XII, 20. A
€ murmurer, souffler dans l’oreille »), «insinuations. calomnies secrètes » ; — puoidoas, « gonflements d’orgueil, prétentions rivales », et éxaraoraciæ, « troubles, désordres », qui résultent de tout cela.
v. 24. — Ce v. mentionne une seconde catégorie de péchés qui obligeront l’apôtre à user de sévérité, s'il les trouve encore dans l’Église. Il s’agit des péchés d’impureté qu’il a déjà rappelés VI, 14. ss. Des chutes individuelles devaient avoir signalé le danger où l'Eglise était de retomber partiellement dans le paganisme. — M, parallèle de ufros, est plus catégorique : « de peur que, en ce cas, il n’arrive infailliblement ce que je vais dire. » — Si x&lw» porte sur #496vtog, cela signifie que le prochain séjour de Paul à Corinthe sera le second !, et cela exclurait un second voyage antérieur, qui est, comme nous l’avons vu, prouvé par d’autres passages. Il est beaucoup plus naturel de faire porter z&4w sur ranewooe ue. Paul ne désire pas subir une nouvelle humiliation, faire une seconde fois la même expérience pénible que dans son précédent séjour; le sens est donc : «qu’il n’arrive pas de nouveau que Dieu m'humilie quand je viendrai ». Cela suppose qu’il à déjà une fois été humilié chez eux (comp. IF, 4, le séjour & Aëxn) et que par conséquent il y a fait deux séjours, puisque ces expressions ne sauraient se rapporter au séjour de fondation. — Le génitif absolu éAd6vros uov, appuyé par N A BF GP, doit être préféré à l’accusatif 849 dvra ue, qu’on ne trouve que dans K LMinn., et qui est une correction évidente, tendant à faire de ces mots l’objet de raxewwoe. Paul veut dire : «après que je serai arrivé», et non: «au moment de mon arrivée. » — Le futur zaxewooe, qui exprime la certitude de la chose prévue, est peut-être à préférer au conjonctif zarzewoy (8 À K Minn.). Il y a gradation dans l’expression de la crainte par rapport au v. 20. L’apôtre redoute que son Dieu (celui dont il se sent dépendre) ne l’humilie dans son rapport à eux;s'il est de nouveau humilié à Corinthe, il
1 [Pas nécessairement, car zéluw n’est pas Üedregor et peut fort bien se rapporter à une 3me visite. En outre, la place de zu le relie plus naturellement à 4496106, sans que cela préjuge rien quant au nombre des visites].
lacceptera comme une mesure pédagogique de la part de Dieu pour son bien, quand même ce sont proprement eux, les Corinthiens, qui l’humilieront. — Paul parle de mener deuil (xevdetv) sur plusieurs (xoÂ40%ç) de ceux qui ont péché. On s'étonne de ce zoo; l’apôtre ne devrait-il pas mener deuil sur tous ceux qui ont péché et ne se repentent pas ? On a voulu résoudre la difficulté en donnant à zevdeir le sens de «punir» (on mène deuil sur un condamné)"; l’idée serait que Paul, ne pouvant les punir tous, punira seulement le plus grand nombre, les plus coupables. Mais ce sens de xevdeir est tout à fait arbitraire, il n'est pas question ici de la menace de punir; Paul y viendra plus tard. MEYER, qui conserve avec raison le sens de mener deuil, cherche à sortir de la difficulté du xzoZ4oës en liant xevd0 à êni 1 dxadaçoia : Paul redoute de devoir s’affliger à cause de leur impureté au sujet de quelques-uns des pécheurs qui ne se seront pas repentis quand il viendra (weravonodvrov équivaudrait à un futur antérieur) ; en d’autres termes, parmi les pécheurs qui ne se repentiront pas, les impurs seront l’objet spécial de sa douleur. Mais pourquoi distinguer ainsi cette catégorie de pécheurs de tous les autres ? Et d’ailleurs, la liaison de êxi 7ÿ dxadaçoia avec xevdoo est impossible; ces mots se lient évidemment à ueravonodvrow. Les derniers mots du v. (ÿ äxoaëaær) qui insistent sur la gravité de la faute, sont aussi en faveur de cette liaison : ils font antithèse à ce refus de repentir. On objecte que la locution uerævoeïv ëmi ne se trouve pas dans le N. T., qui emploie plutôt éxd ou &x; mais cette forme, très usuelle chez les LXX, n’a rien qui puisse étonner chez Paul. Il faut donc expliquer plutôt : «sur beaucoup de ceux qui ont péché et qui ne se sont pas repentis ». Le participe weravoyodvrwv n’a pas le sens d’un futur antérieur, qui nous placerait au moment où Paul viendra («qui ne se seront pas encore repentis quand je viendrai»); c’est un vrai passé : «qui ne se sont pas encore repentis à l'heure où j'écris », ou : «qui ne l’avaient pas encore fait lors de mon précédent séjour, bien que je les aie suppliés
! On a même donné à ce verbe le sens actif d’«affliger» qu'il n’a jamais.
