XX IV 22: GEORGES GODET
de la Théologie systématique. Le tour particulier de son esprit, sa forte culture philosophique, sa connaissance étendue de la Bible, la maîtrise avec laquelle il avait, en diverses occasions, traité les plus graves problèmes de la dogmatique. tout paraissait le désigner au choix de la Commission. Plusieurs de ses amis, en dépit du surcroît de travail qu'ils lui imposaient ainsi, pensaient lui rendre service en lui ouvrant. un champ d'investigation dans lequel il ne serait pas simplement le continuateur de son père et où il lui serait enfin possible d'employer tous ses dons, de manifester plus complètement encore que par le passé la richesse et l'originalité de son propre esprit. Georges Godet se soumit, et certes ik accomplit sa tâche à la satisfaction de ceux qui la lui avaient confiée ; mais il ne se sentait pas à l’aise dans ce nouveau domaine ; le souci de l'exactitude et de la précision qui ne lPabandonnait jamais lui rendait très pénible la nécessité de: prendre position sans avoir pu toujours faire de chaque question l'examen minutieux qu'il jugeait indispensable. Aussi fut-il heureux, six ans plus tard, à la mort de M. H. de Rougemont (1900), de reprendre la chaire du Nouveau Testament et de retourner à ses études favorites.
Georges Godet était done devenu «Monsieur le professeur », Mais on se tromperait en croyant qu'il allait désormais vivre entre ciel et terre et se contenter de la société des. exégètes d'Outre-Rhin. Il n'était pas homme à cela. Incapable — ce fut peut-être un tort — de rien retrancher à son activité, en dehors de ce qui formait officiellement la tâche: de son successeur, il l'était tout autant de refuser les « services » qu'on lui demandait sans cesse et, s’il récriminait parfois, il ne disait jamais non.
Il resta donc pasteur en continuant à s'occuper de quantité de gens avec lesquels son ministère l’avait mis en contact: puis, comme il aimait à prêcher, il eut fréquemment l’occa-
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