‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 22 sur 117 · XXX GEORGES GODET · texte numérisé non relu

XXX GEORGES GODET

pied levé un rapporteur empêché et montra avec sa compétence accoutumée la conformité de vues qui existait, selon lui, entre Paul et Jésus.

La propagande intense à laquelle se livrèrent un momentles «Adventistes du septième jour » et la perturbation jetée par eux dans bien des esprits l’amenèrent à publier d’abord une série d'articles dans le Journal religieux, puis une brochure de soixante-douze pages sur Le bon droit du dimanche (Neuchâtel, 1893). En 1902, lors de la première tournée en Suisse de l’orateur anarchiste Sébastien Faure, il donna sous ce titre: L'Hypothèse Dieu, Lettre ouverte à Sébastien Faure, (Neuchâtel) une vigoureuse réfutation des sophismes du propagandiste athée.

Ses communications aux revues théologiques, par contre, se firent plutôt rares. La Revue chrétienne publia en 1893 sa captivante notice sur Louis Bonnet et son œuvre; il fournit à la Revue de Théologie de Montauban en 1896 un article sur Notre Bible et quatre articles à Foi et Vie (1898-99) sur Évolution et surnaturel, Miracle et surnaturel, La Prièredemande est-elle légitime, Auguste Sabatier théologien. La notice sur Arnold Bovet (1903) et celle, plus étendue, sur Gaston Frommel (1906) sont tirées du Journal religieux.

Ajoutons qu’il y aurait une regrettable lacune dans notre tableau de l’activité de Georges Godet, si nous ne faisions mention de la vaste correspondance qu’il entretenait avec une foule de gens, et surtout avec ses anciens catéchumènes et ses anciens étudiants. On lui écrivait pour tout au monde et de tous les coins de l’univers : il y avait toujours sur sa table une pile de lettres auxquelles il se faisait un devoir de répondre, et non par de simples billets, mais longuement, affectueusement. C étaient généralement ces messages tout remplis de cordialité qui révélaient aux jeunes gens dont il avait été le pasteur ou le maitre, tout ce qu’il y avait de bonté, de dévouement dans le cœur de cet homme à l'accueil un peu réfrigérant et pas toujours d’humeur communicative. Dans ce correspondant jovial et bon enfant qui couvrait à leur intention quatre ou huit pages de son écriture serrée, ils se découvraient tout à coup un ami insoupçonné ; l'intérêt très vif et évidemment sincère qu'il leur

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témoignait, le souci qu'il prenait de s’informer de leur siluation, le soin qu’il mettait à leur donner les renseignements ou les conseils demandés, tout leur montrait qu'ils n'étaient point oubliés et qu’ils pouvaient compter sur son attachement. Souvent encore un hasard leur apprenait qu'un mot bienveillant de sa part, une recommandation discrète, leur avait frayé la voie et ouvert des portes qui, sans lui, fussent restées fermées devant eux.

Pendant toute sa vie, Georges Godet avait fui les discussions et démêlés ecclésiastiques. C'était pourtant par là qu’il devait terminer sa carrière. Les luttes de l’année 1906 sont encore trop fraîches dans le souvenir de tous pour que nous ayons besoin de les décrire et de rappeler comment notre peuple se trouva appelé à se prononcer à nouveau sur la question épineuse de la séparation des Églises et de l’État. Quelques années auparavant, G. Godet, qui avait tant travaillé à l’établissement et au maintien des bonnes relations entre nos deux principales Eglises, se fût sans doute tenu à

lPécart de ces polémiques ; mais la mort de M. le pasteur Ro-

bert-Tissot, en décembre 1905, avait fait passer dans ses mains la direction du Journal religieux. L’organe des Églises indépendantes de la Suisse romande ne pouvait ni ignorer le débat qui passionnait la population tout entière, ni se contenter du rôle de spectateur en se bornant à marquer les coups. Il fallait descendre dans la mêlée; et Georges Godet y descendit. non de gaîté de cœur, certes, mais parce qu’il s'agissait de défendre une cause juste, une cause qui, dès longtemps, lui était chère, et parce qu’il était certain de pouvoir le faire sans aucune animosité, ni contre l’Eglise nationale, ni contre les hommes qui plaidaient pour son maintien. Il fit la campagne vaillamment, discutant de la facon la plus serrée les arguments de ses adversaires d'un jour, dissipant les malentendus, rectifiant les erreurs, montrant tour à tour

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