XIPP ON XIII A : 347
de le faire ». Paul pleurera sur beaucoup de ceux-là, c’est-àdire Sur ceux d’entre eux — et il semble prévoir que ce sera le plus grand nombre (xo44oëçs) — qui, d'ici à sa prochaine arrivée, persisteront à ne pas se repentir de leur impureté. Dans cette interprétation le xç0 - de zoomuagrnxôror prend tout son sens : «qui ont péché déjà avant ma précédente venue et que j’ai dès lors, mais sans succès, avertis ». Le participe parfait prend la valeur d’un plus-que-parfait, et les zmohoi sont opposés au petit nombre de ceux qui se corrigeront d’iei à la prochaine visite de l’apôtre!. — Le terme éxadaooia est le plus général ; zopveiæ désigne l’impureté sous sa forme la plus ordinaire, la fornication ; àoélyera : la débauche insolente, qui brave l’opinion. — # éxoaëar relève ce qu’il y à de honteux et de coupable à commettre de telles choses et à ne pas s’en repentir.
Ch. XIII. v. 4. — Ona voulu interpréter les premiers mots du verset, zoivoy roùro Ëgyoua, dans ce sens : « voici la troisième fois que je me propose ou que je suis sur le point d’aller chez vous» (GRoTIUS, BAUR, LANGE, ete. : cf. la leçon de ASyr.: roitov roro étoiuos ëyo &2deiv, tirée évidemmentde XIE, 14), mais le sens naturel de égyouaæ est, non pas: « jeme prépare à venir », mais: «je viens ». BÈZE le reconnaît, mais entend par les deux premières venues les deux lettres adressées par Paul à l’Église, qui seront maintenant suivies d’une troisième venue, son arrivée personnelle. Le sens du texte est évidemment que Paul a été déjà deux fois à Corinthe et se dispose à s’y rendre pour la troisième fois. — Parmi les explications très diverses qu’on a données de ce verset, deux seulement sont à considérer : 14° MEYER, KLôPPER et d’autres font dire à l’apôtre : « Quand je viendrai, je ne ferai pas long procès avec les impénitents, mais. conformément à la règle légale (Deut. XIX, 15) qui exige deux où mieux encore (xaé, «et aussi ») trois témoins pour qu’une accusation soit reconnue valable, je ferai une enquête sommaire et je sévirai ». Comp. Matth. XVII, 16; 4 Tim. V, 49. Mais quel rapport aurait
1 L'interprétation de HoFMANN, qui prend les deux participes comme des génitifs absolus (« que je ne doive pleurer sur plusieurs, ceux qui ont péché ayant aussi refusé de se repentir ») est insoutenable.
cette pensée avec ce qui précède et ce qui suit { ? et pourquoi insister ainsi sur zolrov rodro et Sur zçoelonxa xaœi nogoÂéyo (v. 2)? 2 Aussi, déjà CHRYSOSTOME, puis CALVIN, et dans les temps modernes OLSHAUSEN, EwWALD, HOFMANN, [BOUSSET, BACHMANN, LIETZMANN], ont pensé que les trois témoins étaient Paul lui-même, soit dans ses trois séjours à Corinthe qui ont servi et serviront à constater la réalité des faits, soit, ce qui vaut mieux, dans ses déclarations successives, 4) lors de son second séjour, où il a déjà averti une première fois les Corinthiens (voir à XII, 21) ; &/ dans la lettre actuelle ; c} enfin lors de sa prochaine visite. Paul veut donc dire : «Après ces deux, ces trois avertissements, il n’y aura plus de répit ; la chose — c'est-à-dire non pas les actes immoraux que chacun peut voir, mais le refus de se repentir (xæi uy ueravonodvrwv, XII, 21) — sera dûment constatée, comme un fait quelconque est mis en évidence par deux ou trois témoignages ». [C'est une façon de dire: « Trois fait le droit »]. Paul applique la parole du Deutéronome non au pied de la lettre, mais selon une ingénieuse analogie, ce qui est tout à fait dans sa manière. Ainsi est confirmée l’explication que nous avons donnée du zgomuaæornxôror de XII, 21, et l’on comprend pourquoi Paul insiste sur le fait qu’il vient pour la troisième fois.
