GEORGES GODET ; XXE
d'un peuple opprimé, il était l'un des premiers sur la brèche et sa parole, toujours attendue, était écoutée de tous avec respect.
Où Georges Godet prenait-il le temps d’accomplir tant de choses ? C’est une question que l’on s’est posée bien souvent. Sans doute, il avait le travail facile ; mais aussi il ne s’accordait guère de repos. Dès sa jeunesse, il avait contracté l'habitude de se coucher très tard et il n’était point rare que sa lampe demeurât allumée jusqu'à deux heures du matin. Il prenait d'ordinaire quelques semaines de vacances en été, et les passait dans les Alpes en compagnie de Me Godet : — il avait épousé en 1883 Mile Cécile La Trobe. Parfois un congrès de l’Alliance évangélique l’engage à franchir la frontière, et il profite de l’occasion pour voir un peu de pays : c'est ainsi qu'en août 1884 il visite avec son père les fiords de la Norvège. Ce voyage fut agrémenté de rencontres intéressantes. M. F. Godet n’eut-il pas la surprise de trouver dans le gardien d’un phare voisin du Cap Nord un lecteur assidu de son Saint-Jean? Mais ces heures de relâche étaient courtes : bien vite il fallait rentrer au pays et se remettre à la tâche.
= En septembre 1887, M. Frédéric Godet, dont la santé paraissait gravement ébranlée, donna sa démission de professeur d’exégèse et de critique du Nouveau Testament à la Faculté de théologie de l’Église indépendante. Son fils paraissait tout désigné pour lui succéder ; il eut pourtant beaucoup de peine à renoncer à son pastorat : enfin, il céda aux instances de ses amis, le Synode le nomma le 18 octobre et il entra en fonctions le 14 novembre. Si quelque chose pouvait consoler les membres de l’Église indépendante de l'appauvrissement qu'avait subi la Faculté de théologie par la retraite de celui qui en était le chef incontesté, c'était de le savoir remplacé par quelqu'un qui lui tenait de: si près et qui s'était formé à son école. Et cet espoir ne fut