‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 102 sur 117 · XI; 92 84 XI TS · texte numérisé non relu

XI; 92 84 XI TS

d'Arétas, se serait-il réfugié précisément dans les États de ce prince ? Les Actes semblent, il est vrai, faire aller Paul, après sa fuite de Damas, directement à Jérusalem (IX, 23-26) ; c’est que l’auteur de ce livre n’a pas eu connaissance du séjour en Arabie. D’après Gal. I, 17-18, Paul, après sa conversion, se rendit en Arabie et de là revint à Damas, ce qui n’eût pas été possible s’il y avait été traqué, comme il le dit ici, quelques années auparavant. Après qu’il y eut prêché l'Évangile pendant un certain temps (uéçar ixavai, Act. IX, 23), les menées des Juifs l’obligèrent à quitter cette ville et il se rendit à Jérusalem, trois ans après sa conversion (Gal. [, 18). C’est ainsi qu’il faut préciser ou rectifier les données des Actes. Si la conversion de Paul à eu lieu en 36 ou 37, la fuite de Damas a donc bien eu lieu encore du vivant d’Arétas, en 39 ou 40.

v. 33. — Tous les détails ici donnés montrent avec quel soin on recherchait l’apôtre. — vois, diminutif de 6ça : une ouverture de petite dimension, une «fenétre», peu remarquée, dans le mur de la ville. — oagydrn (ou rapydvm, cf. tagyav6o, «lier, tresser »): tout objet tressé ; ici une corbeille d’osier tressé. Le terme des Actes, différent (é&v oxvoiü), a le même sens. — éyaltoÿnr (de yældo, « relâcher, lâcher, laisser aller »): « on me fit glisser, on me descendit.…»

La mention de ce trait demeure étonnante ici. On ne peut s’en rendre compte qu’en le liant étroitement à l’idée du v. 30: « je me glorifierai de mes faiblesses ». Mais il reste étrange que Paul n’ajoute pas un mot pour expliquer la signification qu’il y attache 1.

b) [Les visions et l’écharde]. (XIE, 1-10).

v. 4. — La leçon adoptée par la plupart des éditeurs modernes (Wesrcorr-Horr, TISCHENDORF, NESTLE) : xavy@oÿo Ôet, où ouupégor uév, &ketooua Ô€ ne se trouve que dans F GP. Elle ne diffère que peu de celle de x, qui lit ôé au lieu de de, et surtout de celle de B (admise par Weiss), qui lit

1 [C’est pourquoi, malgré l’objection faite plus haut par l’auteur (à la fin du v. 31, en note), le plus simple est peut-être, après tout, de regarder, avec LIETZMANN, les v. 32 et 33 comme un post-scriptum, ou plutôt post-dictatum de l’apôtre, destiné à compléter l’énumération 23-28 ; cf. 4 Cor. I, 46.]

Ôè xaœi au lieu de Ôé (après &4e6oouœ). D a une leçon tout autre : xavy@odrar Ôë où ovupéçer, éÂedoouaœ y&o, dont celle du T. R. ne diffère que par la substitution de ô% à dé et l’adjonction de moi : xavy@odta 6% où ovupéger or, 84e600ua y&e. (Le ü% est appuyé par K M Minn. Chrysost.)

C'est cette dernière leçon qui me paraît, comme à plusieurs exégètes (KLÜPPER, HOFMANN, HEINRICI), devoir être préférée à celle des éditeurs modernes, laquelle me semble insoutenable.

Celle-ei signifie : « [1 faut bien me vanter (puisque vous m'y forcez) » — réaffirmation de l’idée ei xavy&odta Oet de XI, 30 —, «quoique cela ne soit pas utile, mais j’en viendrai néanmoins à vous parler de visions, etc. » Le ôé (adversatif) oppose la vanterie à laquelle il va se livrer à ce qu’il vient de dire : qu’il ne convient pas de se vanter. Ce sens suppose que la révélation que Paul va raconter est réellement l’objet de sa xaëüynous. Mais l’apôtre dira v. 5. ss. justement le contraire : il ne veut précisément pas se vanter de ces glorieuses révélations, mais uniquement de ses faiblesses.