v. 2. — Avec le sens que nous admettons pour le v. 1, on pourrait interpréter le v. 2 comme suit (avec Meyer) : « Je l’ai dit d’avance (dans mon second séjour) et je le prédis (maintenant) — comme (je l’ai fait) quand j'étais présent pour la seconde fois (chez vous), (je le fais) maintenant aussi, étant absent — à ceux qui ont péché déjà auparavant (c’est-àdire avant ce second séjour) et à tous les autres pécheurs (c’est-à-dire à ceux qui ont péché depuis, et non pas à tous les membres de l’Église) ». Mais le sens [comparatif] donné à &ç... xai: « comme lorsque j'étais présent, de méme aussi maintenant, étant absent » exigerait, semble-t-il, un oëzwç devant dnv. Puis, les deux termes zoïs moomuagrnxéos et rois Aoc-
! [LIETZMANN remarque très judicieusement qu'il ne s’agit pas de découvrir des pécheurs secrets, mais d'amener à la repentance des pécheurs manifestes, chose pour laquelle des témoins seraient inutiles].
nos dépendraient nécessairement, dans cette interprétation,
des deux verbes zooelonxa xai nooÂéyo, ce qui n’est pas possible, car le premier verbe xoosignxæ ne convient pas à la seconde classe de pécheurs zoëç Aoixoïs : Paul n’a pas pu, lors de son précédent séjour (zooelonxa) dire qu’il sévirait contre eux à ceux qui n’avaient pas péché auparavant, mais qui l’ont fait depuis (rois Aouxoïs). Le xoosionxa ne se rapporte donc qu’à la première catégorie, les zoonuagrnxôtes, et en conséquence le second verbe zooléyo ne se rapporte non plus qu’à la seconde catégorie, les Zosxol. Il y a, en effet, dans cette phrase deux séries de termes qui sont dans un rapport évident : 1° il a dit à l’avance (parfait xooeignxa), étant présent pour la seconde fois (zaçowr Tù Oebregor), à ceux qui avaient péché auparavant (roës noomuaornxéou) ; 20 il prédit maintenant (présent xoo4éyw), étant absent (dxw» vôr), à tous les autres (rois Aoumoïs näow), c'est-à-dire à ceux qui ont péché depuis sa précédente visite, que... Ce qu’il a dit à l’avance se rapporte à la première catégorie de pécheurs, ceux qu’il a déjà avertis lors de sa visite ; ce qu’il prédit maintenant se rapporte à la seconde catégorie, ceux qu’il avertit en ce moment même par sa lettre. Et les deux participes zæçwv et émwy sont ainsi dans un rapport identique avec les deux verbes, dxcr avec xgoÂéyo comme zaçov avec zooetonxæ. Ce rapport est exprimé par le &çs, qui porte évidemment sur les deux participes, et non pas seulement sur zapwy, et ne peut par conséquent pas avoir le sens comparatif admis par Meyer (voir plus haut), mais signifie «en tant que » et indique sous quelles conditions s’accomplit l’acte exprimé par les deux verbes, l’un, l’apôtre étant présent, l’autre, lui étant absent: « Je l’ai dit précédemment et je le dis à l’avance, c’est-à-dire lorsque j'étais présent parmi vous pour la seconde fois, et maintenant que je suis absent, à ceux qui avaient péché auparavant et à tous les autres... » !. — II faut rejeter sans hésiter l'interprétation de HEINRICI, qui n’admet pas deux séjours antérieurs de Paul à Corinthe et qui traduit : « comme si j'étais présent pour la seconde fois
1 [CF. LIETZMANN. — BousseT et BACHMANN en restent au sens COmparatif. |
(depuis mon premier avertissement), mais en réalité étant absent ». Dans ce sens il faudrait nécessairement un dé après dnov. — Le yodpo que le T. R. ajoute après »ü (avec EK LP Svyr.) est une glose, d’ailleurs juste. — Les mots eiç zù n&Aw peuvent se rapporter soit au verbe 44%, soit, ce qui vaut mieux !, à od eioouas : « J'ai épargné une fois, je n’éparonerai pas une seconde fois ! » (Comp. le uw mél ranervooe de XII, 21). « On m'a accusé d’être faible (X, 1. 40) ; je montrerai cette fois ma force (X, 11) ». Comp. X, 6. Si on liait ces mots à #48, cela contredirait le zoiror roÿro éoyoua du v. 12. [LIETZMANN oppose le oë peicouar au perd6uevos de I, 23.]
