XVIII GEORGES GODET
et nous lui demandons pour nous-mêmes cet esprit de fidélité, de zèle et de consécration qui animait notre frère et ami, M. le professeur G. Godet. »
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Georges Godet fut installé en qualité de pasteur à Neuchàtel le 7 janvier 1883. Ici aussi son travail fut hautement ap- . précié et, après plus de trente années, bien des personnes en gardent le souvenir. Comme à Gernier, il eut l’occasion de déployer ses talents d'organisateur ; ceux qui l'ont vu à l’œuvre parlent encore avec étonnement de ce qu'il trouvait . moyen de faire en une seule journée: l’ouvrage, comme on dit, lui fondait dans les doigts ; il était partout, s’occupait de tout, ne perdant jamais de vue le plus petit détail, tenait en mains tous les fils du vaste organisme qu'il était appelé à diriger. Et certes il y avait à faire ! Le mouvement religieux auquel on a donné le nom de Réveil d'Oxford, tout en stimulant les chrétiens, en ouvrant leurs yeux à la possibilité d’une vie spirituelle plus riche, plus féconde, plus sanctifiée, avait aussi causé plus d'un remous malsain ; bien des gens. acceptaient, les yeux fermés, les doctrines nouvelles, tombaient dans l’excentricité, et, par-dessus le marché, jugeaient de haut et sévèrement ceux qui refusaient de les suivre dans leurs exagérations. Puis, l’Armée du Salut était venue, et avec elle, de nouveaux désordres et de nouvelles discussions ; les pasteurs eurent à se défendre contre les salutistes qui les accusaient de tiédeur et d’indifférence, à défendre leurs paroissiens contre l’entraïnement que plus d’un était tout disposé à subir, à défendre enfin les salutistes eux-mêmes contre les violences de la foule et contre les abus de pouvoir de l’autorité. On se représente ce que devait être la cure d’âmes dans ces conditions, et quel tact il fallait posséder pour guider les esprits, quelle discipline il fallait exercer sur soi-même pour garder son sang-froid ! Si cette crise pénible n’eut pas, pour la paroisse indépendante de Neuchâtel.
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