraire «se presser vers, contre, assiéger ». C’est ainsi qu’entendent BÈzE, BENGEL, EWALD, Reuss, KLüPPER, MEYER-HEINRICI, [BACHMANN, LIETZMANN]. — naoûv : il s’agit des nombreuses Églises que Paul a fondées et qui sont l’objet constant de sa sollicitude.
. Le v. 29 donne des exemples du «souci pour toutes les Eglises », tout en relevant que ce souci n’est pas seulement collectif, mais porte aussi sur les individus, sur chacun des membres des diverses Églises (cf. Act. XX, 31). — Il y a gradation de dodevet à oxavdaZileræ, tout comme de oder à nvçoüua (Paul ne pouvait pas dire : oxaævôæi£oua). — L'idée du verset est celle de la sympathie la plus intense, en vertu de laquelle Paul redoute tout ce qui pourrait nuire à la vie spirituelle des Églises ou de leurs membres. (Le verbe dodevetr est employé au sens spirituel ; cf. Rom. 1V, 19; XIV, 1. 2;1 Cor. VII, 9. 11). Au relâchement, à l’affaiblissement spirituel des chrétiens ou à leurs chutes (scandales) correspondent chez l’apôtre l'abattement, la tristesse, où une douleur cuisante, car plus on aime, plus on souffre des fautes d’autrui (AuGusrix). L’idée de douleur convient mieux à zugoüua, en gradation de &oerd, que celle de colère ardente admise par Lurer. On dit: ardere doloribus. La version de Paris traduit d’une façon malheureuse : «J’ai la fièvre »! — Remarquez le yo: «c’est moi qui souffre, c’est moi qui suis frappé!» — L’apôtre sent la faute du pécheur comme si c’était la sienne. C£. 4 Cor. V, illustration frappante de notre verset.
Le v. 30! est-il la clôture du morceau précédent ou le thème du morceau suivant ? Il exprime certainement le principe général sur lequel repose le passage 23-29, qui est le développement du dzxèe &yw de 232, car en quoi consiste la supériorité de l’apôtre sur ses adversaires, si ce n’est dans les souffrances mêmes qu'il vient d'énumérer et qui, aux yeux du monde, sont autant de faiblesses, tandis qu’en réalité c’est en elles qu’éclate la force divine qui agit en Paul ? Mais le v. 29: «que je ne sois faible, que je ne brüle (dodev&, zvoodua) » nous montre l’apôtre profondément ébranlé par ces expériences, et c’est à ce doter que se rattache manifestement le z& rÿs dodeveiac uov du v. 30. « Je me suis vanté, veut-il dire, puisqu'on m'y forçait; j'ai fait valoir ma supériorité. Mais en quoi consiste-t-elle ? De quoi me vanté-je et me vanterai-je? De mes dodévac, de cela, rien que de cela ! Je ne sortirai pas de cette sphère-là (rà 795 dodeveias uov); je ne franchirai pas cette limite. » Le futur xavynooau est un futur de principe : « voilà quelle est et sera ma ligne de conduite ».
Mais c’est à l'énoncé même de ce principe que se rattache très naturellement le développement qui suit (XI, 31-XIL, 10), où Paul va recommencer à se vanter. Les expressions du v. 30 «me glorifier de ma faiblesse » sont reprises dans XII, 4. 5. 9 avec tant d’insistance qu’en écrivant le xavx%oouœ de XI, 30, l’apôtre pense certainement surtout à ce qui va suivre (KLôPpER, Bousser). Le rapport si étroit et si évident que l’identité des expressions établit entre XI, 30 et XIE, 1-10, ne permet pas d'admettre, avec plusieurs, qu’à partir de XI, 31 l’apôtre mentionne un domaine de xavynous nouveau, autre que celui de ses dodéva, dans lequel, à vrai dire, il ne veut pas entrer, puisqu'il est décidé à ne se glorifier que de ses faiblesses, mais dont il cite néanmoins deux exemples, pour faire voir ce qu’il pourrait dire, s’il voulait tout dire, — le domaine de ses d6£au : il ne se vante et ne se vantera d’autre chose que de ses faiblesses, quoi-
1 [L’exégèse de XI, 30-XIII, 3 a été en partie rédigée (XI, 30- XII, 7), en partie dictée (XII, 7-XIII, 3) par l’auteur lui-même en vue de l’impression. Quant à la grande note sur XII, 4-40, la rédaction, sans être définitive, en était cependant poussée assez loin.]