v. 3. — L’apôtre vient de dire qu'il n’épargnera pas cette fois les coupables ; il explique pourquoi : « puisque vous paraissez en effet réclamer une preuve du Christ qui parle par moi, vous l’aurez, je n’épargnerai pas ! » Xosoroû est génitif de sujet : c’est Christ qui donnera, par la puissance que déploiera l’apôtre, la preuve qu’il parle véritablement en lui. C’est ce qu’on mettait en doute à Corinthe, puisqu'on y prétait l’oreille aux propos des adversaires, qui traitaient les paroles de l’apôtre de vaines menaces (X, 9. 10), et qu’en ne se corrigeant pas on semblait vouloir provoquer l’explosion d’une colère qui cette fois, dit l’apôtre, ne sera pas impuissante, mais manifestera en actes (7® &oy@, X, 11) la puissance de Christ. « Cette fois, veut dire Paul, vous aurez la vérification expérimentale (doxwr) de la présence en moi de ce Christ qui, je vous en avertis, n’est pas faiblesse à votre égard, mais puissance au milieu de vous ». Ces derniers mots (dA2à Ovvaret y buiv) ne sont pas un témoignage que Paul rendrait à la vie spirituelle qui se déploie dans l’Église ; ils ont bien plutôt un sens menaçant : «prenez-y garde! vous allez provoquer quelqu'un dont on ne se joue pas ! » Le verbe Ovyareir se retrouve Rom. XIV, 4:92 Cor. IX, 8, mais pas ailleurs dans le N.T., tandis que dôvvareir y est fréquent. — Cette explication vaut mieux que celle qui prend la fin
! [Cette préférence nous parait discutable : il nous semble plus naturel de relier eêç rù él à 8290 qu’à où peicouu]. ? [Non ! voir à XII, 21, p. 345, note].
NHENS. A 351
du verset dans un sens ironique : «lui dont vous vous vantez qu'il est puissant au milieu de vous, tandis qu’il n’y à que faiblesse en moi ». — La construction qui fait de érei (V. 3) le début d’une nouvelle phrase dont l’apodose serait au v. à (3b-4 ou 4 étant une parenthèse) est lourde et illogique.
