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GEORGES GODET xIX
des suites trop funestes, cela tient, en bonne partie, à Ja direction sage et ferme des pasteurs qu’elle avait le privilège d’avoir à sa tête.
À ce travail s’ajoutait la visite des malades et l'assistance des pauvres ; Georges Godet s’acquitta toujours avec un inlassable dévouement de cette partie si importante du ministère pastoral. Préoccupé de eréer des liens personnels d’amitié entre les membres de la paroisse, il établit, dans son quartier, des réunions familières mensuelles qui ont suhsisté jusqu’à ce jour et ont rendu de précieux services. I y avait aussi l'instruction de la jeunesse, dont il s’occupa toujours avec plaisir et succès : bien des années après avoir quitté le pastorat, il donnait encore chaque semaine une lecon de religicn aux élèves du Gymnase cantonal.
Il y avait encore et surtout la prédication, à laquelle Georges Godetcontinuait à vouer tousses soins. Il n’était pointorateur, au sens que l'on donne d’ordinaire à ce terme ; ce qui caractérisait ses sermons, toujours soigneusement préparés, c'était moins l’éclat du style, la sonorité de la phrase, la fraicheur ou le pittoresque des images que la solidité du fond. On sentait en lui un maître de la pensée : il s’adressait moins au sentiment qu’à la raison et à la conscience; il instruisait et édifiait: sa prédication était exégétique et dogmatique:; il aimait à porter en chaire les doctrines chrétiennes, mais sa manière n'avait rien d’aride ni de desséchant, au contraire : quand il avait élucidé son texte et déblayé le terrain, il savait s'emparer de l’attention des auditeurs ; sa voix prenait une ampleur inaccoutumée ; sa parole, grave et forte, après avoir gagné l'intelligence, trouvait le chemin du cœur. Nous nous souvenons de tel de nos camarades, étudiant en droit, peu porté de nature à s’intéresser aux choses religieuses qui, empoigné par un de ses discours, s’écriait en sortant du Temple du Bas: « Encore un sermon comme celui-là et je me convertis ! »
Avec tout cela, Georges Godet ne laissait point chômer sa plume. Déjà auparavant, diverses revues théologiques avaient fait appel à sa collaboration. Il avait retracé dans la Revue chrétienne, en 1873 et 1874, les étapes successivés de notre erise ecclésiastique ; à la Revue théologique de Montau-
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ban, il avait donné la même année une longue étude sur la Philosophie de la liberté : puis il avait repris le sujet de sa thèse de licence dans un article sur : La notion de l'Esprit
dans le système de Rothe, publié par la même Revue; en
4877, il avait présenté aux lecteurs de la Revue chrétienne le tome troisième du Commentaire de Bonnet sur le Nouveau Testament; en 1881, il avait examiné dans le Chrétien
évangélique les vues de MM. Ed. White et Petavel-Olliff sur
le Châtiment à venir, et discuté avec le professeur G.-0. Viguet sur la place occupée par la Prédestination dans la théologie de Calvin. Enfin il avait envoyé d’assez nombreux articles au Journal religieux de Neuchâtel, en particulier une série d’articles sur la Bible qui l’entraîna à une polémique plutôt vive avec M. le pasteur Wissa (1882).
. Une fois établi à Neuchâtel, G. Godet ne tarda pas à prendre une part toujours plus grande à la rédaction du Journal Religieux, dont il devint directeur à la mort de M. Robert-Tissot (1906). Nous aurons à revenir sur son activité de publiciste. Il nous suffira de dire ici qu’elle fit réellement partie de son ministère. G. Godet n’écrivit jamais dans le simple but de noircir du papier, mais parce qu'il avait quelque chose à dire ; et quoi qu'il eût à dire, il le disait nettement, simplement, en une langue alerte, souple et nerveuse. Pendant vingt-cinq ans sa collaboration au Journal religieux fut aussi variée que substantielle ; c'est lui qui a présenté à notre publie la plupart des ouvrages théologiques de quelque importance publiés en langue française, du livre de Sabatier sur l’apôtre Paul (2®e édition, 1882) à l'Essence Alu Christianisme de Harnack (1902) ; mourait-il quelque part un théologien de renom, c’est lui qui rendait compte de son œuvre, qu’il s’agit de Ritschl, d'Edmond Scherer, ou de Gaston Frommel ; il rendait compte des Assemblées annuelles de la Société pastorale suisse et des Congrès de l'Alliance évangélique universelle ; il cherchait à élucider dans ses « Notes bibliques » les passages importants et difficiles du Nouveau Testament ; s’élevait-il un débat sur un point quelconque de doctrine chrétienne, autorité de la Bible, personne du Christ, problème de la souffrance : fallait-il plaider devant l’opinion la cause d’une œuvre en détresse ou