‹ La seconde épitre aux CorinthiensChapitre 23 sur 117 · XXXII GEORGES GODET · texte numérisé non relu

XXXII GEORGES GODET

ce que l'Église perd à rester unie à l’État et ce qu’elle gagne à recouvrer son entière liberté; tout cela fermement, nettement, sans réticences ni sous-entendus, mais aussi avec une courtoisie, un respect pour l’opinion et la personne d’autrui, une dignité et une hauteur de vue que l’on rencontre rarement en pareilles circonstances. Ceux-là mêmes qu’il combattait se sont plu à le reconnaître.

La question semi-politique du rapport entre l'Etat et les Églises ne fut au reste pas seule à occuper les esprits. Les

Églises libres, leur organisation, leurs méthodes, furent mises plus d’une fois sur la sellette et sévèrement critiquées ; le reproche qui leur fut le plus souvent adressé fut celui d’étroitesse dogmatique : en inscrivant dans leurs principes une déclaration de foi, elles s’érigent en juges des consciences, elles prétendent opérer parmi les croyants un triage que le Chef de l'Église a interdit de la façon la plus expresse ; en réduisant l'Évangile à une série de formules, elles faussent le caractère de la foi dont elles font une croyance purement intellectuelle, une simple adhésion de l'intelligence à des dogmes qu'on déclare intangibles et qui, pourtant, se modifient sans cesse ; elles éloignent du Christ les âmes sincères qui ne demanderaient pas mieux que de le servir, mais qui ne peuvent souscrire à des symboles surannés. C’est pour répondre à ces objections que G. Godet écrivit sa brochure sur L'Église et la Confession de foi, dans laquelle il montre avec la dernière clarté qu’une action commune des chrétiens ne peut avoir pour base que la conformité des affirmations morales et religieuses; une Église ne peut vivre sans foi, et cette foi, elle ne peut pas ne pas la confesser. Ce beau travail ne fut peut-être pas suffisamment remarqué au milieu du déluge de publications de toute nature qui virent alors le jour. Mais le moment n’est sans doute pas éloigné où il retrou-vera toute son actualité et où les membres de l’Église indépendante seront reconnaissants envers G. Godet de le leur avoir légué.

On sait quel fut le résultat de la consultation populaire du 20 janvier 1907 ; le principe de la séparation fut rejeté à une majorité de 6679 voix sur 23 500 votants. Georges Godet, qui ne s’attendait point à la victoire, fut cependant surpris du

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