v. 4. — On spécule à Corinthe sur la faiblesse de Paul (v: 3); il justifie dans le v. 4 ce qu’il vient de dire (où peticouar.. Üvyatei…., « VOUS verrez en moi la force de Christ») en montrant l’exemple de Christ. Christ lui aussi a eu une période de faiblesse qui a abouti même à la croix ; mais cette faiblesse n’a été que momentanée, et la force divine a éclaté ensuite en lui par la résurrection. Ce n’était pas une réelle impuissance, c'était une faiblesse volontaire, et Christ s’y est soumis temporairement en vue de l’accomplissement de son œuvre. Il en est de même de l’apôtre : c’est en vue de sa tàche apostolique qu'il a été faible en apparence (associé à la faiblesse du Christ) et que ses paroles de menace n’ont pas eu jusqu'ici d'effet. Mais il en sera de lui comme du Christ: « Vous m'avez vu faible (cédant, patient, etc) ; vous verrez autre chose! Vous verrez que ma faiblesse n’était pas de l’impuissance ! » Les diverses phases de la vie de Christ se reproduisent chez l’apôtre, dans la communion avec lui (Rom. VI: etc.). — Les deux xai yéo sont parallèles, plutôt que subordonnés l’un à l’autre : si la seconde proposition s’appuyait sur la première, elle serait introduite par 06. Plusieurs (MEYER- Heneict, Weiss) font de la seconde proposition la preuve de la première : l'expérience de Paul serait la démonstration de ce qu’il vient de dire de Christ. Mais la force dont Paul se vante n’est qu’affirmée, annoncée, promise ; elle ne se vérifiera que plus tard, et par conséquent elle ne saurait être une preuve de la puissance de Christ. Les deux phrases sont donc parallèles et les deux xai y&osont l’un et l’autre la justification ou la preuve de l’idée de v. 2-3, à savoir que Paul n’épargnera pas, ne se montrera pas faible, parce que Christ parle véritablemement par lui. Le sens est : «et en effet lui. ; et en effet moi... » — Le êx (8 dodevelas, 8x Ovrduews) indique la cause efficiente: c’est en vertu de la faiblesse humaine, à laquelle il s’était réduit (VIE, 9 ; Phil. Il), qu’il est mort ; — c’est par
la puissance de Dieu qu’il est ressuscité et qu’il vit actuellement d’une vie glorifiée (6%).
v. 4. — « Comme, chez Christ, cette faiblesse extrême s'est changée tout à coup en divine force, de même, en moi, à la faiblesse succédera un déploiement de vie, de puissance divine ». — êv adr@ : «Nous sommes — comme lui l’a été —, nous aussi, faibles parfois en lui, dans notre manière de le servir, dans notre communion avec lui ; nous participons à ses souffrances (IV, 10. 41) ; — mais nous recouvrons, quand il le faut, sa force divine, dont nous nous servons pour lui et dont nous nous servirons en effet envers vous (els bu&s : « contre vous », cf. v. 2. 3, et en particulier le où peioouæ). — oùv renferme l'idée de l’association à la glorification de Christ (Éph. IL, 5. 6).
v. 5. — Au lieu de vouloir mettre à l’épreuve Christ en la personne de Paul (v. 3), c’est eux-mêmes qu'ils devraient éprouver ! — éavroës, mis en tête, a l'accent : « Au lieu de faire des enquêtes sur moi, ma prédication, ma conduite, faites-en une sur votre propre foi...» Peut-être l’idée estelle : « Vous cherchez une preuve de mon apostolat : regardez en vous-mêmes ! Ma ox (v. 3, mot repris par le éoxsudberw du v. 5) est là ! » Cf. IE, 2. 3. Mais n'est-ce pas trop ingénieux ? Il est plus probable que l’idée est simplement : « Au lieu de me juger, jugez-vous plutôt vous-mêmes ! » ! — ei éoré.… dépend évidemment de zergd ere. [ei a ici le sens du latin an, cf. l’allemand 0b.] — êv rÿ niores : avec l’article, le sens est : « la foi à l'Évangile que je vous ai préché ». Cf. I, 24 : vÿ niover écrmuare. — ÿ oùx émiywwooxere : « Ou bien craindriez-vous de faire cet examen ? ne reconnaîtriez-vous pas que Christ est en vous ? » (éœurods ôz1.. : « Ne vous reconnaissez-vous pas vous-mêmes comme étant dans cette situation que Christ est en vous ? ») I faut remarquer que pour Paul étre dans la foi et avoir Christ en soi est une seule et même chose ; Christ habitant dans le croyant, c’est l’effet ou le fruit infaillible de la foi, — de la foi qui n’est pas simple croyance, mais acte moral, abandon, don de soi à Christ. Cf. la formule elvar êv Xçvoré, si fréquente chez Paul, et le £ÿ
* Bousser paraphrase : « Balayez plutôt devant votre porte! »
êv éuoi Xovovôs de Gal. Il, 20. — La réponse sous-entendue est affirmative : « Oui, Christ est certainement en vous ». «A moins toutefois, ajoute l’apôtre, que peut-être {eux m1 — nisè forte: vw : «par hasard») vous nesoyez des chrétiens non authentiques, qui ne peuvent pas soutenir cet examen ». &ôdxiuor répond à doxmd£ere: « non valables, non recevables », «cunächt ».