Weiss cherche à échapper à cette objection en interprétant, d’après la leçon de B: « Il ne convient sans doute pas de se vanter ; j’en viendrai néanmoins même (Oè xœi — « mais même, mais aussi»), aux révélations, etc., mais uniquement pour montrer que, même dans ce domaine, ce n’est que de ma faiblesse que je me vante ». Ce sens me paraît plus ingénieux que juste, car dans ce qui suit, ce dont l’apôtre se vante, ce n’est pas de ses révélations en tant qu'elles impliquent faiblesse, autrement dit de la faiblesse inhérente à ses révélations, mais de faiblesses opposées aux révélations glorieuses qu'il a reçues. La leçon de B (6 xai) a d’ailleurs tout Pair d’une correction; le xœ£ aura été introduit pour faire ressortir que les révélations sont le plus haut objet dont Paul puisse se vanter : «je pourrai, s’il le faut, me glorifier méme de révélations. »

MEYER envisage le xavyäodar dei comme une brusque interruption de l’énumération que l’apôtre avait commencé à faire (dès XI, 30) de ses faiblesses. Paul, pense MEYER, s’arrête tout à coup (en s’écriant: « Il faut me vanter ») dans le récit de ses faiblesses pour passer à ses révélations, dont

il veut se vanter toutefois avec la réserve formulée au v. 5. Mais cela conduit à un sens inadmissible et à une liaison d'idées tout à fait fausse entre XI, 32-33 et XIE, 2. ss.); il ne s'agit pas, en effet, d’opposer les faits dont il vient de commencer l'énumération (qu’il interrompt aussitôt) aux choses glorieuses qu’il va raconter maintenant XII, 1-10 est la continuation de XI, 30-33 (Paul se glorifiant de ses faiblesses). Tout en conservant le xavy&oÿa 6er admis par les éditeurs modernes, MEYER lit: où ovugpéoe uor (avec EK L Pères grecs) et ensuite : é4etooua y&g (avec DEK L Syr.) Le sens est alors: «Il faut me vanter! Cela ne me convient pas... » Mais cet asyndeton ne se comprend guère, même si l’on insiste, comme le fait MEYER, sur l’antithèse des deux idées : necesse, non utile est, « c'est nécessaire, ce n’est pas utile!» Avec cette leçon, il faudrait plutôt envisager le où Ovupéçer uor Comme une parenthèse, et faire porter le yo Sur xavy@odrar dei : «Il faut que je me vante (bien que cela . ne me convienne pas), car j’ai des révélations à raconter; je ne puis les taire ». Dans ce sens, ce qui serait le plus naturel, ce serait.un oëv plutôt qu’un y&e (comme Meyer semble lui-même le reconnaître) : « Il faut me vanter ;… j'en viendrai donc aux visions... » Mais ce sens est opposé à tout l’esprit du morceau, qui signifie précisément que Paul ne se vantera pas de ces choses-là, mais uniquement de ses faiblesses CMD

La leçon de R Copt. semble échapper à ces difficultés et bien convenir au contexte : « Mais (dé au lieu de ôet) il ne me convient pas de me vanter; j’en viendrai cependant. » L'idée serait done que Paul ne se vantera pas, mais qu’il mentionnera néanmoins ses révélations. En réalité ce dé que x met au lieu de ôei rend la pensée plus difficile et plus obscure encore. Car, d’abord, on ne voit pas à quoi il s’oppose: ce mais Suppose que Paul s’est vanté jusqu'ici. Or, dans ce qui précède, il ne s’est vanté de rien, sinon de sa faiblesse (XI, 32-33), mais ce n’est pas cette vanterie-là qui

.* La leçon de quelques Pères latins, quelques Minn., Vulg., qui lisent el xavyGoda dei («s’il fautse glorifier ») est une atténuation du det, évidemment tirée de XI, 30.

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