v. 6. — Le lien entre les v. 5 et 6 pourrait être dans cette idée non exprimée, mais que suppose peut-être déjà le v. 5 (voir plus haut), à savoir que la doxww des Corinthiens est en même temps celle de Paul lui-même: si Christ est en eux, à qui ce résultat est-il dû, sinon à lui, Paul ? Si done ils sont
trouvés éoxmoi, ayant Christ en eux, ce Christ vivant en eux
est la doxrw du Christ vivant en Paul. Mais si cette doxmmr en eux manque, elle pourrait manquer aussi à Paul : or, il espère (v. 6)que les Corinthiens reconnaîtront eux-mêmes, par l'œuvre faite en eux, la Éoxur de l’apostolat de Paul, qu’ils constateront ainsi qu'il n’est pas düdxuos. Mais ce sens est bien compliqué. L'idée est sans doute plus simple : « Si même les Corinthiens devaient constater qu’ils sont eux-mémes &üéxruor,
-Paul espère qu’ils reconnaîtront cependant que lui, Paul, et
ses collaborateurs du moins (fueïs a l’accent) ne sont pas des Gôdzxruor (Weiss). Il y a là sans doute une menace indirecte : « J'espère que vous saurez comprendre que je ne suis pas ddGauos et que, même dans le cas où vous seriez dÜdxumou,
ma doxu ressortira des actes d’éxôéxmous (ef. VIT, 14) que
j'accomplirai, s’il le faut », c'est-à-dire : « J'espère que vous comprendrez à temps ou que vous reconnaîtrez à ma prochaine visite que je ne suis pas un apôtre impuissant (M£YER, KLôP- PER, WEISs, etc.), parce que vous verrez que les menaces que j'ai proférées s’accomplissent » (Weiss).
Les v. 7-10 ajoutent un dernier mot sur la position de Paul
à l'égard des Corinthiens en cette affaire.
v. 7. — Le verbe eô youar, qui au v.9 signifie « désirer » !, a évidemment ici le sens de «prier, demander » : «Je demande à Dieu que vous ne fassiez aucun mal» : (les Corinthiens
! [Pourquoi cette différence ? Le sens de « prier » convient très bien au v. 9]. :
comprendront bien de quel mal Paul veut parler : il s'agit de -
la résistance à ses appels, de la persévérance dans le refus de ueravoëiv). Le sens n’est pas : «que Dieu ne vous fasse aueun mal», ce qui serait possible grammaticalement (moueir muvd tm), mais est exelu par la fin du verset (424 iva dues 10 xadv rouÿre) et d'ailleurs est inadmissible en soi (Dieu ne peut faire du mal!). HormAnxx entend : « que moi, Paul, je ne sois obligé de vous faire du mal, c’est-à-dire de vous infliger
un châtiment » !. Mais il faudrait êué ou #u&s) devant xzor-
ou ?. Le dé qui accompagne eëyoueda marque une opposi-
tion à l’idée du v. 6 : Paul prie plutôt Dieu que cette preuve
de sa force qu’il pourrait donner par le châtiment des coupables (et qu’il donnera certainement si on lv contraint) ne soit pas nécessaire ; en se repentant, en se convertissant, les Corinthiens Cne feront aueun mal », et il n’y aura pas lieu pour Paul de sévir. — Le ?vœ indique le but du sèyoueda. c’est-à-dire pourquoi Paul adresse cette prière à Dieu : ce n’est pas afin d’être manifesté comme ddxrwmos (oùy tva quets dox1mor par@uer). Ceci peut être entendu de deux manières: ou bien : ce n’est pas pour que l'excellence morale des Corinthiens fasse éclater l'excellence de son ministère, sa do- #uur ; — Où bien : ce n’est pas pour que sa dou, Sa puis-
sance paraisse par le châtiment des coupables (car dans ce but
il devrait demander le contraire de ce qu’il demande dans 72), Mais son but, c’est que les Corinthiens prospèrent spirituellement (&22° iva bueis rù x«Âdy mouÿre) et que lui n’ait pas l'occasion de montrer à Corinthe sa éoxww en punissant. A cela il préfère infiniment rester aux yeux des hommes un
apôtre düdxruos, c'est-à-dire faible, impuissant, qui n’accom-
plit pas ses menaces, incapable de punir. — Le &s indique que c’est une impuissance tout apparente : hominum videlicet judicio (BENGEL).
Le v.8 explique pour quelle raison (y&e) Paul sera &ôd-
#uuos dans le cas où sa prière (v. 7) sera exaucée : c’est qu’il
1 |LiIErZMANN combine ce sens avec le Res «Je demande à
Dieu que lui, respectivement moi, ne vous fasse pas de mal ». Bous-
SET et BACHMANN en restent au sens : « que vous ne fassiez aucun mal »], :
? [Pas nécessairement ; cf. X, 2 : éoucr 0è cù ui Aapovr davoñoe |.
ms
le CONCI LIU M Tes LA
pi à die APRES «7 PAU,
üe peut rien (où dvvdueda désigne une impuissance morale) contre la vérité ; il n’a de puissance que pour elle. Si les Corinthiens se jugent selon la vérité, ou laissent la vérité les juger, S'ils se mettent entièrement sous sa puissance, l’apôtre ne pourra rien contre eux, car ce serait combattre contre la vérité elle-même que de punir là où il n’y a pas de mal à punir: Paul ne peut lutter qu'avec la vérité, pour elle, contre ce qui s'oppose à elle. Là où elle triomphe, il est désarmé: il peut bien contribuer pour quelque chose à ce triomphe (æovev vw dméo.….), mais il ne peut rien faire contre (xær&). Et c’est ainsi qu'il aimerait être au milieu des Corinthiens. Ou bien il faut entendre avec Weiss : Paul explique pour quelle raison il désire être &üdxwuos ; il ne peut travailler que pour l’'éÂéerc, c'est-à-dire le bien, le xœdr out des lecteurs (v. 7); il ne peut donc pas souhaiter que ceux-ci persévèrent dans le mal pour avoir, lui, l’occasion de montrer sa puissance : ce serait travailler contre le bien ; il préfère beaucoup passer pour un dôdxiuos.
Le v. 9 se relie très bien, surtout dans le second sens qui vient d’être indiqué, au v. 8, qu’il confirme : « Et en effet nous pouvons si peu vouloir autre chose que la vérité (c’est-à-dire votre bien) que même nous nous réjouissons quand il arrive que (ézav) nous soyons faibles (c’est-à-dire ayant l'air de ne pouvoir accomplir nos menaces, parce que celles-ci n’ont plus de raison d’être) et vous, forts » (dvvæzot désigne la
force morale, spirituelle, qui rend capable de vaincre le mal,
le péché). C’est là la joie de Paul : être faible, ne pas faire éclater sa puissance, pendant que les Corinthiens seront forts, forts par la sainteté, en sorte qu’il ne pourra déployer contre eux aucune force (v. 8). Et si c’est sa joie, c’est aussi (xai) Son désir, son vœu, {sa prière, voir à v. 7]: edyoueda. zette dernière idée revient à celle du v. 7. — xardomuouv, hapax dansle N.T., mot du grec postérieur, est apposition ex-
plicative de 70570 : souhaiter cela, c’est souhaiter votre per-
fectionnement spirituel (Vulgate : consummaltio), c’est-àdire votre arrivée à l’état où l’homme intérieur est complètement formé et où lon pratique le bien (rù xæZldv moustr, V. 7).
Y. 10.—dr@ sodro : « Et c'est parce que je veux vous avoir
tels, que je vous écris maintenant tout ceci (spécialement l'avertissement donné depuis XIE, 20), étant encore absent (nv), afinque, une fois présent (zæç&r), je ne sois pas obligé de sévir ». — dnotéuos 4o&ofa : «en user sommairement, abruptement, avec rigueur, sévérité ». — xarû vi éfovoiav dépend non de yo4po (HoFMaANN), mais de yofoœuc : «Conformément au pouvoir dont le Seigneur m'a revêtu, et qu'il m'a donné non pour détruire, mais pour édifier ». Édifier, voilà le vrai but du pouvoir confié à l’apôtre. Détruire peut devenir nécessaire dans certains cas : mais la xadaigeous est contre l’intention première du Seigneur, qui veut avant tout sauver. Ceci nous ramène à l’idée du but de cette troisième partie de l’épître ; voir X, 4. 8.